Nationalisation de AIG, conséquences pour La Réunion ?

ILFC : Un acteur stratégique du transport aérien change de propriétaire

18 septembre 2008, par Manuel Marchal

La Banque centrale américaine prête 85 milliards de dollars à AIG, premier groupe US dans les assurances. En échange, l’Etat devient propriétaire de 79,9% du capital. Cette nationalisation a un intérêt stratégique, car AIG est le propriétaire d’ILFC, premier client des avionneurs Boeing et Airbus. ILFC a décidé de commander 300 avions, quel sera le choix de la Maison-Blanche ? Par ailleurs, toutes les compagnies qui desservent La Réunion deviennent du jour au lendemain les clients d’une filiale d’une entreprise qui appartient à l’administration des Etats-Unis. La crise ne fait pas que des perdants à Washington.

De très nombreuses compagnies aériennes sont les clientes d’ILFC. Ce loueur d’avion est devenu hier la filiale d’une entreprise nationalisée par le gouvernement des Etats-Unis.

Au bord de la faillite, le premier assureur américain vient d’être sauvé par l’intervention de la Banque centrale américaine. La FED prête 85 milliards de dollars pour que ce groupe puisse résister à la crise financière. En échange, l’Etat devient propriétaire de 79,9% du capital. C’est une nouvelle nationalisation au pays des idéologues de la mondialisation ultra-libérale.
L’ensemble des actifs de l’assureur, plus de 1.000 milliards de dollars, sont apportés comme garantie.
Personne n’a voulu venir en aide à cette entreprise comptant plus de 74.000 salariés, et qui aux Etats-Unis, est l’assureur le plus connu. C’est donc l’Etat qui intervient en préservant AIG plutôt que de laisser faire la "concurrence libre et non faussée".
Même si ces événements se passent très loin d’ici, ils concernent La Réunion. Car voici quelques années, AIG a acheté ILFC, un loueur d’avion. ILFC est le plus gros client mondial de l’industrie aéronautique. Il possède une flotte de 900 avions, et dispose d’une telle force de frappe qu’il peut contraindre Boeing et Airbus à baisser les prix de 30%. ILFC est aujourd’hui dirigé par la branche services financiers de AIG.
Cela veut donc dire que ILFC fait la pluie et le beau temps dans l’industrie aéronautique. Et depuis hier, c’est la Maison-Blanche qui détient la maison-mère de cette entreprise.
Récemment, le dirigeant d’ILFC avait indiqué qu’il prévoyait de commander 300 avions à Airbus et Boeing. Si cette commande a lieu, quelle sera la répartition entre les deux grands groupes industriels ? des milliers d’emplois sont en jeu en Europe et en Amérique du Nord.
Mais plus près de nous ILFC joue un autre rôle. Car s’il achète des avions, c’est pour les louer. Et il a de très nombreux clients dans le monde.

Toutes les compagnies sont concernées

ILFC loue des avions aux compagnies qui dominent le marché mondial des transports aériens, notamment Air France-KLM, Emirates, American Airlines, Delta Airlines, Continental Airlines, Cathay Pacific. Dans notre région, les clients d’ILFC sont Air Austral, Air Mauritius, Air Madagascar, Air Seychelles et South African Airways. Il est à noter également que le groupe allemand TUI, propriétaire de Corsairfly, est également un client d’ILFC.
C’est donc un acteur majeur du transport aérien qui vient de passer sous le contrôle d’une entreprise nationalisée par Washington.
Cette filiale d’AIG sera-t-elle vendue pour rembourser le prêt consenti par la Banque centrale américaine ? C’est la thèse défendue par Robert Brusca, économiste chez FAO Economics. D’après lui, le taux d’intérêt du prêt est « extrêmement élevé », ceci afin de pousser AIG à vendre ses filiales pour rembourser au plus vite.
Mais le niveau d’intégration d’ILFC dans AIG est assez poussé car le loueur d’avion relève de la direction des services financiers de l’assureur, ce qui est devenu son cœur de métier.
Autrement dit, le gouvernement américain n’a-t-il pas saisi une occasion pour mettre la main sur un acteur décisif du transport aérien mondial ?
En tout cas, depuis hier, le premier client d’Airbus et de Boeing, et le propriétaire d’avions de compagnies qui se posent à Gillot, est devenu une filiale d’une entreprise nationalisée par la Maison-Blanche.

Manuel Marchal


Faillite de Lehman Brothers

Conséquence pour les banques en France

Dans son édition d’hier, "les Echos" précise les risques encourus par les banques françaises à la suite de la faillite de Lehman Brothers.
Citant un communiqué de BNP-Paribas, "les Echos indiquent que « la première banque française est exposée à "environ 400 millions d’euros" au total ».
Quant à la Société générale, elle « affiche une exposition de quelque 479 millions d’euros ».

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