Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Malgré l’argent français et européen distribué en abondance
30 décembre 2025, par

De simples pluies d’été suffisent à paralyser La Réunion. Ce chaos n’est ni climatique ni naturel : il révèle le sous-développement des transports, prisonniers du tout-automobile malgré des fonds publics français et européens abondants. Réseau routier inadapté, radiers dangereux, axes vitaux fragilisés : l’immobilisme et la peur de se moderniser mettent les Réunionnais en danger. Jusqu’à quand ?
Depuis quelques jours, La Réunion subit des pluies parfaitement normales pour un mois d’été. Rien d’exceptionnel, rien d’imprévisible. Pourtant, l’île se retrouve une nouvelle fois paralysée. Routes fermées, radiers submergés, éboulis à répétition : ces perturbations récurrentes ne sont pas dues à la météo, mais à un système de transport structurellement sous-développé.
Ce que révèlent ces épisodes, c’est le sous-développement des transports à La Réunion. Un sous-développement d’autant plus choquant qu’il perdure malgré des financements publics français et européens massifs. Des milliards ont été mobilisés au fil des années, sans jamais remettre en cause le dogme du tout-automobile, qui domine encore l’aménagement du territoire réunionnais.
Sur la RN1, Route du Littoral, un éboulis a contraint au basculement de la circulation côté mer entre la Grande Chaloupe et La Possession. Une situation devenue quasi routinière sur un axe vital déjà saturé. Dans l’Ouest, à Trois-Bassins et Saint-Paul, plusieurs radiers sont submergés sur les RD3 et RD4. À Saint-Louis, le radier du Ouaki est fermé. À Salazie, la RD48 a été coupée par un éboulis. À Cilaos, la RN5 a dû être fermée durant la nuit, isolant temporairement toute une population. Voilà le quotidien d’une île dépendante quasi exclusivement de la route.
Cette dépendance au tout-automobile rend La Réunion extrêmement vulnérable. Quand la route s’arrête, tout s’arrête. Les secours, les soins, le travail, l’approvisionnement. Aucun réseau de transport alternatif structurant n’est en capacité de prendre le relais. Ce choix politique, assumé depuis des décennies, expose chaque année davantage les Réunionnais aux risques.
La seule infrastructure réellement sécurisée reste la Route des Tamarins, financée exclusivement par la Région Réunion sous la présidence de Paul Vergès, sans le soutien de l’État. Cette réalisation avait pourtant démontré qu’anticipation et vision à long terme étaient possibles. Mais ailleurs, le réseau demeure archaïque, fragile et dangereux.
Dès 2007, un plan de sécurisation des radiers avait été proposé comme grand chantier régional. Ce plan n’a jamais été mis en œuvre à la hauteur des besoins. Les pouvoirs publics ont sous-estimé l’urgence, préférant gérer les crises au coup par coup plutôt que d’investir dans des solutions durables.
Il n’y a ici ni fatalité géographique ni exception climatique. Il y a un choix politique clair : maintenir La Réunion dans un modèle de transport dépassé, inefficace et dangereux, malgré des moyens financiers considérables. Chaque saison des pluies en apporte la démonstration implacable.
Combien de routes coupées, combien de territoires isolés, combien de vies mises en danger faudra-t-il encore pour que ce modèle soit enfin remis en cause ? Le réveil ne peut plus attendre.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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