Mobilisation des usagers volés d’Air Bourbon

Air Bourbon : Les mensonges et la mauvaise foi des dirigeants de Coll’Air

13 décembre 2004

Hier matin, plusieurs dizaines de clients de la compagnie Air Bourbon se sont réunis devant la préfecture à Saint-Denis afin de demander aux autorités de l’État de faire respecter leurs droits. Un combat légitime, que soutient le collectif des usagers d’Air Bourbon. Dans ce combat difficile, les usagers d’Air Bourbon ont soi-disant reçu le soutien des responsables de l’association Coll’Air. En fait, c’est un piège grossier que ces derniers ont tendu aux victimes d’Air Bourbon en assénant des mensonges éhontés et en faisant preuve d’une mauvaise foi inadmissible.

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Hier matin, plusieurs dizaines de clients de la compagnie Air Bourbon se sont réunis devant la préfecture à Saint-Denis afin de demander aux autorités de l’État de faire respecter leurs droits. Un combat légitime, que soutient le collectif des usagers d’Air Bourbon.
En effet, ces personnes ont acheté des billets de voyage à la société dirigée par Érick Lazarus, qui a été mise en liquidation judiciaire la semaine dernière par le Tribunal de commerce. Et aujourd’hui, elles demandent tout à fait normalement à l’État de faire en sorte qu’elles puissent utiliser ces billets pour voyager ou bien qu’elles soient remboursées.
Cette revendication est juste. Car l’argent versé par les passagers ne peut pas avoir été utilisé par quiconque sinon pour financer leur voyage, qui n’a pas encore eu lieu. Donc, l’État doit faire respecter la loi par la compagnie aérienne, par les assurances ou par lui-même afin que les passagers ne soient pas volés. C’est ainsi que cela se passe dans un État de Droit. C’est ainsi que cela s’est passé lorsque la compagnie Air Lib a été liquidée.
Cette exigence des passagers floués d’Air Bourbon est d’autant plus légitime que le responsable de la compagnie n’a toujours pas dit la vérité en répondant à la question : où est passé l’argent versé par les clients ?

Un piège grossier

Dans ce combat difficile, les usagers d’Air Bourbon ont soi-disant reçu le soutien des responsables de l’association Coll’Air. En fait, c’est un piège grossier que ces derniers ont tendu aux victimes d’Air Bourbon en assénant des mensonges éhontés et en faisant preuve d’une mauvaise foi inadmissible.
En effet, on a pu entendre Gilbert Gérard déclarer hier sur les ondes de Télé-Réunion que les usagers devraient s’adresser à la Région Réunion parce que celle -ci est soi-disant "contre la continuité territoriale". Ceci est complètement faux.
Tous les Réunionnais savent en effet le combat mené depuis des années par les dirigeants de la Région pour faire respecter par le gouvernement le droit des Réunionnais à la continuité territoriale. Ils savent également comment la Région Réunion et toutes les forces vives du pays ont dénoncé les insuffisances de la dotation accordée par le gouvernement au titre de la mobilité.
Par ailleurs, Antoine Franco, autre dirigeant de Coll’Air, affirme dans un communiqué, que la Région doit utiliser cette dotation de l’État - trois millions d’euros soi-disant "disponibles à la trésorerie régionale" - pour rembourser les passagers d’Air Bourbon.
Ceci est également faux. Et les dirigeants de Coll’Air savent parfaitement que cet argent n’est pas disponible en l’état. En effet, depuis le mois de juin dernier, la Région a fait tout ce qu’il fallait sur ce dossier : elle a délibéré pour fixer les critères permettant aux Réunionnais les plus défavorisés de profiter de la dotation de l’État pour la mobilité. Mais cet argent ne peut pas être utilisé car le dispositif doit auparavant être approuvé par Bruxelles à la demande du gouvernement français. Ce qui n’a toujours pas été fait.
Les dirigeants de Coll’Air sont informés de tous ces faits. Alors pourquoi mentent-ils ainsi ? Pourquoi font-ils preuve d’autant de mauvaise foi ? Les dernières élections leur ont pourtant montré que la démagogie ne paie pas. Mais ils persistent et ils signent.
Enfin, il faut savoir que la Région a demandé récemment au gouvernement dans quelles conditions la dotation de mobilité attribuée par l’État pourrait éventuellement être utilisée en faveur des passagers d’Air Bourbon privés de vol. Jusqu’à présent, Paris n’a pas répondu à cette demande de la Région.

L. B.


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