L’urgence du retour du train à La Réunion

La Réunion à l’arrêt : quand un chien révèle le sous-développement des transports

10 octobre 2025, par Manuel Marchal

Un simple chien errant aura suffi à paralyser une bonne partie de l’île. Ce jeudi matin, vers 8 heures, un animal divaguant au niveau du rond-point du Sacré-Cœur au Port a provoqué un carambolage impliquant sept véhicules et plus de 13 kilomètres d’embouteillages dans le sens Saint-Denis / La Possession. Les automobilistes, surpris par le ralentissement soudain, n’ont pas eu le temps de freiner. Si le chien n’a pas été blessé, l’incident a mis en lumière une réalité bien plus grave : la fragilité du système de transport réunionnais.

Sur une île de moins de 2 500 km², la circulation est devenue un cauchemar quotidien. Chaque incident, aussi anodin soit-il, suffit à bloquer des milliers de véhicules. Ce jeudi matin, vers 8 heures, un animal divaguant au niveau du rond-point du Sacré-Cœur au Port a provoqué un carambolage impliquant sept véhicules et plus de 13 kilomètres d’embouteillages dans le sens Saint-Denis / La Possession. La curiosité des conducteurs circulant dans le sens inverse a ajouté trois kilomètres de ralentissements supplémentaires. Des scènes révélatrices d’une dépendance excessive à la voiture individuelle.

Cette situation est la conséquence directe de décennies d’abandon du transport collectif structurant. Le train, supprimé depuis 1963, n’a jamais été remplacé. Malgré les débats et projets successifs, le refus du retour du rail pour préserver des intérêts personnels condamne l’île à une mobilité exclusivement routière. Les rares alternatives — bus saturés — ne suffisent pas à désengorger les axes principaux.

plus de 400 000 voitures pour moins d’un million d’habitants sur moins de 2500 km2

Résultat : plus de 400 000 voitures circulent chaque jour sur un réseau routier incapable d’absorber un tel trafic. Le moindre accident, la moindre pluie, ou, comme ce matin, un simple chien égaré, suffit à bloquer toute l’île. Les conséquences économiques, écologiques et sociales sont considérables : perte de temps, pollution, stress et isolement des territoires périphériques.

Ce nouvel épisode rappelle l’urgence d’une véritable politique de mobilité durable. Sans train, sans vision à long terme, La Réunion restera prisonnière de ses routes. Tant que la voiture restera la seule option, le moindre chien errant continuera de mettre l’île à l’arrêt.

M.M.

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