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L’infrastructure ferroviaire est l’une des solutions à l’expansion du commerce en Afrique

28 mars, par Caroline Trefault

Alors que les économies africaines continuent de se diversifier et de croître à un rythme moyen d’environ 4 % par an, le transport de marchandises à travers le continent devient plus complexe, plus sensible au facteur temps et plus stratégique. Les ports constituent des portes d’entrée essentielles pour le commerce international, mais l’efficacité des systèmes commerciaux africains se détermine en définitive à l’intérieur des terres, par la manière dont les cargaisons circulent entre les ports, les centres industriels et les marchés de consommation.

Les infrastructures de transport, y compris le rail, sont reconnues comme essentielles au développement économique et à l’intégration régionale en Afrique. La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA) souligne que le transport, y compris ferroviaire, connaîtra une augmentation des volumes de fret d’environ 28 % d’ici 2030, à mesure que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) stimulera les flux commerciaux. Toutefois, cette opportunité dépend de la mise en œuvre de projets d’infrastructures régionaux.
Dans de nombreux marchés africains, la croissance du commerce est moins limitée par la capacité maritime que par la connectivité intérieure. Les longues distances et les infrastructures limitées exercent une pression sur les chaînes d’approvisionnement, en particulier le long des corridors reliant les pays enclavés aux ports maritimes. À mesure que les volumes augmentent, ces défis s’intensifient. Là où il est opérationnel et intégré de manière stratégique, le rail offre capacité, régularité et une alternative au transport centré sur la route.
Le rôle du rail dans la connectivité intérieure et la planification
La valeur du rail n’est pas théorique. Là où l’infrastructure existe, les trains peuvent transporter des volumes qui nécessiteraient autrement des dizaines de camions, réduire la congestion routière et améliorer la durabilité des flux de marchandises. Sur les corridors commerciaux africains de longue distance, cet avantage d’échelle devient de plus en plus important à mesure que le commerce régional s’intensifie.
Le rail offre également des avantages mesurables en matière de sécurité. Comparé au transport routier, le rail enregistre généralement moins d’accidents par tonne-kilomètre, en particulier sur les longues distances dominées par les poids lourds. Les lignes ferroviaires dédiées réduisent l’exposition aux risques liés au trafic mixte et limitent les points de manutention, améliorant l’intégrité des expéditions. Pour les chargeurs, cela se traduit par une réduction des pertes potentielles, une meilleure fiabilité et une résilience accrue des chaînes d’approvisionnement.
L’une des contributions les plus significatives du rail à l’efficacité commerciale est la prévisibilité. Les trains sont moins exposés aux embouteillages, à la dégradation des routes et aux perturbations liées aux conditions météorologiques, ce qui permet des délais de transit plus réguliers sur de longues distances. Cette prévisibilité renforce la planification des stocks, l’ordonnancement de la production et l’alignement avec les services maritimes. À mesure que les économies cherchent à développer le commerce régional, la capacité à transporter des volumes plus importants à l’intérieur des terres, avec fiabilité et moindre risque, devient un avantage stratégique.

Contexte politique et intégration régionale

Le rôle stratégique du rail s’inscrit également dans les objectifs politiques continentaux. La ZLECAf, qui vise à accroître le commerce intra-africain, augmentera la demande de fret dans tous les modes de transport, y compris le rail. Cependant, la concrétisation de ces gains nécessite des investissements dans les infrastructures de transport. L’UNECA souligne que le doublement des volumes de fret dans le cadre de la ZLECAf exigera une expansion substantielle des réseaux de transport principaux et du parc de wagons, y compris ferroviaires.
Les infrastructures de transport ne se limitent pas au déplacement des marchandises. Elles soutiennent une intégration plus large en reliant les pôles économiques et en réduisant les obstacles au commerce transfrontalier. Des corridors ferroviaires robustes complètent les accords commerciaux en réduisant les frictions physiques qui peuvent annuler les réductions tarifaires lorsque les coûts de transport restent élevés.

Durabilité et résilience à long terme

La durabilité devient une considération de plus en plus importante pour les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le fret ferroviaire est généralement plus économe en énergie et produit environ 76 % de CO₂ en moins par tonne-kilomètre que le transport routier, grâce à une meilleure efficacité énergétique et à une demande d’énergie plus faible.
Dans un contexte continental caractérisé par de longues distances et des flux massifs de marchandises, cette efficacité offre une voie vers la réduction de l’intensité carbone tout en maintenant des coûts logistiques compétitifs. Alors que les fabricants, exportateurs et importateurs africains accordent une attention accrue à la performance environnementale, en cohérence avec les objectifs mondiaux de durabilité, le rail constitue une option de transport de fret complémentaire à ces ambitions.

Participation du secteur privé

Dans plusieurs marchés africains, la performance des infrastructures ferroviaires a historiquement souffert du sous-investissement et de monopoles étatiques. Conscients de cette situation, les décideurs politiques explorent de plus en plus les moyens d’impliquer l’expertise du secteur privé dans l’exploitation du fret ferroviaire.
Par exemple, le corridor Côte d’Ivoire–Burkina Faso, long d’environ 1 150 à 1 260 kilomètres entre le Port d’Abidjan et Ouagadougou, comprend une ligne ferroviaire majeure reliant les deux pays. Cette liaison stratégique fonctionne sous un régime de concession via SITARAIL, une coentreprise entre Africa Global Logistics (AGL) et les autorités ferroviaires nationales des deux pays. La coentreprise SITARAIL a récemment réalisé d’importants investissements pour moderniser le matériel roulant du corridor, notamment par l’acquisition de nouvelles locomotives et de wagons supplémentaires afin d’augmenter la capacité de traction, d’améliorer la fiabilité opérationnelle et de réduire les délais de rotation sur l’axe Abidjan–Ouagadougou.
Ce modèle illustre un cadre structuré de partenariat public-privé visant à renforcer la performance du corridor tout en maintenant une supervision nationale. De tels dispositifs montrent comment la collaboration entre entités publiques et opérateurs logistiques expérimentés peut contribuer à préserver des routes commerciales intérieures essentielles reliant les économies enclavées aux portes maritimes.
En Afrique de l’Est, le corridor ferroviaire à écartement standard Mombasa–Nairobi (SGR) joue un rôle crucial dans l’acheminement des conteneurs depuis le Port de Mombasa, offrant une alternative plus rapide et plus fiable au transport routier. Les trains de marchandises livrent les conteneurs à Nairobi en moins de 10 heures, contre près de deux jours par camion, réduisant considérablement la congestion portuaire et améliorant l’efficacité logistique nationale.
Le transport ferroviaire de conteneurs entre Mombasa et Nairobi continue de progresser, atteignant des records historiques. En octobre 2025, le SGR a transporté 640 000 tonnes de fret en un seul mois, son niveau le plus élevé depuis le début de ses opérations, soit l’équivalent de 23 000 camions. Cette croissance rapide confirme le rôle central du rail dans le désengorgement efficace du Port de Mombasa, la réduction de la dépendance au transport routier et le renforcement de sa position comme pilier des mouvements de conteneurs au Kenya — tout en diminuant significativement les coûts logistiques et le trafic de poids lourds le long du corridor Mombasa–Nairobi.
Ces réformes reflètent une tendance plus large d’engagement public-privé dans la logistique ferroviaire, où les opérateurs commerciaux apportent capacités opérationnelles, technologies et capitaux pour compléter les infrastructures étatiques et améliorer la performance globale des corridors.

L’approche intermodale de MSC

Pour les opérateurs logistiques tels que MSC, le rail fait partie d’un réseau intégré combinant transport routier et maritime afin d’acheminer les marchandises de manière fluide de l’origine à la destination. MSC a récemment annoncé le renforcement de ses solutions autour de ses capacités intermodales de longue date, illustrant sa capacité à offrir un véritable transport de bout en bout au-delà du port. Cela implique des corridors intérieurs stratégiques — Côte d’Ivoire–Burkina Faso, Cameroun, Afrique du Sud, Kenya et Nacala–Malawi — qui jouent un rôle clé dans la connexion des régions enclavées aux portes côtières, chacun étant central dans la circulation efficace des marchandises au sein de certaines des chaînes d’approvisionnement les plus dynamiques d’Afrique.
La compagnie maritime évalue en permanence les opportunités de renforcer et d’élargir ce réseau afin d’améliorer la connectivité des marchés et d’offrir aux clients des options de routage alternatives. Un exemple clé est le corridor de Lobito, qui relie les régions riches en minerais du Copperbelt en République démocratique du Congo et en Zambie à l’Atlantique via le Port de Lobito en Angola. Ce corridor représente à la fois une revitalisation des infrastructures et un changement structurel dans l’architecture commerciale de l’Afrique australe, offrant une alternative atlantique pour les exportations de cuivre et de cobalt, réduisant les délais de transit vers l’Europe et les Amériques et renforçant les objectifs d’intégration régionale dans le cadre de la ZLECAf.
Le rail est essentiel dans la solution globale de transport intermodal, tant sur le plan opérationnel qu’économique. En intégrant le rail aux solutions logistiques intérieures, MSC soutient les flux de marchandises entre les ports et les marchés de l’hinterland d’une manière complémentaire au transport routier et étroitement alignée sur les calendriers maritimes. Cette approche axée sur les corridors constitue une réponse pragmatique aux contraintes de capacité, à la congestion et à la demande croissante de connectivité intérieure fiable à travers l’Afrique.
L’expansion du commerce africain dépend de la qualité de l’interconnexion entre les différents modes de transport pour accompagner la complexité économique croissante. À mesure que le commerce régional s’approfondit et que les infrastructures évoluent, le rôle du rail comme colonne vertébrale du paysage commercial africain deviendra encore plus concret, soutenant une participation compétitive au commerce mondial.

Caroline Trefault, Intermodal Africa Manager chez MSC

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