Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Election présidentielle aux Maldives
2 octobre 2023, par

L’élection de Mohammed Muizzu à la tête du pays le 30 septembre devrait marquer un changement de cap diplomatique pour les Maldives, tiraillées entre Chine et Inde. Le candidat prochinois a largement devancé le chef de l’État sortant Mohamed Solih, qui a œuvré au renforcement des liens avec l’Inde, allié traditionnel de l’archipel.
Selon les résultats de la commission électorale, Mohamed Muizzu, 45 ans, a obtenu 54,06% des suffrages face au président sortant de 61 ans qui a aussitôt concédé sa défaite en adressant ses « félicitations » à son rival, sur X.
Une politique étrangère pro-chinoise
La victoire de Mohamed Miuzzu pourrait entraîné un rapprochement avec la Chine, dans une région hautement stratégique. Avec un tourisme de luxe, cet archipel de l’océan Indien se situe sur l’une des routes maritimes les plus fréquentées du monde dans une zone où l’Inde et la Chine rivalisent d’influence.
Mohamed Muizzu, candidat de la coalition du Parti progressiste des Maldives (PPM) et du Congrès national du peuple (PNC), a évoqué les aides financières accordées par la Chine dans le cadre des « nouvelles routes de la soie » (Initiative La Ceinture et La Route), gigantesque projet chinois d’investissements dans les pays en développement.
Son parti était entré dans l’orbite de Pékin durant le mandat de son mentor Abdulla Yameen (2013-2018), Quand il était au gouvernement d’Abdulla Yameen, Mohamed Muizzu, actuellement maire de Malé, avait été le fer de lance d’un projet de pont financé par la Chine, pour un coût de 200 millions de dollars, reliant la capitale au principal aéroport du pays.
Le premier tour de la présidentielle lui avait déjà donné une confortable avance (46,1% contre 39,1%) face au président sortant Ibrahim Mohamed Solih qui s’est efforcé, pendant son mandat, d’améliorer les relations tendues avec New Delhi.
Admettant sa défaite, Mohamed Solih a tenu « à féliciter la population qui a participé à un processus démocratique et pacifique ».
Le taux de participation s’est établi à 85% pendant le second tour, au cours duquel l’organisme de surveillance Transparency Maldives a relevé quelques incidents de « violence électorale ». La police a annoncé avoir arrêté 14 personnes pour violation des règles électorales.
Deux diplomaties en opposition
En 2018, Mohamed Solih avait remporté une victoire surprise à la présidence en succédant à Abdulla Yameen, actuellement en prison pour corruption et blanchiment. Il avait reproché à son prédécesseur d’avoir poussé le pays dans le piège de la dette chinoise en empruntant massivement pour les infrastructures.
À l’époque, le virage du gouvernement de Abdulla Yameen au profit de la Chine avait alarmé New Delhi, qui s’inquiète, comme les occidentaux, de l’influence croissante de la Chine dans l’océan Indien.
À son arrivée au pouvoir, Mohamed Solih a alors rétabli les relations de l’archipel avec New Delhi, en invitant le Premier ministre indien Narendra Modi à assister à son investiture et en permettant de renforcer sa petite présence militaire.
Durant la campagne pour sa réélection, il a cherché à rallier des soutiens en faisant campagne sur des questions locales, telles que le logement. Tandis que le parti de Mohamed Muizzu avait, lui, centré le débat sur la diplomatie en critiquant le rapprochement de Mohamed Solih avec l’Inde.
Son parti du PPM et des groupes militants ont régulièrement organisé des manifestations exigeant une baisse de l’influence indienne dans le pays. Pendant la campagne, les alliés de Mohamed Muizzu ont affirmé que son élection contribuerait à débarrasser le pays de toute ingérence étrangère, évoquant indirectement l’Inde.
Mohamed Muizzu a lui ouvertement fait part de son intérêts pour la Chine. « Nous sommes impatients de revenir au gouvernement en 2023 (...) pour écrire un nouveau chapitre de liens forts entre nos deux pays », avait-il déclaré lors d’une réunion avec des membres du Parti communiste chinois l’an dernier.
Pendant la campagne, l’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmed Shaheed avait toutefois assuré à l’AFP que le prochain président « devra trouver un équilibre les intérêts de l’Inde et de la Chine ». « Vous ne pouvez pas rejeter l’Inde et survivre », avait-il prévenu.
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