Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Le projet de l’ancienne direction d’Air Austral inspire un succès commercial
13 septembre 2016, par

La compagnie low-cost French Blue a commencé sa desserte des Antilles. Elle propose un prix d’appel de 149 euros pour relier la France à la République dominicaine, soit un vol de 8 heures. Le succès dépasse les espérances pour French Blue. Cette compagnie s’inspire du projet de l’ancienne direction d’Air Austral qui proposait des prix 30 % moins chers grâce à l’exploitation en low-cost de l’Airbus A380.
Le 11 novembre 2009, un Airbus A380 s’est posé à l’aéroport Roland-Garros. Cette venue s’inscrivait dans la stratégie d’alors d’Air Austral : faire baisser le prix du billet d’avion entre La Réunion et la France. Pour cela, Air Austral avait passé commande de deux A380 capables d’embarquer 800 passagers. Ils devaient voler sous le pavillon d’Outremer 380, une future compagnie low-cost à créer, filiale d’Air Austral.
L’utilisation de cet appareil et de ce mode d’exploitation devait permettre de vendre des billets 30 % moins chers, toute l’année pour tout le monde et sans subvention.
Cette stratégie était combattue par les partisans du maintien des Réunionnais dans le clientélisme. C’est pourquoi, peu après que Didier Robert se soit octroyé la présidence d’Air Austral, la nouvelle stratégie a stoppé le projet. En effet, la Région Réunion compte sur les aides aux billets d’avion pour se construire une popularité et donc conquérir des électeurs. Ces bons de réduction distribués à des personnes qui veulent voyager en France, sont en réalité une subvention versée aux compagnies aériennes. C’est la collectivité qui finance la réduction. Dans un rapport, la Cour des comptes avait d’ailleurs soulevé le fait qu’une telle pratique n’encourageait pas une baisse réelle du prix du billet d’avion.
Depuis peu, la Région Réunion a continué cette fuite en avant. Désormais, cette aide est également donnée à une catégorie de citoyens vivant en France, capables de prouver un lien avec La Réunion.
Dans l’hémisphère Nord, l’idée de l’ancienne direction d’Air Austral a été reprise par French Blue, elle propose un vol Paris-Punta Cana (République dominicaine) à partir de 149 euros l’aller simple, soit moins de 300 euros l’aller-retour. En trois mois, elle a déjà vendu 20.000 billets. Le premier vol a eu lieu samedi, et quatre rotations sont prévues par semaine. 149 euros est un prix d’appel, en ajoutant les bagages en soute et le repas, le supplément est de 100 euros pour un aller-retour. Cela fait un coût de 400 euros pour 8 heures de vol. Extrapolé à La Réunion, le modèle low-cost pourrait donc permettre un tarif de 500 à 600 euros pour tout le monde et sans subvention. Car French Blue utilise un Airbus A330, qui ne permet pas d’aussi importantes économies d’échelle que l’A380.
Le succès de French Blue montre la justesse de la stratégie de l’ancienne direction d’Air Austral. Il souligne aussi que l’intérêt des Réunionnais a été sacrifié au profit d’intérêts particuliers. Le résultat, ce sont les millions d’euros payés chaque année par la Région, et donc le contribuable réunionnais, alors que cette somme aurait pu être utilisée dans des projets utiles à la population.
M.M.
Nos peines
In kozman pou la rout
Nouvelle illustration de la faillite du système néocolonial
Négociations internationales sur la lutte contre la crise climatique
Des aides publiques de la France possibles
Paris tombera-t-il dans le piège tendu par ceux qui veulent saboter le succès prévisible des prochains Jeux des îles aux Comores ?
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture
Messages
14 septembre 2016, 08:27, par nico
Outremer 380 : 800 passagers dans un même avion. Ca peut paraitre une bonne idée comme vous l’expliquez mais ça l’est moins dans les faits.
En effet, pour obtenir ces économies d’échelle, il faut remplir les avions. 800 passagers sur une même destination et une même fréquence, 5x par semaine...
Chez French Blue, 2 A330 ou bientôt A350, c’est 2 destinations ou 2 fréquences sur la même destination pour le même nombre de passagers. Cette flexibilité de la flotte permet de remplir plus facilement les avions en s’adaptant à la demande.
De plus, le projet 380 allait en quelque sorte cannibaliser Air Austral puisqu’exploitée sur la même ligne CDG-RUN.
French Blue s’attaque à de nouvelles lignes non desservies par Air Caraibes à savoir Punta Cana, puis Reunion et Maurice. Les avions pourront être utilisés sur les lignes Air Caraibes en période de pointe puisqu’il s’agit des mêmes appareils (A330-350) ce qui, une fois de plus, n’est pas le cas chez Air Austral / OM380.
(...). Quant à l’arrivée de French Blue prochainement à la Réunion, c’est pour sur un bon moyen de réveiller une concurrence endormie depuis trop longtemps.