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Fin du monopole du tout-automobile dans la zone la plus densément peuplée de la plus grande ville de La Réunion, Saint-Denis
16 mars 2022, par

Depuis hier à 17 heures, les Réunionnais peuvent utiliser le téléphérique urbain reliant les quartiers de Chaudron, Moufia et Bois-de-Nèfles à Saint-Denis. Depuis la destruction du train voici 50 ans, c’est la première fois qu’il existe à La Réunion une alternative au tout-automobile pour le transport de masse. Fonctionnant avec une électricité qui peut être potentiellement produite uniquement par des énergies renouvelables, la mise en service du téléphérique Papang marque une étape essentielle dans la lutte menée pour sortir La Réunion de la dépendance au tout-automobile, dans le cadre d’une transition écologique indispensable à la construction d’un développement durable et solidaire.
A la fin des années 1950 débuta à La Réunion le chantier de la première route du littoral. L’objectif réel du pouvoir de l’époque était avant tout politique. Il voulait détruire le chemin de fer qui était le principal bastion des syndicats notamment la CGT. Ce sont ces syndicats qui avaient été à l’origine de la création du CRADS, rassemblement politique qui obligea Paris à accorder aux Réunionnais les mêmes droits que tous les citoyens de l’ancienne métropole au travers du vote de la loi du 19 mars 1946, une loi de décolonisation et d’égalité avec la France. Cette destruction fut accomplie avec une telle violence que tout fut mis en œuvre pour faire oublier l’existence du chemin de fer. Elle eut pour conséquence de rendre les Réunionnais dépendant à un seul mode de transport : l’automobile fabriquée ailleurs et fonctionnant avec des carburants importés.
Depuis hier 17 heures, le tout-automobile n’a plus le monopole des déplacements à La Réunion. L’alternative est un téléphérique reliant trois quartiers de Saint-Denis : le Chaudron, Moufia et Bois-de-Nèfles. Cet investissement de 50 millions d’euros change la donne. Il montre en effet concrètement aux Réunionnais qu’il existe autre chose que l’automobile pour se déplacer quand la distance est trop longue pour la marche. Cet équipement a été inauguré par Maurice Gironcel, président de la CINOR, et Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, en présence du préfet, de deux députés et de vice-présidents de la Région et du Département.
Des dizaines de milliers d’habitants de Saint-Denis, d’étudiants de l’Université, de collégiens, de lycéens et de travailleurs des zones d’activités de Moufia ont donc le choix d’utiliser un mode de transport rapide, pas cher et peu polluant. De 25 minutes dans le meilleur des cas, le temps de parcours entre les deux terminus du téléphérique est réduit à 10 minutes, et cela pour le même prix qu’un trajet en bus.
« C’est une nouvelle ère en termes de mobilité et de transport à La Réunion. Nous voulons apporter à notre population une solution fiable et sécurisée au tout-automobile et au coma circulatoire de notre territoire », a indiqué le président de la CINOR, Maurice Gironcel, maître d’ouvrage de ce projet. « Nous sommes convaincus que si nous offrons une alternative aux Réunionnais, alors le Réunionnais pourra choisir et se libérer de la dépendance que représente la voiture », a d’ailleurs déclaré Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis.
« La transition écologique passe par le changement de nos habitudes dans nos déplacements, dans notre façon de consommer, d’utiliser l’énergie, s’opère que dans les responsables politiques rendent possible un autre comportement individuel », a précisé le président de la CINOR. Le téléphérique « ouvre de nouvelles possibilités d’aménagement, d’activité et donc d’emploi dans les quartiers desservis. Une nouvelle centralité et une nouvelle vie sont amenés à voir le jour autour des stations », a rappelé Maurice Gironcel.
Le téléphérique s’inscrit dans un plan de déplacement à l’échelle de la CINOR, avec la perspective d’être relié à un réseau de bus à haut niveau de service allant du Barachois à Sainte-Suzanne pour être connecté au futur TCSP Est de la Région, dans l’attente de la reconstruction du train reliant Saint-Benoît au Sud de l’île en passant par Saint-Denis.
Cette révolution doit permettre de baisser de 40 % d’ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre qui sont mauvaises pour la qualité de l’air et donc pour notre santé, a indiqué Ericka Bareigts. Saint-Denis a engagé un plan de reboisement de la capitale pour absorber davantage de gaz à effet de serre et donc contribuer à la lutte mondiale contre le changement climatique.
M.M.
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