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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Clôture du congrès des villes cyclables
4 novembre 2004

Le ministre de l’Écologie, présent au congrès des villes cyclables vendredi à Tours, s’est contenté de bonnes paroles. Il n’a pas répondu aux revendications précises rappelées par les collectivités, de plus en plus nombreuses, engagées dans la promotion du vélo comme moyen de déplacement pour un développement durable.
Le 15ème congrès du Club des villes cyclables s’est terminé vendredi dernier en début d’après-midi à Tours, chef-lieu de l’Indre et Loire et siège du Conseil régional du Centre, après trois jours de travaux placés sur le thème “Le vélo pour relier villes et territoires” (voir “Témoignages” du mercredi 27 octobre 2004). "Ce fut un congrès studieux, ludique et revendicatif", comme l’a souligné Denis Baupin, président du club et adjoint au maire de Paris, en clôturant la rencontre.
Studieux car il a permis à plus de deux cents élus, responsables administratifs et représentants des associations militant tous ensemble pour la cause du vélo en France et Outre-mer de faire le point sur les avancées dans ce domaine au cours des dernières années. Il a aussi permis d’étudier les moyens d’accélérer la pratique du vélo utilitaire sur les petites distances, en ville et entre les villes, avec le maximum de sécurité. Parmi ces moyens, on retrouve bien sûr la réalisation d’itinéraires cyclables ou facilitant le partage de la chaussée mais aussi d’autres mesures, comme les plans de déplacements d’entreprises encourageant l’usage du vélo ou de transports collectifs pour se rendre à son travail (chèque-déplacements, à l’image du chèque déjeuner...). Dans d’autres éditions, “Témoignages” aura l’occasion de revenir plus en détail sur tous ces points.
Un congrès ludique car il fut l’occasion de balades à vélo aussi agréables qu’instructives dans la ville de Tours et dans ses environs. Lors de ces visites de terrain, les participants ont pu constater “de visu” à quel point une politique vélo menée en partenariat par différentes collectivités comme la commune de Tours, la Communauté d’agglomération Tours Plus, le Département d’Indre et Loire ainsi que la Région Centre a permis de réaliser des équipements exemplaires pour l’usage du vélo.
Il s’agit par exemple de la liaison entre la ville de Tours et le château de Villandry. Sur une vingtaine de kilomètres, une piste cyclable en site propre permet aux cyclistes de se déplacer en toute sécurité dans un paysage magnifique le long de la Loire et du Cher, et cela aussi bien pour des raisons utilitaires que pour leurs loisirs ou des visites touristiques.
Enfin, ce fut un congrès revendicatif. Sur les différents points abordés par les participants, ceux-ci ont souligné à quel point il est nécessaire que l’État s’implique davantage dans la coordination, l’impulsion et le soutien de la politique cyclable en France et Outre-mer (voir encadré sur Le Port).
En recevant le ministre de l’Écologie, Denis Baupin a rappelé quelques-unes de ces revendications. Elles sont d’ailleurs en grande partie reprises dans un rapport remis le 9 mars dernier au Premier ministre par la députée UMP Brigitte Le Brethon : désignation d’un(e) délégué(e) interministériel(le) pour coordonner et encourager au niveau national les actions locales, rétablissement des crédits vélo dans le cadre des plans de déplacements urbains, création du chèque-déplacements, versement d’un bonus de 60 euros pour l’achat d’un vélo, etc...
Malheureusement, Serge Lepeltier s’est contenté de répondre par de belles paroles, sans s’engager sur les mesures concrètes attendues par les collectivités et les associations engagées dans une politique de promotion du vélo.
Interrogé par “Témoignages”, Denis Baupin s’est certes félicité de la venue du ministre au congrès pour la remise des trophées du vélo 2004 et du fait que "Serge Lepeltier a rappelé le lien entre l’usage du vélo comme moyen de déplacement et le respect de l’environnement. Avec raison, il a souligné que le vélo est un facteur important de la santé et de l’écologie. Mais nous sommes restés sur notre faim quant à la mise en œuvre par l’État d’une politique allant dans ce sens.
Ainsi, nous regrettons que malgré les promesses qui nous avaient été faites, François Goulard, secrétaire d’État aux transports, ne soit pas venu à notre congrès pour débattre avec nous d’une telle politique. L’engagement pris par le Premier ministre de considérer le vélo comme un moyen de déplacement à part entière n’a pas été tenu. Nous disons au gouvernement : il faut à présent que l’État passe des paroles aux actes. C’est urgent".
Pour tous les Réunionnais aussi qui veulent faire de leur pays une île cyclable.
L. B.
“Des encouragements pour la politique vélo de la ville du Port”
La commune du Port était la seule collectivité de l’Outre-mer présente au congrès de Tours. Elle était représentée par Simone Biedinger, conseillère municipale chargée de la promotion du vélo. Elle a fait part à “Témoignages” de ses premières réactions à l’issue des travaux :
"Parmi les différentes collectivités présentes à ce 15ème congrès du Club des villes cyclables, certaines mènent une politique vélo dynamique depuis de nombreuses années et ce travail porte des fruits très positifs au niveau du nombre d’utilisateurs de la bicyclette. D’autres prennent seulement conscience maintenant de l’importance de cette action publique au service de la population et de nos villes, elles ont tout à construire. La commune du Port se situe un peu entre les deux et ce congrès apporte des encouragements à toutes les personnes qui agissent pour la politique vélo dans notre ville.
Nous devons à présent mettre en oeuvre de nouvelles actions pour inciter et faciliter la circulation des cyclistes en ville, améliorer encore l’image des cyclistes. Cela passe notamment par la réalisation de notre schéma directeur vélo voté cette année par le Conseil municipal, en partenariat avec les autres collectivités et l’État.
Nous devons aussi davantage nous concerter sur ces projets avec la population, les organismes concernés, les entreprises, les écoles, les associations... Car la promotion du vélo passe par la participation de tous les usagers actuels et ceux à venir.
En tout cas, ce congrès fut une mine d’idées et un stimulant formidable. Il donne envie d’avancer en voyant les actions et les résultats des autres villes et collectivités qui bougent pour le vélo, malgré les difficultés.
Ce congrès a montré une nouvelle fois que le vélo est une solution incontournable pour régler les problèmes de circulation et de pollution dans nos villes ; c’est un moyen d’améliorer la santé des habitants et de faire des économies ; bref, c’est un outil pour le développement durable de notre île et du monde".
Des avancées malgré tout...
En dépit des carences de l’État en matière de soutien à la politique du vélo, quelques avancées peuvent être notées en France dans ce domaine.
- Engagements. Fondé en 1989 à Bordeaux par 10 communes, le Club des villes cyclables compte aujourd’hui près de 800 collectivités (communes, communautés de communes...) de toutes tailles et de toutes opinions politiques, associations et organismes professionnels. Tous ses membres s’engagent et unissent leurs forces pour développer l’usage du vélo comme moyen de déplacement. Pour les 15 ans à venir, Serge Morin, adjoint au maire de Lorient, souhaite dans la revue “Ville et Vélo” que le Club des villes cyclables devienne "fort de 1.500 adhérents".
- Véloroutes et voies vertes. Un schéma de développement des véloroutes et des voies vertes (VVV) a été adopté en décembre 1998 par le CIADT (Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire). Six ans après, selon l’association AF3V, quelque 120 VVV ont été ouvertes en France pour 4.591 km. Le schéma prévoit une trame de 8.000 km de véloroutes et de voies vertes structurant l’ensemble du territoire national.
- Usagers. À La Réunion comme en France, il est facile de constater qu’un nombre croissant de personnes de tous âges et de toutes conditions sociales se déplacent à vélo pour leurs loisirs mais aussi pour leurs besoins quotidiens (travail, achats...). Selon Denis Baupin, "dans les territoires ruraux ou diffus, le vélo devient la véritable ressource d’un projet touristique. Avec des fréquentations très importantes (des points de 7.500 personnes par jour à Annecy, 5.000 à Chambéry...). Ce développement du vélo loisir et du tourisme à vélo a un impact important sur la pratique utilitaire de la bicyclette". Mais on est encore loin de l’objectif de 10% de part modale vélo en 2010, fixé par le rapport Le Brethon.
"Pour être efficace, une politique cyclable ne peut être engagée seule : elle doit s’inscrire dans une politique globale des déplacements et favoriser la mobilité pour tous", affirme le Club des villes cyclables.
Voir le site Internet www.villes-cyclables.org
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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