Les Airbus A220 ont-ils été mis en ligne par l’ancienne direction d’Air Austral sans garantie couvrant les conséquences d’un défaut de fabrication ?

Air Austral : étranges explications dans un média pour justifier un besoin de plusieurs millions d’euros à court terme

2 février, par Manuel Marchal

Les Airbus A220 ont-ils été mis en ligne par l’ancienne direction d’Air Austral sans garantie de compensation des pertes d’exploitation en cas d’immobilisation causée par un défaut de fabrication ? Ce serait le surcoût consécutif à l’immobilisation des A220 concernés par des défauts dans les réacteurs qui seraient une des raisons d’un besoin de 5 à 7 millions d’euros à court terme annoncé par Zinfos 974 ce 1er février. Confrontée à une situation analogue dans le passé, Air Austral avait loué un Airbus A380 aux frais du motoriste fabriquant les réacteurs ayant un défaut.
L’impossibilité de survoler le Soudan touche les 3 autres compagnies desservant la France depuis La Réunion, et aucune d’entre elles n’utilise cet argument pour justifier un besoin de trésorerie.
Dans ces conditions, les explications pour justifier ce besoin de trésorerie sont très étranges.

Zinfos 974 fait état de nouvelles difficultés financières à Air Austral. Selon ce média, la compagnie aurait besoin de 5 à 7 millions d’euros, somme que son nouvel actionnaire majoritaire ne serait pas disposés à débourser. L’actionnaire majoritaire n’a rien à voir avec le transport aérien, ce sont des patrons locaux menés par le PDG d’un groupe de cliniques.
Les raisons de ce nouveau déficit interrogent. D’après Zinfos 974, il s’agit tout d’abord des problèmes sur les réacteurs équipant les Airbus A220 qui ont remplacé les Boeing 737 sur les liaisons régionales. Par manque de pièce de rechange, des appareils sont cloués au sol, dit Zinfos 974.
L’autre cause évoquée est la situation politique au Soudan. Elle oblige les avions reliant La Réunion à la France à effectuer un détour qui entraîne un surcoût.

Le motoriste supporte le coût de l’immobilisation, pas Air Austral

Ces arguments sont, semble-t-il, à relativiser. La situation politique au Soudan affecte les survols de toutes les compagnies aériennes reliant La Réunion à la France. Pour le moment, les concurrents d’Air Austral n’ont pas fait état de difficultés à cause de cette situation.
Concernant l’impact des problèmes concernant les Airbus A220, Air Austral fut confrontée à pareil contretemps avec les réacteurs équipant un Boeing 787. Elle loua un Airbus A380 pour le remplacer. Les passagers d’Air Austral embarquaient sur un avion de la compagnie HiFly, qui appartenait auparavant à Singapore Airlines avec l’aménagement luxueux de la compagnie de lancement : seulement 472 passagers. Pour le prix d’un billet en classe affaire, les passagers pouvaient voyager en première classe dans une suite avec lit double, les passagers de premium economy voyageaient en classe affaires et ceux de la classe économique bénéficiaient d’un confort supérieur à l’avion haute densité habituellement en vol.
Le surcoût était manifeste, mais il n’était absolument pas supporté par la compagnie. Tout était pris en charge par le motoriste du Boeing 787, Rolls Royce, responsable du problème. Difficile de croire que dans une situation analogue, Air Austral soit obligée de payer à la place du motoriste cause du problème immobilisant des Airbus A220 quasi-neufs

La gestion « époque Didier Robert » toujours en vigueur ?

Dans ces conditions, les explications invoquée dans un média pour justifier ce besoin de trésorerie sont très étranges. La cause de ce nouveau besoin d’argent frais interroge, car l’injection constante de cash était la méthode de gestion de la compagnie sous l’ancienne direction imposée par Didier Robert. En quelques années, des centaines de millions d’euros de cash sont partis en fumée : ventes d’avion, aides de la Région via l’actionnaire SEMATRA… Cette structure de gestion a-t-elle été remise en cause ?

M.M.

A la Une de l’actuAir Austral

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?