Patrick Picardo, Président de la PEEP de Saint-Pierre

’Insister sur la prise de conscience par le jeune’

30 août 2006

On remarque actuellement une augmentation des accidents à moto chez les jeunes. Comment l’expliquez-vous ?

- Je pense que ces jeunes qui roulent sans casque et qui prennent autant de risques n’ont pas encore pris conscience du danger et des conséquences de leurs actes inconsidérés. Ils ne sont pas assez responsabilisés face aux différents dangers de la route. Actuellement, la seule sanction applicable est une amende (sauf s’il y a accident mortel), ce qui est certes un début, mais c’est loin d’être suffisant.
On peut aussi constater qu’il y a une volonté du jeune de se faire remarquer sur sa moto, comme on dit en créole “faire un peu le dantèl”. Et c’est aussi considéré comme un moyen de se rebeller contre les autorités.

Pensez-vous que les parents ont leur part de responsabilité dans le comportement de ces jeunes ?

- Chacun est libre de penser ce qu’il veut, mais j’ai l’ultime conviction que chaque parent est soucieux de la vie de leur enfant et insiste donc sur la prudence et le port du casque. Malheureusement, les parents ne sont pas 24h/24 avec leur enfant, il faut donc insister sur la prise de conscience par le jeune sur les dangers encourus de circuler à scooter.
Mise à part la responsabilité des parents, il faut analyser le problème de façon globale, car il existe d’autres facteurs comme le comportement de certains automobilistes vis-à-vis des 2 roues motorisés. Ce problème est l’affaire de tous.

Justement, que préconisez-vous en tant que parent pour faire diminuer le nombre d’accidents chez les jeunes ?

- Je pense que ce problème doit se régler par le travail de plusieurs acteurs. À commencer par les autorités, en mettant en place des campagnes de sensibilisation avec des images “chocs” comme pour les spots de prévention sur les accidents de voiture.
Mais le travail de prévention doit être relayé dans les établissements scolaires qui ont un rôle prépondérant à jouer.
L’intervention des gendarmes aux abords des établissements doit être plus fréquent afin de réduire des comportements à risque.
Pourquoi ne pas mettre en place un permis à point spécifique aux scooters, cela permettrait plus facilement aux gendarmes de sanctionner les contrevenants, et ceci pourrait aller jusqu’à l’interdiction de circuler à scooter.

Propos recueillis par Sophie Periabe


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