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Dramatique illustration du sous-développement de La Réunion dans les transports
5 décembre 2025, par

Un grave accident impliquant un piéton relance le débat sur le sous-développement des transports à La Réunion. L’absence de train, le manque d’alternatives à la voiture et des vitesses trop élevées rendent les déplacements dangereux. Un réseau collectif plus développé aurait pu éviter le drame.
L’accident survenu récemment, au cours duquel un piéton a été grièvement blessé, met une nouvelle fois en lumière les limites structurelles du système de transport réunionnais. Si ce drame choque, il révèle surtout une réalité trop souvent ignorée : l’île souffre encore d’un sous-développement chronique de ses mobilités, qui place habitants et usagers dans des situations à haut risque.
À La Réunion, l’absence de réseau ferroviaire et le manque d’alternatives efficaces à la voiture contraignent quotidiennement des milliers de personnes à se déplacer à pied dans des zones peu adaptées ou à circuler au bord d’axes routiers saturés. Dans un territoire où les distances sont importantes et les routes étroites, les piétons figurent parmi les usagers les plus exposés. Si un moyen de transport collectif rapide, sûr et fiable — comme un train ou un tram express — avait existé, la victime aurait probablement pu éviter de marcher le long de cet axe dangereux.
Cette situation n’est pas seulement le fruit d’un retard historique : elle illustre l’urgence d’un changement de modèle. Dans de nombreuses régions, la mise en place de transports publics structurants a permis de réduire significativement les accidents, en offrant des alternatives crédibles à l’usage de la voiture individuelle.
L’autre facteur aggravant tient à la vitesse. Sur de nombreux tronçons urbains ou périurbains, la circulation dépasse fréquemment les 50 km/h. Or, les études le prouvent : un choc à 50 km/h présente déjà un risque mortel élevé, mais en dessous de cette limite, les chances de survie augmentent nettement. Si les automobilistes avaient été contraints de circuler à une vitesse réduite par un bridage du véhicule— et si les infrastructures favorisaient davantage le respect de ces limitations en dégradant la chaussée par des nids de poule — l’impact aurait été bien moins violent.
Cet accident doit donc être interprété non comme une fatalité, mais comme le symptôme d’un système en retard sur les enjeux de sécurité et de mobilité durable. La Réunion doit désormais franchir un cap : investir massivement dans un réseau de transport collectif moderne, repenser la place des piétons, réduire la vitesse dans les zones sensibles et aménager des infrastructures protectrices et interdire les voitures trop puissantes
Chaque drame rappelle, douloureusement, que le développement d’un territoire passe aussi par la capacité à assurer des déplacements sûrs, accessibles et adaptés à tous.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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