Politique des déplacements : un dossier de la revue “Politis”

’La vélorution est en marche’

14 août 2006

Dans son édition du jeudi 27 juillet dernier (n° 912), “Politis” publie un dossier sur le développement de l’usage du vélo pour se déplacer en France. ’Réchauffement climatique, dégradation des conditions de vie en ville, appauvrissement des ressources énergétiques... Autant de raisons qui incitent de plus en plus de personnes à se déplacer à vélo’, écrit notre confrère.
Selon lui, ’la bicyclette bénéficie d’une nouvelle image : elle véhicule aujourd’hui une réflexion sur la modernité, la mobilité, la manière de consommer et l’art de vivre ensemble. Tranquillement mais sûrement, elle reconquiert le paysage urbain et les mentalités’, affirme l’auteur de ce dossier, Ingrid Merckx. Extraits.

"Autonomie", c’est le maître mot des “vélorutionnaires”. C’est ce qu’ils préfèrent dans la bicyclette : une autre façon de concevoir la vie en ville, le rapport avec les autres, sa propre mobilité.
"Personne ne sait vraiment d’où vient le terme "vélorution", mais tous ceux qui la rejoignent sont d’accord pour la faire", résume Philippe Colomb, de Vélorution Paris. Le mouvement est parti d’une volonté de relancer, dans les années 1990, les manifestations cyclistes dans la capitale. (...)
Lors des grandes grèves de 1995, le peloton a été rejoint par de nouveaux adeptes. L’idée n’est pas de renverser la dictature automobile, mais (...) de “mettre la pression” pour (re)donner de la place au vélo en ville. Et au-delà si possible.

"Des “rendez-vous actions”"

Les collectifs vélorutionnaires, groupes informels qui se développent un peu partout en France (une quinzaine actuellement), seraient à la lutte contre les véhicules à moteur ce qu’Act Up est à la lutte contre le SIDA. Des activistes capables, par exemple, d’occuper les quais de la Seine pour maintenir la fermeture aux voitures pendant une heure. Comme ce fut le cas à Paris en septembre 2002.
Majoritairement écolo-libertaires, se réclamant volontiers des théories d’Ivan Illitch et de sa critique de la société industrielle, ils comptent aussi parmi eux des cyclistes - "pas des athlètes" - de tous âges et de tous poils, de plus en plus nombreux. Ils revendiquent une organisation qui repose sur des “rendez-vous actions”", des manifestations principalement, non-violentes.

Passer à des modes non-polluants

De doux rêveurs ? Plutôt des militants devenus, d’après Philippe Colomb, "difficilement contournables par les municipalités", quand il est question de transports, de déplacement, de développement urbain.
Depuis les années 1960, la ville s’est construite autour de la voiture, séparant le centre des périphéries, réduisant la place des piétons, installant une dépendance au pétrole, énergie polluante qui s’amenuise. Objectif : inciter les conducteurs de véhicules à moteur à passer à d’autres modes non-polluants.

Inverser les priorités

La vélorution n’est pas qu’une utopie, mais un véritable “moteur”. Si certains de ses défenseurs se placent dans une perspective radicale - "seul moyen d’espérer des changements réels" - et rêvent d’éradiquer la voiture, la plupart prônent son atténuation : la conserver comme véhicule d’urgence et comme “ultraluxe”.
Entre effet de serre, réchauffement de la planète, épuisement des hydrocarbures, transports en commun déficients et coûteux, il est urgent, selon les vélorutionnaires, d’inverser les priorités en passant au vélo.

Un saut en avant

L’utilisation du vélo pour se déplacer n’est pas un retour en arrière, mais un saut en avant : le vélo a perdu son image rétro, il n’est pas dangereux comme on le croit souvent, il est même recommandé pour la santé (...). Il est aussi devenu, depuis quelques années, "mode, sympa", synonyme de rapidité et d’efficacité, pour les urbains européens tout du moins. Certaines municipalités ont décidé de se pourvoir d’un service de prêt de vélos (...). Et certains convaincus choisissent de passer leurs vacances en selle (...). Tandis que des pays historiquement cyclistes - comme la Chine - opèrent un mouvement inverse, faisant de plus en plus de place aux deux-roues et aux voitures, utilisant le vélo comme un produit d’appel capitaliste. Une sorte de contre-vélorution (...).
Le secteur automobile étant le premier annonceur en France, la lutte anti-voiture rejoint la lutte anti-pub et une remise en cause de la société de consommation.

"Démonter les fantasmes liés à la voiture"

"Et dans les campagnes ? et les personnes âgées ? et les handicapés ?", objectent sceptiques et réfractaires. Pas question de mettre tout le monde à vélo de force, répondent les vélorutionnaires, coutumiers de ces parades fallacieuses, comme d’une courante condescendance.
"Il n’est pas question de se sacrifier pour les autres, précise Philippe Colomb. Nous choisissons le vélo parce qu’il est plus pratique, plus rapide, moins coûteux, plus agréable, etc. L’impression de liberté au volant est une illusion, il faut démonter les fantasmes liés à la voiture."

Une autre vision du vivre-ensemble

La vélorution ne propose rien de moins qu’une forme d’émancipation et une autre vision du vivre-ensemble (...) : "Il faut que les espaces de circulation se mélangent, que chacun, sur la route, ne se sente pas propriétaire d’une voie, mais la partage, et fasse plus attention aux autres."

Le vélo gagne du terrain

Tranquillement mais sûrement, le vélo gagne du terrain : 90% des personnes sont favorables à des mesures pour "faciliter le vélo", deux millions d’urbains l’utilisent régulièrement pour aller travailler. Ce qui impressionne même un ancien champion comme Raymond Poulidor (...). Certes, le vélo a piqué des utilisateurs aux transports en commun. Certes, certains ont lâché leur voiture pour un deux-roues. Et certes, la petite reine ne contribue pas - encore - à améliorer clairement la qualité de l’air. "Résultat d’un manque de pédagogie et de courage politique", tranche Philippe Colomb. Persuadé - et il est loin d’être le seul - que la vélorution est en route.


Fête du cyclotourisme le 17 septembre avec le CGPR

Le dimanche 17 septembre prochain, le Club des Gonflés de la Petite Reine (CGPR), vous invite tous à découvrir ou apprécier une partie du patrimoine culturel et naturel réunionnais dans le cadre de la Fête du cyclotourisme. Cela se passera dans le cadre d’une balade à vélo entre Le Port et Saint-Paul en passant par le Tour des Roches sur 30 km environ. Départ vers 8 heures et arrivée vers midi au Port, zone industrielle n° 2, au 28 rue Jules Verne, siège social de la SBTPC.
Le CGPR vous propose de venir pédaler en famille, entre amis. Ce circuit traditionnel passera par le cimetière marin de Saint-Paul où une halte permettra d’évoquer quelques figures de notre histoire. Après un passage par le moulin à eau de l’Étang Saint-Paul, il y aura un arrêt à l’ancienne usine sucrière de Savannah, où un petit verre de rhum..., heu non..., une boisson rafraîchissante sera servie et en même temps l’histoire de la canne à sucre, de la distillation du rhum et de l’usine disparue sera évoquée.
À l’arrivée, il y aura une remise de coupes et des récompenses seront tirées au sort pour toutes les catégories inscrites : familles, groupes, féminines, enfants, troisième âge etc. Une dernière boisson sera proposée pour clôturer cette matinée placée sous le signe de la bonne humeur à vélo.
Une attention particulière sera réservée aux participants occasionnels et aux non-licenciés. Des cadres du CODEP ou des clubs seront là pour conseiller et accompagner les débutants et les familles.
Engagement par internet : [email protected] ou sur place à partir de 7 heures 30.


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Témoignages - 82e année


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