ROUTE DU LITTORAL

Zot la di

29 mars 2006

Déclarations tenues lors de la constitution de l’Association des usagers de la liaison Saint-Denis - La Possession.

o Ibrahim Dindar : "C’est une ère nouvelle"
"Vous venez d’entendre la voix de l’espérance, de la sagesse. Et aujourd’hui, vous avez fait le choix du bon sens populaire, de la citoyenneté. C’est une ère nouvelle que nous inaugurons. C’est aussi une façon de rendre à ceux qui y ont laissé leur vie. Ils ont fait le sacrifice de leur vie. Aujourd’hui, c’est une ère nouvelle. Nos enfants seront fiers de nous, de notre choix. Seulement, nous avons besoin de toutes les personnes physiques, mais aussi les représentants d’associations, pour faire avancer une fois pour toutes les choses et trouver une solution durable. Aujourd’hui, c’est une assemblée constitutive pour faire en sorte que les choses changent. C’est La Réunion profonde qui manifeste sa volonté de changer les choses."

o Philippe Berne : "Que l’État prenne ses responsabilités"
"Une association qui se crée (NDLR : Association des usagers de la Route en corniche) et qui a pour seul langage d’exiger la démission du président et de son équipe, tout en demandant qu’il signe une motion, perd toute sa crédibilité. On sait très bien qu’il faut 10 ans pour que les choses se fassent. Par ailleurs, il faut que l’État s’engage, intervienne au plus haut niveau de financement possible. L’État serait alors maître d’ouvrage, et le Conseil régional, ainsi que le Conseil général, se retrouveraient dans le comité de pilotage. En tout cas, il faut que l’État prenne ses responsabilités dans ce dossier. Le président Vergès a déjà signifié qu’il ne souhaite pas prendre la responsabilité des routes nationales qui ne sont pas sécurisées. Quant à savoir si les travaux peuvent s’effectuer en 3 ou 4 ans, on peut mettre aussi une bombe atomique, tant qu’à faire. Il faut bien 10 ans pour que l’on trouve une solution effective et définitive. Mais, cela ne peut se faire sans concertation, sans étude, parce que l’on risque de faire les erreurs du passé. Il faut compter sur 5 ans d’études de faisabilité, et 5 ans de travaux."

o Camille Sudre : "Informer la population réunionnaise"
"L’émotion qu’a provoqué le drame de vendredi est bien compréhensible. Tout le monde a envie de dire : il ne faut plus qu’un tel drame recommence. Quand nous sommes arrivés ici (NDLR : au Conseil régional), nous avons décidé le basculement 1 plus 1 voie, pour pallier les chutes de pierres lorsque la pluie tombait. Nous avons assuré aussi une grande partie de pose de filets. Mais contre les effondrements de falaise, il n’y a pas de protection. La seule protection, c’est la construction d’une nouvelle route. Nous n’avons eu de cesse d’interpeller l’État sur les risques de la Route en Corniche, car c’est l’État qui est le propriétaire de cette route. Aujourd’hui, l’État dit : "Je transfère". Aujourd’hui, l’heure est à l’action, et vous faites bien de vous constituer en association pour vous tenir informer de l’évolution des choses, afin d’informer la population réunionnaise. j’aimerais vous remercier pour cela."

o Paul Vergès : "In gran dat ozordi"
"I fo zot i konpran ke sé in gran dat ozordi. La rout litoral lé fini. Tout sat i espass zordi, sé sak nou lavé di nana sinkant an. Ozordi, i fo konté konbien’n an krédi, an mor, an blésé ? Nou nana in sertin nonm i di ké sé la responsabilité de la Région Réunion. Mé depui lo promié zour, nou lété kontr. Nana sertin lété ankor dann rin zot papa, é là i vé amont anou kosa i fo fé. Mintnan, i fo nou pass o shoz sérièz.
Et d’interpeller la mémoire des Réunionnais...
Rapèl azot kisa la siprim la shomin d-fèr, voilà la fot inpardonab. Zot i koné kisa té lo préfé de lépok, oubien bann konséyé zénéral la désid sa, fé la rout an kornish. Banna la désid détruir lo shomin d-fèr, si zot lavé lésé, nou noré pi konsolid ali, trouv d’ot solision. Zot la privilégié la rout, é la kass tout lé ray, zordi n’i pèy lé konsékans dé zot shoi. Kan bann kominis lavé propoz fé la rout dési, pa désou, anlèr, banna la fé annsou, parské bann kominis lavé otroman.
E de poursuivre...
Mintnan sé pi bann galé ki tonm - pou sa i mèt filé - mé kan sé inn plak zéolozik i désanm, n’i gingn pa fé rien. Ankor, nou navé de la shanss. Lo galé la tié in rénionèz, lété dann lèr navé poin tro d-monn. Kan la plak la tonbé, lété 5 èr é demi, si lavé tonm dé zèr pli tar, konbien té tié ?
Le président de Région poursuivra sur les conséquences de la fermeture de la route en corniche et des solutions qu’il est impératif de trouver pour résoudre définitivement le problème de la route du littoral.
Kan i voulé transféré, nou la di nou lété pa kont, mé nou la di nou vé pa bann rout lé pa sékirizé, la rout litoral, lo Kap Laousé, ou Silaos. La, nou lé pa ankor responsabl so bann rout, na demoun i kri, mé kan nou sra responsab pouvréman, koman sora don ?"


Dépassé

Dans leurs éditions d’hier, manifestement renseignés par la même source, “Quotidien” et “Journal de l’île” annoncent un rassemblement d’employés communaux. Ceux qui ont inspiré de tels articles sont incapables d’imaginer que l’on puisse organiser une réunion sans faire appel à une assemblée de cantinières ou de journaliers communaux.
Ceci montre combien les méthodes du passé marquent encore les esprits. Qu’il y ait eu ou pas des emplois-verts dans cette réunion, en quoi cela peut déranger ? Le fait que certains pensent encore qu’il est nécessaire de faire pression sur des travailleurs précaires pour organiser une réunion montre comment ces personnes sont prisonnières de schémas dépassés. Imaginer cela, c’est être en total décalage avec ce qu’est La Réunion aujourd’hui.
Par ailleurs, toujours sur la question de la présence d’emplois-verts à la rencontre d’information d’hier, on peut se demander en quoi on peut interdire à des personnes dont on loue le sens civique de participer à la vie démocratique du pays. Car sur le front de la lutte contre le chikungunya, les emplois-verts mènent une lutte exemplaire.


L’échec d’une manœuvre lamentable

Depuis vendredi, chacun a pu constater qu’une personne a largement bénéficié des médias pour appeler à manifester contre la Région. Pendant plusieurs jours, il a annoncé qu’il allait demander des comptes à Paul Vergès sur l’accident de vendredi dernier.
Malgré la visite du ministre de l’Outre-mer, malgré la présence d’experts du ministère du Transport, malgré les nombreuses explications qui rappellent que l’État a la compétence de la Route du littoral, ce personnage a maintenu son mot d’ordre et il s’est présenté hier devant la Région. Il a alors proféré un flot d’injures.
Jamais on a vu quelqu’un prétendre vouloir rencontrer le président de la Région et l’insulter de la sorte.
La manifestation d’hier contre la Région était une manœuvre politicienne. On a retrouvé dans cette lamentable tentative Rolland Lambert de la Relève, l’indépendantiste Anyèl Boyer, la conseillère générale Patricia Hoarau, le socialiste Pascal Murat et Antoine Franco de Coll’air : une drôle d’union !
Par contre chacun a pu remarquer l’absence de celui qui a poussé à la manifestation. Il n’était pas là, ce qui montre son courage, mais le contraire aurait étonné.


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