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Tram-train : Enquête publique complémentaire pour le franchissement de La Montagne
16 novembre 2007

Conformément aux réserves émises par la Commission d’Enquête Publique sur le tram-train concernant le franchissement par ouvrages d’arts exceptionnels de La Montagne, la SR21 présentait hier un nouveau tracé intermédiaire privilégiant cette fois les tunnels. La population est donc conviée à participer à l’enquête publique complémentaire, du 19 novembre au 20 décembre, à découvrir et s’exprimer sur ce nouveau tracé également spectaculaire.
Suite à l’enquête publique qui s’est déroulée du 20 février au 26 mars 2007, la Commission a émis un avis favorable pour l’ensemble du projet dans sa configuration actuelle de Saint-Paul à Saint-Denis, à l’exception de la traversée de La Montagne. Faisant écho aux inquiétudes des écologistes pour qui l’itinéraire aérien impacterait défavorablement sur l’environnement, particulièrement sur la forêt semi-sèche, elle a demandé l’abandon du tracé haut. Ce sont désormais 3 tunnels d’environ 4 kilomètres chacun qui devraient donc relier les 11,4 kilomètres qui séparent la station de La Montagne et celle de La Possession Centre.
« Nous travaillons à une adaptation la plus complète et accomplie »
« Le projet avance sûrement », soulignait hier Pierre Vergès, Président de la SR21. Les réserves mais aussi les recommandations de la Commission d’enquête ont été suivies. « Depuis son externalisation du champ politique, il faut humaniser ce projet », soutient Pierre Vergès, qui rejoint la nécessaire prise en compte des préoccupations des personnes susceptibles d’être expropriées. « C’est un souci de les accompagner, locataires ou propriétaires ». La concertation engagée avec les riverains et les commerçants concernant les travaux, le stationnement, fera, quant à elle, prochainement, l’objet d’une synthèse.
« Le travail se fait en bonne intelligence avec le TCO », précise encore Pierre Vergès s’agissant de l’organisation de l’intermodalité. Des protocoles d’accords devraient bientôt être signés pour l’installation d’un syndicat mixte qui aura pour mission de favoriser la meilleure connexion possible entre dessertes du tram-train et transports en sites propres. L’implantation des gares, la prise en compte du vélo sont aussi au programme des concertations, de même que les périmètres à forte densité urbaine (aérogare de Gillot, traversée du centre de Saint-Denis, zones de Cambaie et de l’Etang Saint-Paul). « Nous travaillons à une adaptation la plus complète et accomplie », témoigne le président de la SR21. Dans cette optique, il est d’ailleurs envisagé d’ajouter au tracé de La Montagne une troisième station à Plateau Couilloux ; site qui devait être initialement franchi par un ouvrage d’art mais qui, compte tenu du nouveau tracé, doit faire l’objet d’un projet d’urbanisation pour ne pas se retrouver enclavé. Cette préoccupation correspond, selon Pierre Vergès, « à l’exigence d’une ville nouvelle » offrant les meilleures conditions de vie possibles, où l’utilisation de la voiture serait limitée au maximum. Un challenge audacieux, comme le concède lui-même le président de la SR21, mais qui caractérise finalement l’ensemble du projet tram-train, en plus de son utilité.
Dans les délais
Toutes les études géologiques et techniques nécessaires à la configuration de ce nouveau tracé (complétées par des études urbaines pour préserver justement les capacités d’urbanisation du Plateau Couilloux) ont été accomplies dans les délais pour que le calendrier général du projet soit tenu. Après avis favorables de la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites et de la DIREN au nouveau tracé “intermédiaire”, s’en suit donc l’enquête publique complémentaire qui ouvre un espace démocratique d’expression à la population et doit permettre la mise en conformité des PLU (Plan Local d’Urbanisme) de Saint-Denis et de La Possession. En janvier 2008, interviendront les conclusions puis, conformément à la réglementation, la “Déclaration de Projet” en février qui ouvrira alors en mars au plus tard à l’obtention de la DUP (Déclaration d’Utilité Publique) du projet tram-train. Pourra alors s’entamer la phase de dialogue compétitif avec les deux groupements retenus (voir encadré). En parallèle de toutes ces étapes, la Région Réunion a poursuivi l’avancement de ses études et expertises juridiques, techniques, économiques et financières nécessaires à la mise en place du processus de négociation du Partenariat Public-Privé. Comme le rappelle Pierre Vergès, ces travaux permettent de « baliser le projet », d’élaborer un cahier des charges des exigences qui seront présentées aux groupements, permettant ainsi une négociation financière argumentée.
Extension du tracé vers le Sud toujours à l’étude
Sans perdre de temps, mais sans précipitation, le projet est aujourd’hui en phase avec le calendrier administratif. Comme le précise encore Pierre Vergès, pour répondre aux attentes de la population du Sud de l’île, qui souhaite ne pas être écartée du projet, la SR21 poursuit également ses études sur l’extension du tracé de Saint-Paul à Saint-Joseph. Le reste de l’année 2008 sera consacré au dialogue compétitif, étape majeure de négociations. Après agrément des coûts par les élus de la Région Réunion, la signature du contrat de partenariat devrait intervenir dans le courant du premier semestre 2009, pour un début des travaux en seconde partie d’année. Et à l’horizon 2013, sauf aléas, le tram-train - qualifié par la DIREN de « projet indispensable pour l’île » qui « s’inscrit pleinement dans une politique volontaire d’aménagement durable » - sera enfin sur les rails. Une bouffée d’air frais face à l’asphyxie circulatoire.
Réaménagement total de la Grande Chaloupe
Le passage du tram-train par La Montagne s’accompagne d’un projet de valorisation complète du site de la Grande Chaloupe. « On va traiter l’endiguement, engager des travaux patrimoniaux d’aménagement en concertation avec les 28 partenaires concernés par le projet », explique Pierre Vergès. Parmi les 15 familles concernées par une expropriation provisoire ou définitive, seulement une personne est propriétaire de son habitation.
Selon Lilian Reilhac, Directeur du service communication de la SR21 en charge de la concertation avec les familles et de leur accompagnement, il s’avère que 80% d’entre elles ne souhaitent pas revenir habiter à la Grande Chaloupe après les travaux. « Ces familles ont envie de plus de confort, précise-t-il. Elles vivent depuis des années sans l’eau courante, isolées en période de cyclone. Le fait d’avoir leurs enfants scolarisés à La Possession entre aussi en jeu ». Le seul élément qui les raccrocherait vraiment à la Grande Chaloupe, c’est la possibilité de pouvoir accomplir librement leurs pratiques cultuelles. Pour celles qui choisiront un relogement, il se fera par l’accession à la propriété. Pour les autres, le projet d’aménagement du site se rapprochera au plus près de leurs aspirations. Ces familles invitées à visiter les ouvrages de Millot ont été déçues par ce changement de trajectoire du tracé. Mais comme le soulignera Pierre Vergès au cours de son intervention, « il faut respecter le choix des environnementalistes ».
Un coût énergétique minime
Pour rebondir sur les préoccupations environnementales légitimes, soulignons que les besoins énergétiques du tram-train correspondent à ceux de 3 centres commerciaux, soit un coût énergétique qui utilise 3% seulement de la production locale. A noter également qu’un travail est engagé pour réfléchir à l’installation de panneaux photovoltaïques sur les stations ; des stations dont le design sera assuré par des artistes locaux, internationaux et la population environnante. Une façon originale de la faire participer au projet et de lui permettre de se l’approprier.
Une traversée de La Montagne pensée et encadrée
La traversée de La Montagne soumise à enquête publique complémentaire concerne la section comprise entre la station de La Montagne et celle de La Possession Centre, soit 11,4 kilomètres.
Entre Saint-Denis (CHD) et La Possession, le franchissement de La Montagne se fera par alternance de voie aérienne, de 3 tunnels (3,8/4,1/4,6 kms) de 2 à 4 mètres de pentes et d’ouvrages d’art créés pour le franchissement de la Rivière Saint-Denis, de la Grande Ravine, de la Ravine Jeanneton, de la Ravine Grande Chaloupe, de la Petite et Grande Ravine des Lataniers (côté Possession).
Deux stations (voire 3 avec Plateau Couilloux) sont prévues sur la section soumise à l’enquête publique complémentaire : une à La Montagne (à mi-chemin entre la Ravine Jeanneton et la Grande Ravine) qui prendra la forme d’un pôle d’échanges pour favoriser l’intermodalité et permettre le rabattement des véhicules grâce au parc de stationnement ; une autre dans le centre de La Possession.
A noter que le remplacement des ouvrages d’art initialement prévus par des tunnels n’engendre aucune augmentation du coût, élevé pour la traversée de La Montagne à 500 millions d’euros. Le risque géologique est justement maîtrisé pour permettre un coût maîtrisé, même si un problème géologique est toujours possible. Moins risqué qu’un tunnel routier, un tunnel ferroviaire n’en demeure pas moins très encadré. Les services de secours et de sécurité (pompiers) ont d’ailleurs été associés dès la conception du projet.
SL
Deux Groupements d’entreprises retenus
Filiales locales actrices du projet tram-train
Le tram-train de La Réunion fait partie des premiers contrats de Partenariat Public-Privé (PPP) dans le transport engagés en France. Deux Groupements candidats ont été admis à participer au dialogue compétitif, par délibération de la Commission spécifique réunie au Conseil régional le 23 octobre. Il s’agit, sans rentrer dans les détails, de toutes les entreprises affiliées du Groupement Vinci Concessions - FIDEPP - Océor - Caisse des Dépôts et Consignation - Transdev et du Groupement “TRAM’TISS”. Les candidatures comprennent de grands groupes ayant des expériences et réalisations confirmées dans le domaine du transport ferroviaire et des PPP. A travers leurs filiales locales ou leurs futures implantations à La Réunion, les Groupements souhaitent marquer leur contribution au développement local. Cet aspect sera d’ailleurs notifié dans le cahier des charges remis par la collectivité. A noter encore que SBTPC, Bourbon Lumière, la Banque de La Réunion et Transdev Réunion, filiales réunionnaises, seront les principales actrices de la mise en place du financement, de la conception et de la construction des ouvrages ainsi que de leur exploitation. Enfin, les Groupes locaux Caillé, Ravate, Quartier-Français seront sollicités.
SL
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