La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Sécurité routière
30 octobre 2007

Du 15 au 22 octobre, se déroulait la 8ème édition de la Semaine de la sécurité routière. Le mot d’ordre est simple : partager l’espace de circulation. C’est sûr, un scooter ne fait pas le poids face à un cachalot, ni même la plus belle auto d’ailleurs. Partager la route, qui montre l’exemple ?
Le vendredi 12 octobre 2007, Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, lançait la 8ème édition de la Semaine de la sécurité routière, dédiée au partage de l’espace de circulation. Pour marquer l’implication du gouvernement, du 15 au 22 octobre, Dominique Bussereau, Secrétaire d’État chargé des Transports, et Cécile Petit, déléguée interministérielle à la Sécurité routière, se sont rendus à la rencontre de nombreux acteurs nationaux. La Semaine de la sécurité routière aura été l’occasion de rappeler et de valoriser le travail quotidien des acteurs qui œuvrent toute l’année pour faire reculer la violence routière en France : pouvoirs publics, forces de l’ordre, entreprises, associations, élus. Certes. Il n’empêche que certains ministres se font conduire à vive allure, suivant d’ailleurs l’exemple d’un président toujours pressé. Les magazines spécialisés dans l’automobile ont d’ailleurs livré de tristes records de vitesse en milieu urbain. Comment ainsi donner l’exemple aux usagers de la route ? Le nombre de décès de violence routière est consternant, en France comme à La Réunion. Et les choses risquent fort d’empirer, au vu de la progression du parc automobile réunionnais.
Il n’y a pas de petites infractions
On les voit foncer dans leurs bolides “tunés” le vendredi soir. D’autres prennent nos quatre voies pour des pistes de rallyes. C’est un fait. Cela fait longtemps que ça dure. On connaît aussi les conséquences de ces conduites à risques, sans considération de la vie des autres usagers. Pourtant, nous sommes tous des présumés assassins. Nous oublions de mettre un clignotant. Nous avons juste un petit coup de fil à donner, ça ne peut pas attendre. On allume une cigarette, et que sais-je encore. On se pouponne dans le rétroviseur. Et nous oublions de conduire, les yeux fixés sur notre itinéraire. Nous oublions parfois de tenir compte du cyclomotoriste, du cycliste, de l’automobiliste, du transporteur, du piéton et cela mutuellement.
Neuf accidents sur 10 ont pour cause une infraction au Code de la route. Pour rappeler à chacun qu’il n’y a pas de petite infraction, une vaste campagne nationale de sensibilisation, avec un ton nouveau, est déployée à l’occasion de la 8ème Semaine de la sécurité routière. Interpellez votre propre comportement sur nos routes. Oui, les Réunionnais râlent au volant, dans les nombreux bouchons, ils roulent vite. Mais posons-nous la question : “et moi, est-ce que je roule vite ?”. Chaque usager de la route est interpellé sur son propre comportement. En se mettant à la place du conducteur, et en s’adressant directement à lui au présent : “VOUS ROULEZ juste un peu trop vite”, cette campagne pointe un comportement quotidien dont chaque Français ne réalise pas la dangerosité. Déclinée en deux spots télévisuels de 30 secondes, diffusés sur les chaînes généralistes, du 14 octobre au 4 novembre 2007, cette campagne met en scène respectivement un automobiliste et un conducteur de deux-roues motorisé qui s’octroient de petites libertés avec la règle. Dans les deux cas, la conséquence de ces infractions est fatale. Durant la deuxième moitié du mois d’octobre, avez-vous vu de manière évidente les trois visuels déclinés en affichage urbain et insérés, dit-on, dans la presse quotidienne régionale ? Moi, j’avoue n’avoir croisé aucune affiche liée à cette action. Pour autant, prenons conscience communément que les petites infractions causent également de grandes catastrophes, souvent en vies humaines.
Et chez nous à La Réunion
Selon "Trafics et Accidentologie", document de la DDE de La Réunion, « le bilan de l’insécurité routière de La Réunion en 2006 laisse apparaître une diminution de 2,7% du nombre de tués, mais une augmentation de 5% du nombre des accidents corporels et de 23% du nombre de blessés hospitalisés par rapport à l’année 2005 ». L’augmentation du nombre d’accidents corporels constatée depuis 4 ans s’accompagne ainsi d’une hausse de la gravité, déjà élevée. On enregistre ainsi près d’une victime grave pour deux accidents, ce qui nous ramène au niveau national. Cependant, la gravité des accidents a notamment à nouveau augmenté de nuit, soit 68% des tués. L’année 2006 est également marquée par une augmentation des accidents mortels liés à l’alcool. Les jeunes de 15 à 24 ans restent toujours très impliqués dans les accidents corporels et représentent plus du tiers des tués en 2006 (1 sur 2 en cyclomoteur, 1 sur 2 comme usager de VL). Concernant les usagers vulnérables, les piétons et les cyclistes sont les seules catégories d’usagers dont le nombre de tués a diminué. Cependant, le taux de tués piétons sur le département demeure 2 fois plus élevé que le taux national. L’année 2006 sera marquée par une forte hausse du nombre de tués des usagers circulant en cyclomoteur (+4) et en moto (+4). Le taux de tués des cyclomotoristes était 3,5 fois plus élevé que le taux national. C’est notamment en zone urbaine que l’on observe une hausse des accidents impliquant un cyclomotoriste. Les deux-roues motorisés représentent ainsi 41% des tués sur les routes de l’île en 2006.
Entre le cachalot et nous
Nous devons reconnaître les différents facteurs accidentogènes, avancés d’ailleurs par la DDE. L’importance du trafic, la qualité de certains axes routiers, la cohabitation de différents usagers, cela peut expliquer le nombre d’accidents sur nos routes. Mais n’oublions pas tout de même de parler de la condition routière des motards, des cyclistes, des deux-roues en général. Le moindre nid-de-poule peut s’avérer être dangereux pour les motos. Interrogeons vraiment la qualité de nos routes. Plusieurs routes, chemins, ruelles sont de véritables instruments de morts pour qui n’est pas vigilant. On parle de partage de la route. Mais les cachalots sont le calvaire de nombreux automobilistes à chaque campagne de coupe sucrière.
Tenez ! Pas plus tard que samedi, je croisais un cachalot sur la quatre-voies de l’Est qui, prenant la pente, avait une drôle de manière d’aider son freinage. Il zigzaguait quasiment. Cela peut impressionner n’importe quel conducteur. N’imaginons pas un jeune conducteur, tout juste sorti de l’auto-école. D’ailleurs, en parlant de cachalot, hier, on nous le montrait en grand. Les conducteurs du tank à sucre se voulaient rassurants. Pourtant, sommes-nous vraiment à l’abri avec ces monstres routiers ? Petite question : Pourquoi les cachalots n’ont-ils pas de filets pour protéger les usagers des projectiles de cannes et pailles en tout genre ? Les conducteurs de cachalot ont suivi une formation dispensée par une école routière et la DDE durant le mois d’octobre. Du 3 au 9 novembre prochain, les Industriels du Sucre organisent une opération “Cachalot lé kalou” auprès du grand public, dans le cadre de la Semaine de la sécurité routière.
Bbj
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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