Le retard de La Réunion sur Madagascar et Maurice s’amplifie

Train urbain à Antananarivo : quand Madagascar avance, La Réunion piétine

1er décembre 2025, par Manuel Marchal

Alors qu’Antananarivo s’apprête à inaugurer avant la fin de l’année son train urbain, un projet structurant de 12 kilomètres et huit gares, La Réunion continue de s’enfoncer dans un retard criant. Le contraste est saisissant : Madagascar, pays pourtant largement moins doté en ressources, se dote d’un réseau moderne combinant train et téléphérique, pendant que notre île, gavée de financements français et européens, persiste à financer le sous-développement.

À Antananarivo, les derniers travaux du train urbain se terminent. Un grand chantier lancé par l’ancien gouvernement sera prochainement inauguré par celui de la transition militaire. Le gouvernement de transition annonce une mise en service dès la mi-décembre, même en phase test. Le tarif envisagé — autour de 3 000 ariary, soit l’équivalent de cinq trajets de bus — reste très cher pour la plupart des usagers potentiels.Précédemment, le tarif prévu par les concepteurs devait être celui du bus, soit 600 ariary En quelques minutes, il sera possible de relier Soarano à Bypass, et de combiner train et téléphérique depuis Anosy, pôle administratif ou la City Ivandry, poumon économique. Après Port-Louis, la capitale malgache devient la deuxième ville de notre région à renouer avec ce mode de transport moderne et durable. Voilà un exemple concret de vision, de cohérence et d’indépendance.

À La Réunion, l’immobilisme règne

Pendant ce temps, à La Réunion, l’immobilisme règne. Le seul transport de masse réellement opérationnel reste le téléphérique Papang, un outil utile pour quelques quartiers de la capitale mais insuffisant pour une île d’un million d’habitants. Le tram-train, pourtant voté, financé, planifié, a été saboté en 2010, sacrifiant l’avenir collectif sur l’autel de calculs politiciens et d’intérêts particuliers d’une classe privilégiée par le système néocolonial. Quinze ans plus tard, nous en payons le prix : embouteillages records, dépendance totale à la voiture, facture énergétique explosive et absence de réseau ferré — un vide unique dans notre région.

Pendant que nos voisins construisent, La Réunion gaspille. Plus de 800 millions d’euros doivent être engloutis pour terminer une demi-route en mer, symbole d’un choix politique archaïque favorisant l’automobile et les importations. Les projets de lignes de bus reposent sur des véhicules, importés très chers d’Europe, qui doivent être régulièrement remplacés pour satisfaire des normes pensées ailleurs en Europe, appliquées ici, dans un pays africain dont on nie la réalité climatique, sociale et économique et où règne l’immobilisme.

M.M.

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Messages

  • Très bon résumé, hélas une réalité. Ne pas oublier le fret qu’il faudrait lui aussi remettre sur les rails. Réunion la 1° a diffusé un très beau reportage pédagogique sur le train à la Réunion. Quel gâchis que de l’avoir effacé d’un trait de plume alors que tout était prête, le tracé, le budget et même la promotion. J’avais vu une vidéo superbe. Patience, et prise de conscience pour l’avenir de l’ile, celui de la planète, les futures générations. Arthur, on verra bien la motivation réelle des décideurs.....


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