Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
NaMo Green Rail, sur la ligne Jind-Sonipa
21 juillet, par

L’Inde vient de franchir une nouvelle étape dans sa transition énergétique en inaugurant son premier train à hydrogène, baptisé NaMo Green Rail, sur la ligne Jind-Sonipat, dans l’État de l’Haryana. Cette mise en service marque l’entrée du pays dans un club très restreint de nations ayant déployé cette technologie ferroviaire de pointe. L’inauguration du train à hydrogène en Inde peut trouver un écho à La Réunion.
Photo Kshitij08 — Own work, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=195771866
Jusqu’à présent, seuls l’Allemagne, pionnière avec la mise en circulation commerciale des premiers trains à hydrogène en 2018, ainsi que les États-Unis, le Japon et la Chine, disposaient de trains utilisant cette technologie. Avec cette inauguration, l’Inde devient ainsi le cinquième pays au monde à exploiter des trains à piles à combustible alimentées par l’hydrogène.
Contrairement aux locomotives diesel, le train à hydrogène produit son électricité à bord grâce à une réaction chimique entre l’hydrogène et l’oxygène. Son seul rejet est de la vapeur d’eau, ce qui en fait une solution particulièrement intéressante pour les lignes ferroviaires qui ne sont pas électrifiées. Si cette technologie reste encore coûteuse, elle constitue un levier stratégique pour décarboner certains usages difficiles à électrifier.
L’inauguration du train à hydrogène en Inde peut trouver un écho particulier à La Réunion. Bien avant que les questions climatiques ne deviennent une priorité mondiale, Paul Vergès avait fait de la transition écologique et de l’autonomie énergétique des axes majeurs du développement de l’île. Il fut le premier responsable politique à alerter sur les conséquences du réchauffement climatique, à promouvoir les énergies renouvelables et à défendre l’idée que les territoires insulaires pouvaient devenir des laboratoires de l’innovation environnementale.
L’exemple indien rappelle que l’hydrogène pourrait, à terme, trouver sa place dans les territoires insulaires. Au-delà du transport ferroviaire, cette énergie pourrait aussi alimenter des bus, des poids lourds, des navires ou encore servir de solution de stockage pour valoriser l’électricité produite par le solaire ou l’éolien, deux filières en développement à La Réunion.
Pour une île confrontée à des enjeux de souveraineté énergétique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’hydrogène représente une piste d’innovation complémentaire qui mérite d’être observée de près. L’expérience indienne démontre que cette technologie, longtemps cantonnée aux projets expérimentaux, commence progressivement à entrer dans une phase de déploiement à l’échelle mondiale.
Risham Badroudine
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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