La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
1er avril 2006

Le foisonnement d’idées pour résoudre le problème de la liaison entre Saint-Denis et La Possession me laisse perplexe. Le problème est-il bien posé ? Une multitude de solutions sont autorisées par les moyens techniques modernes. Mais s’agissant d’un investissement de grande ampleur, il faut se placer dans une perspective de long terme.
On sait que la fin définitive du pétrole interviendra avant la fin de ce siècle. Le tout-auto actuel a du souci à se faire et les transports en commun un avenir évident. Il faudra en tenir compte.
On sait aussi que le niveau des océans va rapidement s’élever et que tout passage à proximité de l’océan fait courir d’énormes risques d’ici 10 à 20 ans. Raz-de-marée ou cyclones avec des houles considérables de plusieurs dizaines de mètres de haut. Sans oublier le cataclysme prévu avec l’effondrement du volcan dans l’océan. Demain ? Dans 1.000 ans ? On ne sait pas. Les glissements de terrain et l’effondrement de la falaise sont prouvés et ont vocation à se poursuivre inexorablement.
Les pluies torrentielles vont s’accentuer avec le réchauffement planétaire et rendront tout trajet incluant un franchissement de ravine aléatoire. Les vents cycloniques peuvent dépasser les 300 km/h et, là encore, provoquer de lourds dégâts sur tout trajet aérien.
Il y a probablement d’autres risques naturels comme les séismes ou le volcanisme à prendre en compte. Je ne prétends pas faire le tour de la question, mais l’envergure de l’investissement justifie qu’on explore toutes les éventualités.
À partir de considérations sur ce qui va se passer d’ici 1 siècle, on peut alors se poser d’autres questions. Il faut se demander si on veut que la liaison soit permanente 24 heures sur 24 et 365 jours par an ou bien si on accepte des interruptions de durée à définir. Cela change le projet du tout au tout. Il y a aussi le coût de l’investissement, de son entretien et des conséquences économiques des éventuelles interruptions. Il faut aussi prendre en compte le maintien ou non de la disponibilité de la liaison actuelle pendant que le nouvel investissement sera réalisé. Il y en a probablement d’autres auxquelles je n’ai pas pensé.
En prenant l’exemple du tout-tunnel avec passage de la ravine de la Grande Chaloupe en viaduc couvert à une altitude d’environ 50 mètres, les coûts seront considérables. Ainsi, le coût du tunnel de 53 km en construction entre Saint-Jean-de-Maurienne (France) et Venaus (Italie) est estimé à 12,5 milliards d’euros. Mais il s’agit d’une liaison d’intérêt international. La liaison Saint-Denis-Possession est, elle aussi, d’intérêt international. N’oublions pas que le port de la Pointe-des-Galets est le 3ème port militaire français après Toulon et Brest. Une base française, certes, mais dont l’Europe bénéficie au même titre que nos coûteux équipements de défense. Cela mérite bien un effort financier de la part de la nation et de l’Europe, non ?
Charles Durand
Le Brûlé - Saint-Denis
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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