Vol inaugural et baptême à Pierrefonds de l’ATR 72-500 ’Eugène Dayot’

8 août 2008

Pour la compagnie régionale Air Austral, la mise en service d’un nouvel ATR 72-500 renforce les liaisons Saint-Pierre/Saint-Denis et les correspondances avec tous ses vols vers la France - Paris, mais aussi désormais Toulouse, Lyon et Marseille - et les destinations du réseau régional - Maurice et Mayotte pour commencer, et bientôt l’Afrique du Sud et les Seychelles. Dans une conjoncture internationale difficile, la progression de la compagnie régionale se poursuit.

Frédéric Fontaine, un jeune commandant, pilote et instructeur de la compagnie régionale. (photo PD)

La dernière acquisition d’Air Austral est un ATR 72-500, la dernière version de l’ATR 72 construite à Toulouse par la filiale d’AirBus et EADS. Il est arrivé le 4 août à la base technique d’Air austral, convoyé en quatre escales (Malte, Assouan, Nairobi, Mayotte) par un jeune commandant, pilote et instructeur de la compagnie régionale, Frédéric Fontaine, qu’accompagnaient deux autres pilotes.
Le baptême était prévu pour le mercredi soir, à Pierrefonds, pour bien marquer la volonté de désenclavement du sud et de renforcement de “l’effet navette”, doublé de prolongements tant dans la région OI que vers la France continentale.
L’"Eugène Dayot" s’est posé vers 19h30 à Pierrefonds, où l’attendaient près de 300 personnes invitées par le Syndicat mixte de la zone aéroportuaire du Sud, actuellement présidé par Roland Hoarau, adjoint au maire de Saint-Pierre et conseiller régional d’opposition. Son prédécesseur, Elie Hoarau, ancien maire de Saint-Pierre et co-fondateur de la zone aéroportuaire du Sud, était présent dans l’assistance.
Le Syndicat mixte, Air Austral et la Région avaient concocté une fête créole à la hauteur de l’événement que signifie, pour une compagnie, l’arrivée d’un nouvel avion - baptisé de surcroît du nom d’un poète remarquable entre tous.
L’"Eugène Dayot", donc, était attendu en bout de piste par un camion des pompiers, qui ont sorti la lance incendie pour quelques secondes de baptême aérien. A bord avaient pris place, outre le président du Conseil régional et la vice-présidente Catherine Gaud, des membres du directoire d’Air Austral et de l’aviation civile, des hôtesses de la compagnie dans leur nouvelle livrée jaune d’or et la presse (non sudiste), tous accueillis à leur descente de la passerelle par le PDG d’Air Austral, Gérard Ethève.
Roland Hoarau, président du syndicat mixte de Pierrefonds, a entraîné tout le monde sous le hangar où était dressé un buffet, avec au centre un podium pour les musiciens qui, avec Frédéric Joron (Ousanousava) allaient pendant plus de deux heures, donner le ton de la soirée.
Mais auparavant, le président de l’aéroport a accueilli ses hôtes de quelques mots de bienvenue chaleureux, saluant l’importance de ce renforcement des liaisons sud-nord-sud dans le dispositif des correspondances vers des vols régionaux ou longs courriers. Gérard Ethève, à son tour, a rendu hommage aux deux premiers présidents du Conseil de Surveillance d’Air Austral, Pierre Lagourgue et Paul Vergès, dont l’obstination a donné « un bon exemple de ce qui peut se faire de bien à La Réunion, avec cette compagnie régionale qui fait la fierté de l’île ».

Renforcement du trafic régional

Air Austral a transporté depuis 1998 - date de la mise en service de Pierrefonds, Ndlr - plus de 7 millions de passagers, dont 1,3 million vers l’Hexagone (depuis 2003). En dix ans, l’aéroport de Pierrefonds a accueilli 425.000 passagers. « Le cap des 500.000 sera atteint avant la fin de l’année » a ajouté le PDG d’Air Austral. Pour mieux marquer l’ancrage sudiste, le nouvel avion a été immatriculé F-OZSE - ZSE étant le code international de Pierrefonds.
Depuis l’acquisition du premier ATR 72-500, en 2000, seule l’île Maurice était desservie au départ de l’aéroport de Saint-Pierre. L’arrivée d’un nouvel ATR 72-500 vient d’abord renforcer le trafic régional, en commençant par le trafic avec l’île Maurice, dont la fréquence depuis Saint-Denis doit augmenter de 35% - avec un choix d’horaires plus large - et depuis Pierrefonds, de 20%.
Le programme IATA 2008-2009 comporte 2250 h de vol pour la flotte ATR. De plus, avec le renforcement des fréquences (+ 50%) entre les deux aéroports de La Réunion, et les correspondances, non seulement s’installe une liaison quotidienne entre Pierrefonds et Paris, mais aussi les correspondances (à Gillot) entre Pierrefonds et les vols à destination et en provenance des villes de province desservies. Bientôt Mayotte, Johannesburg et les Seychelles seront reliés tous les dimanches, au départ de Pierrefonds, via Saint-Denis.
Le PDG d’Air Austral ne pouvait pas passer sous silence la question des tarifs aériens. Qualifiant de "tsunami pétrolier" les hausses récentes, Gérard Ethève a rappelé que sur les trois derniers mois, la hausse du prix du kérosène a été de 30% et qu’il a triplé sur les trois dernières années. C’est l’élément déterminant dans la fixation du prix des billets. « Ce prix ne relève pas d’une volonté commerciale d’Air Austral » a-t-il dit en répétant l’engagement de la compagnie et de l’ensemble de ses actionnaires publics et privés pour, au contraire, « limiter les conséquences pour les passagers ».

Réunion/France... bientôt en “low cost” ?

Mais dans la conjoncture présente, la seule parade semble résider dans le nombre des passagers transportés sur chaque vol. C’est ce qu’a rappelé Paul Vergès, président de Région et président du Conseil de Surveillance - après un intermède poétique autour de l’œuvre d’Eugène Dayot - en rappelant l’initiative d’Air Austral, de demander à Airbus un A 380 pour 852 passagers sur la liaison Réunion/France.
C’était il y a environ six mois, selon le Secrétaire général d’Air Austral, Michel Frappier de Montbenoit, et on apprenait hier que cette initiative de la compagnie régionale a fait des émules... à Air France-KLM dont le PDG, Jean Cyril Spinetta, ferait étudier la possibilité de vols longs courriers de mille places - selon l’information parvenue en retour jusqu’au Conseil de surveillance d’Air Austral. Les stratégies des compagnies aériennes n’ont pas de frontières... et il ne faut pas désespérer de voir un jour le billet d’avion Réunion/France rejoindre des prix plus raisonnables.
Tout en saluant les innovations d’Air Austral à la faveur de cette nouvelle acquisition, Paul Vergès a conclu sa brève intervention en rappelant l’importance décisive des liaisons aériennes, « un problème clé du développement durable de La Réunion » a-t-il dit.
Le vol inaugural est reparti vers 22 h 30 avec ses quelques dizaines de passagers. La liaison Saint-Pierre/Saint-Denis s’est faite, comme à l’aller, en 20 minutes et, de nuit, le survol de l’île offre au regard l’enchevêtrement complexe des coulées lumineuses de nos routes, bâtiments et résidences, entrecoupées de zones d’une dense pénombre, qui sont celles où la nature triomphe encore : ravines, estuaires, cônes de déjection et forêts font figure de “trous noirs” dans ce maillage lumineux et multicolore.
Le dialogue entre l’aménagement humain et la nature réunionnaise s’exprime, à la nuit tombée, avec la force crue de ses contrastes.
A quand, son entrée en images dans nos livres de géographie ?

P. David


Les nouveautés de l’ATR

Un nom de poète.
Depuis environ cinq ans, Air Austral donne des noms à ses flottes. Les trois Boeing 777 acquis pour les deux premiers en juin 2003, puis en juin 2005 ont été baptisés : “Pierre Lagourgue”, du nom du deuxième président de la Région Réunion, co-fondateur en octobre 1990 de la SEMATRA qui donna naissance, un mois plus tard, à Air austral ; “Marcel Goulette”, un pionnier de l’aviation réunionnaise et “Caribou”, qui signifie Bienvenue en mahorais.
Le premier ATR est resté sans nom et Air Austral a décidé, à l’arrivée de ce deuxième ATR 72-500, de donner désormais à ses avions des noms de poètes. Eugène Dayot (1810-1852) ouvre la série. Atteint très jeune de la lèpre (« Vingt ans et mutilé !... Voilà quelle est ma part »), il est mort à 42 ans en laissant une œuvre poétique, un roman "Bourbon pittoresque" qui est le premier essai romanesque magnifiant l’épopée des esclaves fugitifs, les "marrons". Dayot, qui fut en son temps un journaliste et chroniqueur courageux, a laissé des traces d’un engagement civique qui l’a fait se dresser contre l’esclavage et contre la peine de mort, comme le ferait bientôt Victor Hugo.
Le nom d’Eugène Dayot reste accolé aux mots « d’Amour et de Liberté » a relevé pour sa part le patron des éditions Azalées, qui prépare une nouvelle parution des œuvres de Dayot, comprenant des "correspondances inédites" qui, selon l’éditeur, viennent éclairer l’engagement du poète.

Un nouveau design.
Cet avion est le premier de la flotte à recevoir "la nouvelle livrée » d’Air Austral. Une vague symbolisant l’océan remplace les lignes bleu marine et bleu turquoise sur fond blanc. L’empennage est couvert de fleurs stylisées (évoquant celle de l’alamanda) en filigrane bleu.
Ce même design apparaîtra sur les deux prochains Boeing 777-300 ER qui seront réceptionnés en février-mars 2009, en attendant les commandes d’Air Bus - une première, confirmée pour 2013-2014 et une autre à venir, qui a donné lieu à un mémorandum d’agrément, pour 2015.

Les atouts de La RéunionAir Austral

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