Nouvelle tarification Car jaune

Pour être libre de circuler

21 août 2004

Cyril Hamilcaro, vice-président du Conseil général délégué au transport, annonçait hier, au coté de la SEM SOTRADER, un renforcement de l’offre Car jaune et une politique tarifaire spécifique. Bien que ces premières mesures apparaissent indispensables pour favoriser la vulgarisation et l’accessibilité au plus grand nombre des transports en commun, de nombreux défis restent encore à relever pour parvenir à une politique des transports innovante et visionnaire.

Le Département a en charge les transports collectifs routiers non urbains et les transports publics villes à villes. Sur le terrain, ce sont la Direction des transports du Conseil général et la SEM SOTRADER qui assurent le suivi du réseau départemental, et c’est en liaison avec les AOTU (Autorités organisatrices du transport urbain) que sont, le TCO, la CIVIS, la CINOR et la CIREST, que le Département développe des actions "dans le but d’initier une démarche politique nouvelle".
Le réseau Car jaune a transporté avec ses 80 véhicules, plus de 4 millions de voyageurs en 2003. Mais face à la menace environnementale et d’engorgement du réseau routier que représente le tout voiture à La Réunion, il est nécessaire d’inciter d’avantage encore à l’utilisation des transports en commun. Le Département, autorité compétente en matière de fixation des tarifs, propose depuis le 1er août, une nouvelle grille plus attractive, avec une souplesse d’utilisation de la gamme tarifaire. Cette initiative s’accompagne d’une large campagne de publicité, “Redécouvrez la liberté”, pour un montant de 60.000 euros. "Nous souhaitons instaurer une cohérence zonale et tarifaire entre les réseaux Car jaune et Ti’ car jaune", annonce Cyril Hamilcaro.
Selon les zones, les tarifs du ticket varient entre 1,40 euros, 2,80 euros et 4,20 euros et la mise en place d’un carnet de 5 tickets permet une réduction de près de 30%, par rapport au tarif unitaire. Les enfants âgés de plus de 3 ans et de moins de 12 ans bénéficient désormais d’une réduction de 50%, alors que la gratuité des transports est étendue aux veuves d’anciens combattants et aux invalides de guerres. Les deux lignes supplémentaires “Z’éclair” qui proposent depuis le 1er février 2004 une desserte expresse entre Saint-Denis et Saint-Pierre, et qui connaissent un taux de remplissage à 50%, connaissent-elles aussi une baisse tarifaire de 9 à 7 euros.
L’amorçage de la nouvelle politique départementale se résume pour l’heure, à ces mesures, et Cyril Hamilcaro, face aux nombreuses questions soulevées par la presse, concède qu’il reste encore beaucoup de travail à mener avec les communautés de communes, "pour mettre en cohérence les compétences".

Estéfany


Le transport en commun suscite bien des questions et des attentes

À quand un élargissement des plages horaires ? À quand une véritable offre week-end intra-urbaine et de ville en ville, pour permettre l’accès aux centres culturels et aux loisirs ? À quand des horaires fixes et respectés ? À quand des transports en commun adaptés aux personnes handicapées ? À quand une politique volontariste tournée vers un transport en commun moderne, convivial respectant plus l’environnement ? Face à ce flot de questions, Cyril Hamilcaro reconnaît qu’il faut encore réfléchir pour adapter l’offre aux enjeux du transport à La Réunion, et pour mieux garantir la qualité du service public. Annie Fouchard-Philippet, directrice générale de la SOTRADER, souligne que la mise en place d’un système d’aide à l’exploitation et à l’information des autocars sur leur parcours, devrait prochainement voir le jour. Grâce au GPS, les autocars pourront être visualisés sur leur parcours, informés en cas d’engorgement du réseau routier par un PC central et de leur coté les passagers seront avisés des retards.

La Région anticipe

Maître d’ouvrage et transport rail du TCSP sont les compétences du Conseil régional en matière de transport. Depuis une dizaine d’années, elle possède des fonds d’investissement routier qui se sont récemment élargis aux transports publics, afin de soutenir les autorités compétentes pour la construction de gares routières et d’abribus. "Attendu que les années 60 ont connu l’abandon du train et de ses emprises, le projet “train-train” porté par la Région nécessite de repartir à zéro", nous confie Philippe Berne, vice-président du Conseil régional, délégué à l’Aménagement et à la Recherche. Pour élaborer ce nouveau mode de transport collectif, une préparation en amont colossale est donc nécessaire, pour que d’ici 2012, le premier tronçon entre Saint-Benoît et Saint-Denis voit le jour. "On ne peut pas aller plus vite", ajoute-t-il.
Cependant, la Région souhaite optimiser ce temps, et "préconise de réunir les autorités organisatrices de transports, le Département, afin de préfigurer des zones de sites propres des bus, de cibler les points noirs du flux circulatoire pour leur donner la priorité, et pour que les aménagements du futur projet soient compatibles avec le réseau de transport collectif". De même, il sera intéressant selon Philippe Berne, d’unir compétences et expériences pour définir des stations de bus, sur le tracé de la Route des tamarins, qui lorsqu’il passe en rase campagne, ne peut espérer un couloir de bus à part. Ses deux fois deux voies et ses deux fois trois voies vers Plateau Cailloux semblent suffisantes pour ne pas engorger le flux circulatoire. Une volonté commune est ainsi indispensable pour mener à bien le défi du transport qui s’offre à La Réunion.


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Témoignages - 82e année


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