Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Hausse de 1,91 % des importations de véhicules neufs en 2025
6 janvier, par

La hausse de 1,91 % des importations de véhicules neufs en 2025 illustre l’enfermement de La Réunion dans un modèle de développement colonial dépassé. Ce choix imposé aggrave la saturation routière, renforce la dépendance aux importations coûteuses et pénalise les usagers des transports collectifs. Il perpétue une économie de consommation au service des intérêts extérieurs. Rompre avec cette spirale mortifère exige une rupture politique : la relance du train, transport de masse écologique et outil d’émancipation pour le pays.
La progression des importations de véhicules neufs en 2025 n’est pas un simple phénomène économique. Elle est le symptôme d’un modèle de développement colonial toujours à l’œuvre. La Réunion reste enfermée dans une économie de dépendance, structurée pour importer, consommer et dépendre. Chaque voiture qui arrive sur le territoire renforce ce schéma hérité de l’histoire coloniale : produire ailleurs, consommer ici, payer toujours plus cher.
Ce modèle n’a jamais été pensé pour répondre aux besoins du peuple réunionnais. Il sert avant tout les intérêts des groupes importateurs, des pétroliers et des industries automobiles extérieures.
L’asphyxie du réseau routier est une conséquence directe de ces choix imposés. Les routes sont saturées, inadaptées à la réalité démographique et géographique de l’île. Les embouteillages sont devenus un outil d’oppression sociale : ils volent du temps de vie, épuisent les travailleurs et dégradent les conditions de déplacement de milliers de familles.
Les usagers des transports collectifs interurbains paient le prix fort. Bus bloqués dans le trafic, retards chroniques, services dégradés. Le transport public est condamné à l’inefficacité parce qu’il est prisonnier d’un système pensé pour la voiture individuelle.
Importer toujours plus de véhicules, c’est aggraver une dépendance économique organisée. Carburants importés à prix élevé, pièces détachées soumises aux marchés extérieurs, entretien coûteux : tout concourt à ponctionner le pouvoir d’achat des ménages. Cette dépendance est incompatible avec toute perspective de développement endogène.
Dans un territoire insulaire, cette logique est absurde et dangereuse. Elle fragilise l’économie locale et empêche toute maîtrise collective des choix de mobilité.
Un non-sens écologique et social
Le tout-automobile est un non-sens écologique dans un territoire déjà exposé aux effets du dérèglement climatique. Il aggrave la pollution, alourdit l’empreinte carbone et dégrade la qualité de vie. Socialement, il creuse les inégalités entre ceux qui peuvent posséder un véhicule et ceux qui subissent un système pensé sans eux.
Ce modèle colonial de mobilité organise l’exclusion.
Rompre avec cette spirale mortifère impose une rupture claire avec les politiques imposées depuis Paris. Il ne s’agit pas d’aménager à la marge un système défaillant, mais de le transformer. La relance de la construction du train est un choix stratégique et politique. Le train est un transport de masse rapide, accessible, écologique. Il permet de désengorger les routes, de renforcer les transports collectifs et de réduire la dépendance aux importations.
Mais surtout, le train est un outil d’émancipation. Il permet au pays de reprendre la main sur son aménagement, de créer des emplois locaux durables et de penser la mobilité en fonction des besoins du peuple réunionnais, et non des intérêts extérieurs.
Le débat sur la mobilité est un débat sur le pouvoir de décider. Continuer à importer toujours plus de voitures, c’est accepter la perpétuation d’un modèle colonial qui étouffe le pays. Relancer le train, c’est affirmer une volonté de rupture, de justice sociale et de responsabilité écologique. La Réunion a besoin de choix politiques courageux. Le train est l’un de ces choix. C’est un transport de masse rapide, accessible, peu coûteux pour les usagers et les collectivités et respectueux de l’environnement.
Le train permettrait de désengorger les routes, de redonner de l’efficacité aux transports collectifs, de réduire la dépendance aux importations et de créer des emplois durables dans la construction et l’exploitation.
Un choix politique incontournable
Le débat n’est pas technique. Il est politique. Continuer à importer toujours plus de voitures, c’est accepter l’asphyxie du pays. Relancer le train, c’est faire le choix de l’intérêt général, de la justice sociale et de la responsabilité écologique. La Réunion a besoin d’un projet structurant à la hauteur de ses enjeux. Le train n’est pas une option du passé. Il est une urgence pour l’avenir.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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