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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
L’assemblée plénière de la Région adopte deux délibérations relatives au tram-train
30 novembre 2007, par

Les conseillers régionaux ont adopté hier à une large majorité deux délibérations dont les effets se feront ressentir pendant des décennies, bien au-delà de la mise en service du tram-train en 2014. Il s’agit de réparer les erreurs historiques d’aménagement du territoire qui ont conduit à l’impasse dans laquelle La Réunion se situe en termes de transports aujourd’hui.
Ce sont des votes d’une portée historique qui interviennent au lendemain de l’hommage à Léon de Lépervanche, qui avec le Docteur Raymond Vergès, a été à l’origine d’un vote d’une portée elle aussi historique : la loi du 19 mars 1946.
Un vote clair, un vote aussi important que celui qui a décidé du destin du chemin de fer, c’est ce que Paul Vergès a demandé hier aux conseillers régionaux réunis à l’occasion de deux délibérations portant sur le tram-train. Car la décision prise hier produira ses effets pendant des décennies, de la même manière que le vote de la loi du 19 mars 1946. « Corrigeons aujourd’hui ce que nos aînés n’ont pas réalisé pour le chemin de fer », a insisté le président de la Région. En effet, les votes d’hier ouvrent la voie à une nouvelle étape dans la réalisation de cet équipement ferroviaire qui doit être la colonne vertébrale de l’aménagement du territoire de La Réunion du million d’habitants.
Une convention de prêt sur fonds d’épargne auprès de la Caisse des Dépôts et Consignation d’un montant maximal de 500 millions d’euros et le lancement d’études pour l’extension du tracé du tram-train vers l’Est et le Sud étaient hier à l’ordre du jour de la séance plénière de la Région. Les deux délibérations ont été adoptées par une large majorité, allant au-delà de l’Alliance.
Un pas significatif
Cette décision marque une nouvelle avancée pour le tram-train et la future route du littoral. D’un montant prévisionnel respectif de 1,315 milliards d’euros et de 930 milliards d’euros, le financement de ces deux projets a été finalisé par le Protocole de Matignon, signé en janvier dernier par le Premier ministre et le président de la Région : 830 millions pour l’Etat, 230 millions pour les Fonds européens, et le reliquat pour la Région. C’est un effort conséquent pour la collectivité.
La délibération d’hier portait sur la réservation d’un crédit à taux préférentiel d’un montant de 500 millions d’euros, dont 346 millions seront mobilisables rapidement en vue de la réalisation du tram-train.
Rappelant que La Réunion est confrontée au problème du coma circulatoire, Pierre Vergès est revenu sur quelques détails du financement. Sur les deux projets, 43% du financement est assuré par la Région, et sur cette part, 50% résultera de prêts à taux réduits.
Par ailleurs, Pierre Vergès a mis en avant la nécessité de travailler sur l’intermodalité entre le tram-train et les autres réseaux de transport collectif. Le vice-président de la Région note la volonté de toutes les communautés d’agglomération de s’équiper d’un TCSP bus.
Au terme du débat, la délibération a été approuvée. Le contrat de réservation du prêt doit être finalisé aujourd’hui avec la Caisse des Dépôts et de Consignation.
Réparer une erreur historique
Deuxième décision soumise au vote des conseillers régionaux, les études pour l’extension du tracé tram-train visent dans un premier temps à délimiter la bande dans laquelle se situera l’itinéraire. La tranche ferme s’élève à un montant de 6,5 millions d’euros. Cela permettra de prévoir l’emprise du tram-train dans les documents d’urbanisme. Le débat a permis de souligner le consensus qui existe dans le Sud pour le prolongement du tram-train jusqu’à Saint-Joseph. Concernant l’Est, force est de constater que le blocage de la CIREST empêche plus de 150.000 Réunionnais de bénéficier d’un mode de transport moderne. Mais comme l’a indiqué Pierre Vergès, si la CIREST justifie sa décision par le choix d’un TCSP-Bus, cela veut dire qu’elle doit prévoir dans ces documents d’urbanisme le tracé de ce TCSP. Une fois ce dernier réalisé, il pourra alors être possible de prolonger le tram-train en utilisant l’emprise du TCSP s’il s’avère que la CIREST décide plus tard d’opter pour le tram-train.
Adoptée également à une large majorité, la décision de lancer ces études va dans un premier temps permettre de fixer dans les documents d’aménagement la colonne vertébrale des modes de transports du 21ème siècle à La Réunion.
En ce sens, les votes d’hier ont donc une portée considérable. Ils contribuent à réparer une erreur historique, la suppression du chemin de fer. Et les conséquences de ces votes se feront encore sentir dans plusieurs décennies, c’est-à-dire quand La Réunion du million d’habitants appuiera son développement sur un mode de transport adapté à sa situation.
Manuel Marchal
Jean-Paul Virapoullé refuse le tram-train
L’Est pris en otage
Paul Fotsé a trouvé inacceptable l’attitude de la direction de la municipalité de Saint-André et de la CIREST qui s’opposent au tram-train. 170.000 personnes sont prises en otage et risquent de voir le tram-train s’arrêter à Sainte-Suzanne. C’est une situation d’autant plus injuste que selon les enquêtes d’opinion, 80 à 90% de la population de l’Est est favorable au tram-train.
Vers un tram-train Saint-Louis/Saint-Pierre
Roland Hoarau a fait part de ses réticences à voter pour le projet présenté par la majorité régionale. Il craint que le Sud reste à l’écart du tram-train. S’il s’est abstenu, il a pu avoir une réponse à ses inquiétudes lors de la présentation des projets d’extension possible. Il est ainsi envisagé de construire un tram-train entre Saint-Louis et Saint-Pierre avant de relier ensuite ce réseau à la branche Ouest qui partirait de Saint-Paul vers le Sud.
Par ailleurs, dans l’attente de la jonction, Philippe Berne note qu’il est prévu d’utiliser une partie de la route nationale actuelle sur certains secteurs pour le bus et les modes de transport doux (vélo...). La mise en service de la route des Tamarins allégera le trafic sur ce tronçon routier qui pourra connaître de nouveaux aménagements.
Quant à la liaison Ouest-Sud, Pierre Vergès note que les prévisions de trafic peuvent laisser à penser que sur certains secteurs, une voie unique pourra satisfaire les besoins.
Quelques chiffres
La présentation des études sur l’extension du tracé ont été l’occasion de remémorer quelques chiffres :
Le prolongement de Saint-Paul à Saint-Joseph a un coût estimé à 1 milliard d’euros.
Une extension immédiate vers La Saline reviendrait à 200 millions d’euros.
La mise en service d’un tram-train Saint-Louis/Saint-Pierre coûterait quant à elle entre 300 et 400 millions d’euros.
Pour aller vers l’Est, le prolongement de Sainte-Marie à Saint-Benoît est estimé à 600 millions d’euros pour 32 kilomètres. Du fait de l’opposition du maire de Saint-André, la première extension envisagée ira jusqu’à Sainte-Suzanne. Coût estimé : entre 140 et 200 millions d’euros en fonction de la position du terminus (centre-ville ou Quartier Français).
Les 6,5 millions d’euros d’études votées hier permettront d’avoir des choix éclairés sur le futur tracé.
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