Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
La Réunion décroche pendant que ses voisins avancent
13 décembre 2025, par

Alors que Madagascar va inaugurer son train urbain à Anatananarivo, plus grande ville de l’océan Indien, après des essais techniques concluants, La Réunion s’enfonce dans l’immobilisme. Privée de tram-train depuis le sabotage du chantier en 2010 et dépendante quasi exclusivement de la voiture, l’île accumule le retard tandis que ses voisins modernisent leurs réseaux. Embouteillages, coûts énergétiques et choix politiques dépassés accentuent un décrochage incroyable, compte tenu de l’argent de la France et de l’Europe disponible en abondance à La Réunion.
L’essai technique du train urbain d’Antananarivo, mené sans incident le 11 décembre 2025, marque un tournant pour Madagascar. Le ministère des Transports et Madarail ont validé l’ensemble des procédures d’exploitation, confirmant la maîtrise du personnel et la fiabilité des équipements. Le lancement officiel, prévu le 15 décembre, offrira aux usagers un réseau de 16 kilomètres, dix gares et une capacité de 300 passagers par train. Ce sera une avancée majeure pour une capitale de 4 millions d’habitants, dont la moitié se déplace chaque jour, qui choisit résolument la modernisation de sa mobilité.
Pendant ce temps, la comparaison avec La Réunion est révélatrice. L’île, pourtant dotée de ressources financières supérieures, demeure engluée dans l’immobilisme. Le seul transport de masse réellement opérationnel reste le téléphérique Papang reliant quelques quartiers de la capitale, utile mais marginal à l’échelle d’un territoire d’un million d’habitants. Le tram-train, projet structurant voté et financé, a été saboté en 2010, sacrifiant une vision d’avenir au profit de calculs politiciens et d’intérêts de privilégiés. Quinze ans plus tard, le résultat est sans appel : embouteillages records, dépendance à la voiture, vulnérabilité énergétique et absence totale de réseau ferré, une anomalie dans la région.
La fracture se creuse d’autant plus que nos voisins bâtissent des infrastructures adaptées aux défis contemporains. À Madagascar, l’investissement dans un train urbain apparaît comme un choix stratégique, pensé pour fluidifier les mobilités et soutenir le développement économique. À La Réunion, à l’inverse, l’essentiel des moyens reste aspiré par la construction d’une demi-route en mer, un chantier de plus de 800 millions d’euros, symbole d’un modèle dépassé centré sur l’automobile.
Les projets de bus, bien que nécessaires ne peuvent qu’être un moyen d’anticiper le retour du train à La Réunion, car ils dépendent d’importations coûteuses et de normes européennes parfois inadaptées aux réalités locales. L’île continue ainsi d’accumuler du retard technologique et stratégique, alors même qu’elle pourrait devenir un laboratoire insulaire de mobilité durable.
Face à l’élan de ses voisins, La Réunion voit s’accentuer un décalage préoccupant. Le choix entre stagnation et modernisation demeure ouvert, mais le temps, lui, ne cesse de filer.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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