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Relance du projet ferroviaire
26 juin, par

15 ans après l’arrêt du chantier du tram-train, la Région relance un projet ferroviaire similaire avec Réunion Express. Prévu entre Saint-Benoît et Saint-Joseph, ce réseau ferroviaire électrique pourrait voir sa première tranche entrer en service en 2035. Son retour confirme la pertinence des choix abandonnés en 2010 au profit du tout-automobile, au prix d’un important retard pour La Réunion.
Hier, lors de son assemblée plénière, la Région a présenté le projet « Réunion Express », un réseau ferroviaire de 140 kilomètres reliant Saint-Benoît à Saint-Joseph via Saint-Denis, Saint-Paul et Saint-Pierre. Les premières circulations sont annoncées pour 2035 et l’achèvement du réseau est envisagé à l’horizon 2050. Cette annonce marque un tournant important : plus de quinze ans après l’arrêt brutal du chantier du tram-train, la nécessité du retour du rail à La Réunion finit par s’imposer.
Car ce projet reprend l’essentiel des orientations du projet saboté en 2010. Comme le tram-train, Réunion Express circulera sur une infrastructure indépendante du réseau routier, fonctionnera à l’électricité, desservira les principaux bassins de population et sera connecté aux transports urbains par des pôles d’échanges multimodaux.
Pourtant, cette avancée arrive avec un retard considérable. En 2010, une nouvelle majorité régionale décidait d’interrompre le chantier du tram-train. Cette première tranche, entre Sainte-Marie et Saint-Paul, était pourtant financée dans le cadre du protocole de transfert des routes nationales à la Région. Sa mise en service était prévue dès 2013. Les maires avaient obtenu l’ajout de nombreuses stations en centre-ville afin de compenser un déficit de transport public local, transformant le projet initial en tram-train.
L’arrêt du chantier n’était pas dicté par l’intérêt général. Il répondait avant tout aux exigences du lobby du tout-automobile et des énergies fossiles. Le tram-train représentait en effet bien davantage qu’un simple moyen de transport. Il constituait l’un des piliers du projet d’autonomie énergétique de La Réunion à l’horizon 2025. En privilégiant l’électricité plutôt que les carburants importés, il ouvrait la voie à une réduction de notre dépendance extérieure et à une meilleure maîtrise de notre développement.
Les conséquences de cette décision sont aujourd’hui visibles. Les embouteillages n’ont cessé de s’aggraver. La dépendance à l’automobile s’est renforcée. Les sommes prévues pour le tram-train ont été gaspillées vers la construction d’une hypothétique route en mer dont seule la moitié a pu être réalisée, faute de matériaux et de financements suffisants.
Surtout, l’abandon du tram-train a brisé une dynamique de modernisation permettant à La Réunion de sortir progressivement du sous-développement. Pendant que notre île renonçait au rail, d’autres pays de notre région avançaient. Maurice et Madagascar ont relancé leurs réseaux ferroviaires ou leurs projets structurants de transport collectif. Aujourd’hui, ils disposent d’une avance d’au moins vingt ans sur La Réunion dans ce domaine.
La présentation de Réunion Express constitue donc un aveu : les besoins identifiés il y a plus de quinze ans étaient réels. La croissance démographique, la saturation du réseau routier, les exigences de la transition énergétique et la nécessité de transporter également des marchandises rendent le retour du train incontournable.
Reste désormais la question essentielle du financement. Le coût du projet est estimé entre 5,2 et 6 milliards d’euros, tandis que les modalités de sa prise en charge demeurent à définir. Mais une chose est déjà certaine : chaque année perdue depuis 2010 a rendu ce projet plus coûteux et plus difficile à réaliser. La Réunion paie aujourd’hui le prix d’une décision politique qui a retardé de 20 ans son entrée dans l’ère du transport ferroviaire moderne.
M.M.
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