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4 juin, parNos peines
Nouvelle route du littoral
25 juin 2014, par

Les membres de l’ATR-Fnaut ont organisé une conférence de presse atypique, au bord de la mer au niveau des Abattoirs de Saint Denis, afin de dénoncer la nouvelle route du littoral (NRL), jugée « inutilement arrogante pour franchir 12 kilomètres quand on peut le faire simplement par voie terrestre et sans dérogation environnementale ».
A la veille de l’ouverture de la 1ère Conférence Internationale Climat Energie, organisée par la Région Réunion, les militants de l’ATR ont décidé d’accentuer la pression, après avoir rencontré le directeur de cabinet de la ministre des Outremers, Georges Pau-Langevin. Ce dernier et la ministre ont été invités « à constater l’absence du chantier qu’elle disait trop avancé pour être remis en question ».
Pour le président de l’ATR-Fnaut, Bruny Payet, « la conférence sur les îles et le changement climatique » est une « grande messe supplémentaire » mise en place par la Région. Assuré que les participants « ne seront pas dupes », Bruny Payet a indiqué que ces derniers « sauront faire la part des choses entre l’engagement réel d’une Région dans la transition énergétique et la poudre aux yeux ». Pour l’ATR, la NRL « a compromis le déplacement durable à La Réunion depuis 2010 avec l’abandon de l’énergie Thermique des Mers (ETM) au profit des Antilles, le renoncement à la géothermie et au transport ferroviaire », entre autres.
L’association a ainsi déposé six recours sur les onze contre la NRL. Des recours visant à mettre en évidence que le projet est « inadapté au savoir-faire des Réunionnais et dispendieux, irresponsable pour notre nature insulaire vulnérable et face aux périls littoraux géologique et océanique, sous climat cyclonique ». De son côté, Jean-Paul Panechou a dénoncé l’attribution d’un marché public de plus de 50 millions d’euros, concernant la sous-traitance, par le titulaire des digues, GTOI /SBTPC/Vinci, à « des transporteurs groupés en GIE, autour de Bernard Caroupaye, président de la Fédération Nationale des Transports Routiers » (FNTR).
Un nom qui fait bondir Jean-Paul Panechou, car l’an dernier ce dernier « protestait contre des arriérés de cotisations fiscales et sociales que lui réclamaient les impôts et la caisse de congés payés ». Pour ce membre de l’ATR, « on n’a jamais entendu les transporteurs donner leur avis sur la NRL, parce que ce qui les intéresse, c’est l’argent ». Pour lui, « le GIE des transporteurs ne doit pas servir de cheval de Troie aux entreprises qui ne seraient pas en règle fiscale ou sociale, ou à celles qui auraient perdu leur titre de transport », raison pour laquelle, la « Région doit s’en assurer, sauf à contourner la loi en guise de retour d’ascenseur ».
Jean-Paul Panechou a également ajouté que « le chantier est déjà fortement retardé et compromis par l’insuffisance des matériaux », notamment des carrières, qui sont le sujet d’une confrontation entre la Région et les élus communaux. « Face à la levée de bouclier des élus et riverains des carrières, partout dans l’île, nous avons demandé au ministre par le biais de son chef de cabinet de refuser de passer en force », à travers son arrêté de Programme d’Intérêt Général (PIG).
Armand Gunet a dénoncé la campagne de communication mise en place par la Région, à travers un « affichage aguicheur de la NRL ». Raillant les images d’une jeune femme diplômée à l’américaine avec « toge et toque », mais « pas de photos de transporteurs ni de scaphandriers à qui l’on promet formations et milliers d’emplois à la clé ». Pour l’ATR, cette communication a un coût, dont « nous ignorons, après un premier appel d’offres jugé infructueux, à qui est finalement allé le marché de communication de la Région Réunion. Nous en ignorons également le montant », a indiqué Armand Gunet.
Pour ce dernier, la communication engagée masque « la pertinence et le coût de cette communication qui consiste à travestir des photomontages destinés en principe à informer le public. La Région se comporte tel un commerçant malhonnête qui se compromet dans des publicités mensongères », a-t-il évoqué.
D’ailleurs, « faute de financement pour reporter en encorbellement métallique la piste cyclable en 2020, nous ne pourrons pas restituer au Réseau Régional de Transport Guidé (RRTG) ou réseau ferré léger ». Une remarque en rapport avec l’intention de la Région d’engager un chantier ferré après la livraison de la NRL en 2020, « si le chantier débutait à présent. Mais ce n’est pas le cas. La NRL restera toujours à l’état de projet tant que des carrières de roches massives n’auront pas été d’abord trouvées puis acceptées par nos communes ».
De plus, concernant le transport en commun en site propre dit « évolutif en transport guidé », le coût serait, selon l’ATR, la condition de la contribution européenne du FEDER de 151 millions d’euros au financement de la NRL. Or « ce coût n’est actuellement ni chiffré et ni provisionné par la Région ». Raison pour laquelle, l’association a affirmé que la « NRL est condamnée à rester routière sans pouvoir accueillir le ferroviaire ».
Céline Tabou|
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