Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
Des chauffeurs de taxi en grève suite à une décision de la Sécurité sociale
28 décembre 2023, par

Compte tenu de l’intégration de La Réunion à la France sous forme de département, les lois sont les mêmes qu’en France sauf mesures d’adaptation décidées à Paris, à 10 000 kilomètres de La Réunion. Voici une des conséquences : le principal client des chauffeurs de taxi est la Sécurité sociale. C’est une anomalie à plusieurs milliers de kilomètres à la ronde où partout ailleurs, les taxis tirent leur revenu du transport de passagers en complémentarité avec les transports collectifs.
A La Réunion, les taxis faisaient partie du quotidien pour beaucoup d’habitants des écarts. Avant le développement des réseaux de bus des collectivités, les taxis assuraient ce lien indispensable. Le tarif était à la place, c’était environ 1 euro pour aller de Saint-Leu à Piton par exemple.
L’assimilation toujours plus importante de La Réunion à la France a changé cette situation. Elle a fait des chauffeurs de taxi des fournisseurs de service à la Sécurité sociale. Ils tirent désormais la plus grande partie de leurs revenus du transport de personnes devant consulter un médecin ou bénéficier de soins dans un établissement de santé. Comme le tarif n’est plus à la place mais définit selon le taximètre comme en France, le prix est souvent hors de portée des passagers transportés. C’est là qu’intervient la Sécurité sociale qui paie le chauffeur de taxi.
Il suffit donc que la Sécurité sociale change des règles que les chauffeurs jugent moins favorables pour qu’aussitôt cette profession tire la sonnette d’alarme. La Sécurité sociale verse en effet 62 millions d’euros par an aux chauffeurs de taxi conventionnés. D’où le mouvement de grève aujourd’hui organisé par des chauffeurs de taxi. Il consistera en des opérations escargot pour provoquer des embouteillages.
La Sécurité sociale premier client des taxis : cette situation est une anomalie à plusieurs milliers de kilomètres à la ronde. Partout ailleurs, les chauffeurs de taxi tirent leur revenu du transport de passagers en complément avec les autres moyens de transport collectif.
A l’heure où chacun peut constater le sous-développement des transports à La Réunion, le taxi constitue un moyen de lutter contre l’embouteillage. Pour les personnes qui ont besoin d’une utilisation ponctuelle d’une automobile, c’est une alternative. Mais avec l’application des lois votée en France à La Réunion, cette alternative est trop coûteuse. Au lieu de contribuer significativement au développement des transports à La Réunion, le système en place à La Réunion a transformé les chauffeurs de taxi en sous-traitant de la Sécurité sociale. Cela les rend très dépendants d’un seul client, dont la direction se situe d’ailleurs à 10000 kilomètres de La Réunion.
Les Réunionnais méritent une autre politique, n’ayons pas peur de nous moderniser.
M.M.
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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