Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Les députés courtisés pour réduire de 50 % le malus écologique
3 juin, par

A La Réunion des représentants du lobby automobile réclament une baisse de 50 % du malus écologique frappant les véhicules les plus lourds et polluants. Cette mesure favorisera surtout les ventes de SUV et de voitures de luxe, alors que La Réunion subit déjà embouteillages, pollution et dépendance énergétique. Plus lourds et plus dangereux pour les piétons, ces véhicules aggravent les émissions et l’occupation de l’espace public. L’urgence est de développer des alternatives à l’automobile, pas d’encourager ses excès.
A La Réunion des représentants du lobby automobile réclament une baisse de 50 % du malus écologique frappant les véhicules les plus lourds et polluants. Cette mesure favorisera surtout les ventes de SUV et de voitures de luxe, alors que La Réunion subit déjà embouteillages, pollution et dépendance énergétique. Plus lourds et plus dangereux pour les piétons, ces véhicules aggravent les émissions et l’occupation de l’espace public. L’urgence est de développer des alternatives à l’automobile, pas d’encourager ses excès.
Le lobby du tout-automobile est reparti à l’offensive. Son objectif : faire baisser de 50 % le malus écologique qui taxe les véhicules les plus lourds et les plus polluants. Derrière cette campagne présentée comme un soutien au pouvoir d’achat se cache en réalité une opération destinée à stimuler les ventes des SUV et des voitures dites « premium », symboles d’un modèle de société à bout de souffle.
À La Réunion, les SUV sont souvent vendus comme des signes extérieurs de réussite. Ils séduisent une partie des pauvres à qui l’on fait croire que la possession d’un véhicule imposant constitue une forme d’ascension sociale. Quant aux voitures de luxe capables d’atteindre plus du double de la vitesse maximale autorisée sur nos routes, elles servent à une minorité fortunée désireuse d’afficher son appartenance à une classe dominante.
Pourtant, notre île paie déjà un lourd tribut à cette logique. La Réunion croule sous les embouteillages, la pollution atmosphérique et la dépendance énergétique. Ces véhicules hors de prix occupent un espace considérable sur des routes saturées. Leur poids augmente les dégâts lors des collisions et accroît les risques de blessures graves pour les piétons et les cyclistes et accentuent l’usure des routes. Plus un véhicule est lourd et haut, plus il devient dangereux pour les usagers les plus vulnérables.
Comme toujours, le lobby automobile avance les mêmes arguments : relancer la consommation, soutenir l’activité économique, éviter l’effondrement du « marché ». Mais jamais il n’est question de santé publique, de qualité de l’air, de sécurité routière ou de justice sociale. Jamais il n’est question de remettre en cause un modèle fondé sur l’importation de véhicules lourds, polluants, énergivores et profondément inadaptés à une île de moins de 2 600 km².
Partout dans le monde, le débat évolue pourtant dans la direction inverse. De nombreux pays et collectivités cherchent à renforcer la taxation des véhicules les plus lourds afin de freiner la prolifération des SUV, responsables d’une part croissante des émissions de CO₂. Plus lourds, ils consomment plus de ressources, nécessitent plus d’énergie pour se déplacer et aggravent l’empreinte écologique des transports, même lorsqu’ils sont électriques.
Le progrès n’est pas de subventionner les jouets des riches ou les illusions vendues aux pauvres. Elle consiste à investir dans les transports collectifs, les mobilités douces et un aménagement du territoire qui réduise la dépendance à l’automobile. Réduire le malus écologique serait un recul. À La Réunion, l’urgence est au contraire de décourager les véhicules les plus lourds et les plus polluants afin de construire un modèle de déplacement plus sobre, plus sûr et plus juste.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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