A la ’une’ du ’Quotidien du tourisme’

« Air Austral dans le collimateur de Sarkozy ? »

15 décembre 2008

Journal de référence des professionnels du tourisme en France, le ’Quotidien’ du tourisme faisait le point la semaine dernière sur le projet du gouvernement d’imposer des baisses de prix aux compagnies opérant sur la ligne Paris-La Réunion sans escale. Le ’Quotidien du tourisme’ rappelle que pour Air Austral, l’application d’un tel projet met en péril la compagnie, et ses 700 emplois à La Réunion. Voici cet article du ’Quotidien du tourisme’ paru mercredi.

Pour "le Quotidien du tourisme", les choses sont claires.

La desserte aérienne des départements d’outre-mer est un dossier qui tient particulièrement à coeur au président de la République.Déjà en 2006, Nicolas Sarkozy avait affirmé que ce n’était « pas une simple question de transport » mais relevait de « la réalité du lien physique entre la métropole et l’outre-mer ».
Le 27novembre dernier,il a remis ça en menaçant, devant des élus d’outre-mer, de « taper du poing sur la table » si les transporteurs aériens (Air France, Corsairfly, Air Caraïbes et Air Austral) refusaient de signer le projet de convention qui leur a été proposé début novembre.
« L’accord je le veux,a-t-il déclaré. En dehors des périodes de pointe, il n’y a pas assez d’avions et, pendant la période de pointe, comme par hasard, on se rend compte que l’outre-mer c’est rentable et que le prix des billets explose, ce n’est pas acceptable ». Et d’ajouter : « La continuité territoriale, c’est pour aider les clients que vous êtes, pas pour financer les compagnies, je le dis car je crois que l’on n’a pas tout compris. Après avoir aidé la compagnie, je ne vois pas l’aide de la compagnie revenir sur le tarif du billet,donc on va être obligé de changer de système ».
Un changement de système qui prend concrètement la forme de l’élaboration de nouvelles obligations de service public (lire encadré ci-dessous).
Pour le moment, ni Corsairfly ni Air Caraïbes ne souhaite commenter le dossier. Chez Air France, en revanche, on explique avoir eu plusieurs réunions de travail avec le secrétariat d’État en charge de l’Outre-mer et que « certaines mesures du projet peuvent avoir un impact sur l’économie globale de ce réseau qui est fragile(...) l’objectif est de trouver une approche qui favorise les Ultra-marins sans pénaliser la compagnie ».
Enfin, Gérard Ethève, PDG d’Air Austral, qui est la compagnie la plus montrée du doigt dans cette affaire, précise : « Je pense qu’on nous demande de réduire nos recettes en période de pointe, or, vu notre taille, nous n’en avons pas les moyens si aucun système de compensation n’est mis en place ». Il ajoute : « Je trouve que tout cela est très louable sur un plan politique, mais dégrader nos recettes en ce moment ce n’est pas raisonnable, d’autant que nous subissons aussi la concurrence de compagnies étrangères ». Et de conclure en rappelant que « les systèmes de défiscalisation nous ont aidés c’est vrai... à créer 700 emplois à La Réunion ».


Un projet d’OSP qui pourrait coûter cher... aux transporteurs

Si le gouvernement décide d’arriver à ses fins dans ce dossier en utilisant la méthode des obligations de service public, voici ce qui pourrait se passer. Les transporteurs pourraient être obligés de bloquer15% de places dans leurs avions entre le 15juin et le 15septembre au prix le plus bas de leurs grilles tarifaires annuelles. Idem pour la période allant du20 décembre au 10janvier. Ils seraient également obligés de mettre sur le marché 5% de places par vol au prix le plus bas de la grille tarifaire annuelle, après des réformes sur les aides actuelles auxbillets d’avion (congés bonifiés...).
Les compagnies devraient donner 33% de réduction sur les prix publics pour les personnes défavorisées n’étant pas retournées dans leur collectivité d’origine depuis plus de dix ans, et ce quel que soit le nombre de demandes. Côté bagages, les compagnies pourraient être obligées d’autoriser 25kg de bagages et de s’aligner, pour les kilos supplémentaires, sur les prix pratiqués en métropole. Plus étonnant encore, les compagnies ne pourraient plus facturer de pénalité sur les changements de billets et seraient contraintes de rembourser sans frais des annulations si le prix du billet dépasse d’un tiers le prix le plus bas de la grille tarifaire annuelle. Enfin, des facilités de paiement pourraient être accordées grâce à des partenariats avec les organismes financiers.

(Source "Quotidien du tourisme")

Air Austral

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus