Déblaiement de la Route du littoral

Travail de titan

28 mars 2006

Le soleil se couche sur le chantier titanesque de la Route du littoral. En cette fin d’après-midi, hier, les engins de travaux publics ont déjà déblayé plus de 15.000 des 50.000 tonnes de rochers qui se sont affaissées à l’entrée de la 4 voies côté La Possession vendredi à l’aube. Le chantier est placé sous haute surveillance. Question de sécurité face à une falaise instable et donc éminemment dangereuse. Vendredi, elle a encore coûté la vie à 2 personnes.

Le ballet des bulldozers, des pelleteuses et des poids lourds du groupement SBTPC/Vinci, de la GTOI et de la Cotrarun a commencé au lever du jour. Comme la veille, date de leur entrée en action, les hommes et leurs machines ont travaillé sans relâche. À 11 heures pourtant, ils se sont arrêtés un instant. Le temps de rendre hommage à toutes les victimes de cette route. Ils ont ensuite repris le travail.
En comptant les conducteurs d’engins et de camions, les chefs de chantier et les techniciens de la DDE (Direction départementale de l’équipement), ils sont une trentaine à creuser, soulever, transporter, nettoyer. Ils travaillent accostés à la falaise. Les pelles mécaniques se sont même frayées un chemin jusqu’au sommet de l’amas de roches. En équilibre, elles dégagent d’énormes blocs, les faisant rouler à portée des dumpers (poids lourds) et des camions. Pour faciliter leur transport, les plus gros rochers, souvent lourds de plusieurs tonnes, sont fragmentés par les ouvriers spécialisés de la SGTPS (Société générale des travaux publics spéciaux). D’autres pelles mécaniques jettent les plus gros morceaux à la mer. Le reste est chargé dans les dumpers et les camions. Direction la Grande Chaloupe ou le chantier d’extension du port Est.
Une quinzaine de pompiers, dont un médecin et un infirmier, sont présents sur le site. La dangerosité du chantier est réelle. La falaise a dramatiquement démontré qu’elle pouvait s’effondrer à n’importe quel moment, à n’importe quel endroit.
La gendarmerie est également présente. Au Nord et à l’Ouest de la route, un cordon de sécurité interdit l’accès aux automobilistes et aux éventuels curieux tentés par une "balade" à pied jusqu’au lieu de l’éboulis. Les gendarmes de l’identification criminelle et les militaires du NEDEX (déminage) sont eux aussi sur le site. Pour le cas où l’on ferait une macabre découverte sous les rochers.
Il reste encore des milliers de tonnes à déblayer. Il faudra aussi réparer la chaussée et surtout s’assurer qu’elle n’a pas été ébranlée en profondeur. Pour autant, l’ouverture d’une piste sur une voie pour permettre le passage des convois de camions reste d’actualité.

Texte et photo Imaz Press Réunion


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