Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
12 décembre 2009, par

• Rachid Attoumane
De l’engagement bénévole à l’économie sociale
Hier la création d’entreprise a été abordée. Aujourd’hui, c’est l’engagement bénévole à l’économie sociale avec Rachid Attoumane, intervenant à la 1ère Rencontre de la jeunesse réunionnais de dimanche de la semaine dernière à Saint-Denis.
« Je ne sais pas si je fais de la politique, mais je sais que je suis un acteur dans la vie de ma cité.
Il y a mon intérêt pour le développement et l’animation de mon quartier. Il y a mon engagement bénévole au service du mieux être et du mieux vivre ensemble.
Voilà mes engagements. Des engagements que beaucoup d’entre nous partagent.
Ceci pour dire qu’avant même de nous intéresser de près à la politique ou à l’action politique, nous nous engageons déjà dans la vie de notre quartier, de notre cité.
Nous nous réunissons entre jeunes pour organiser des manifestations culturelles, sportives ou autres, et souvent de manière informelle.
Nous nous regroupons au bas d’immeuble, dans un square ou à tout autre endroit où nous pouvons échanger, discuter et formuler des propositions pour apporter notre contribution à la vie de nos quartiers. Notre principale préoccupation c’est avant tout : « Kosa mi peut fait pou fait bouge mon kartié ? ».
Nous avons ainsi régulièrement pratiqué, sans le savoir, un fonctionnement proche de celle d’une association, qui elle est plus organisée, plus encadrée et surtout légale.
Quant nous découvrons cette forme d’organisation et que nous la pratiquons, nous donnons encore plus de sens et de crédibilité à nos engagements bénévoles et à nos actions en faveur des habitants.
« Nou dit que nou la trouve in support pou mèt en l’air la solidarité et l’initiative des zabitants pou accompagne le dévelopeman de zot quartier, de zot ville »
Or, la situation du secteur associatif à La Réunion nous interpelle.
Il faut savoir que La Réunion comptait 5.393 associations pour près de 15.000 salariés, au début de l’année 2005, et certainement un peu plus aujourd’hui.
Leurs actions portent sur la santé, le social, les services à la personne, la culture et les loisirs, entre autres, et jouent ainsi un rôle très important dans le quotidien des réunionnaises et des réunionnais.
Le volontariat, la participation active, la relation d’entraide, la capacité d’organisation, la prise de responsabilité et la qualité du lien social, sont autant d’atouts et de valeurs qui caractérisent l’engagement et le travail des acteurs associatifs.
Ce tissu associatif dont on dit qu’il est très riche et dynamique dans notre pays, connaît malheureusement ces derniers temps des fortunes diverses.
En effet, devant les nombreuses associations qui continuent à se créer et qui perpétuent par là même l’engagement bénévole, nombreuses sont celles qui jettent l’éponge et mettent la clé sous la porte, quand elles ne sont pas purement et simplement liquidées.
En effet, en s’efforçant de répondre au mieux aux problèmes sociaux, tout en restant fidèles au principe de non lucrativité, les associations doivent faire face aujourd’hui le plus souvent au problème de financement de leurs actions.
La question est : qui paie le social ?
Dans la sphère de la puissance publique qui reconnaît que le secteur est créateur d’emplois et qu’il constitue un volant social unique qu’il faut protéger et encourager, les décisions qui ont été prises ont été malheureusement loin des bonnes intentions.
Les jeunes en ont payé un lourd tribut
En témoigne l’abandon, « sur le bord du chemin » , des milliers d’emplois jeunes qui avaient contribué, avec leurs employeurs associatifs, à produire des services de qualité pour lesquels le marché n’offrait pas de réponse immédiate.
De plus, confortées par le souhait du Gouvernement d’assurer l’avenir d’activités qui prouvaient leur utilité et leur qualité, les associations qui avaient embauché des emplois jeunes, ont réellement cru en la reconnaissance publique de l’efficacité sociale et économique de leurs actions.
Cependant, force est de constater que la réalité de l’action publique et les diverses mutations politiques, s’opèrent trop souvent sans tenir réellement compte de l’investissement profond des acteurs et entrepreneurs de terrain, que sont notamment les associations.
On ne doit plus subir indéfiniment les fausses bonnes intentions qui mettent à mal des engagements citoyens
De plus et en dépit de l’engagement désintéressé de ses bénévoles, l’association à but non lucratif est durement confrontée :
aux contraintes administratives qui entourent son organisation et sa gestion,
aux réalités économiques et sociales qui mettent à mal ses moyens, surtout financiers,
à la difficulté d’inscrire ses activités dans la durée et par conséquent de préserver les emplois créés,
au manque de formation des dirigeants élus face à la spécialisation des domaines d’intervention,
aux exigences d’une population en besoin constant d’activités, de soutien et d’accompagnement, que ne peut lui offrir le secteur public et marchand.
Devant cette liste non exhaustive de difficultés, nous pensons que le mouvement associatif doit être accompagné et mieux structuré dans ses missions d’utilité et de lien social :
si l’on veut éviter les effets négatifs comme ceux du dispositif emploi-jeune,
et si l’on veut préserver ce qui existe encore de mobilisation d’énergies bénévoles, au service des causes qui servent l’intérêt général.
Les associations, comme toute autre forme d’organisation, ont besoin de se retrouver, d’échanger, de mutualiser, de s’unir pour rendre plus cohérent, plus sur et encore plus efficace, les actions qu’elles mettent en œuvre sur un territoire.
À l’échelle de notre département, n’y a-t-il pas nécessité de se regrouper pour défendre d’une seule voix les intérêts communs des associations et contribuer ainsi à lancer les bases d’une meilleure structuration et d’une meilleure prise en compte des difficultés qui entourent ces acteurs de l’économie sociale et solidaire ?
Nous les jeunes, nous mesurons les responsabilités qui sont les nôtres dans le devenir de notre pays. Encore faut-il que les outils qui nous permettent aujourd’hui de nous exprimer, de montrer nos savoir-faire ou d’avoir un emploi tout simplement, ne soient pas constamment affaiblis et sacrifiés sur l’autel des incessantes mutations politiques ».
« Nou la besoin des associations si nou veut garder encore ce lien social fort qui fait la richesse de nos quartiers, de nos cités, qui mette souvent en valeur les habitants et qui place toujours l’humain au centre des préoccupations ».
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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