Face à l’impasse, l’urgence d’une Conférence territoriale élargie pour construire l’avenir de La Réunion
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Déclaration de politique générale du Premier ministre
10 avril 2014, par

La hausse de 500 euros du salaire net annuel pour les travailleurs les moins bien payés bénéficiera-t-elle vraiment aux travailleurs ?
Le discours de politique générale de Manuel Valls a annoncé de nouvelles exonérations pour les entreprises. Il reste à vérifier quelles seront les implications pour La Réunion de telles mesures. Car depuis déjà de nombreuses années, les entreprises à La Réunion ont des exonérations spécifiques. Ce sont les différentes lois de programme et lois d’orientation qui ont construit tout un édifice bien différent du droit commun en France. Si à 10.000 kilomètres d’ici, les gains des patrons seront sans doute appréciables, l’application à La Réunion ne donnera pas forcément les mêmes résultats. CGPME et MEDEF ont d’ores et déjà affirmé que cela ne changera rien pour leurs adhérent.
Malgré tout, plusieurs certitudes peuvent déjà être énoncées. Tout d’abord, le Premier ministre n’a demandé aucune contrepartie aux entreprises en échange de ces nouvelles exonérations. Là dessus, aucun changement n’est à noter par rapport au régime actuel à La Réunion. Car pour le moment, aucun gouvernement n’a mis les exonérations sous condition d’embauche.
Ce qui changera aussi, c’est le niveau de rémunération des travailleurs payés au SMIC. Manuel Valls n’a pas annoncé le retour du RSTA. Mais il a indiqué que le salaire net augmentera de 500 euros par an suite à une baisse des prélèvements sur le salaire brut. Cette mesure est limitée aux salaires les plus bas. À La Réunion, la part de travailleurs payés aux SMIC est bien plus importante qu’en France. Cela veut dire que la bouffée d’oxygène sera relativement plus importante. Reste à savoir si elle bénéficiera véritablement aux travailleurs. D’une part, il sera nécessaire d’être attentif sur l’évolution des prix, afin que cette hausse de salaire net n’accélère pas l’inflation. D’autre part, le financeur des mesures annoncées risque bien d’être justement le travailleurs qui vient juste d’être augmenté.
Le Premier ministre a annoncé une diminution de 10 milliards de la subvention de l’État aux collectivités. À La Réunion, la tendance est à l’augmentation des dépenses à cause de facteurs structurels. La hausse de la population entraine un plus important besoin de service public. La crise économique et sociale fait que les pauvres se tournent vers les collectivités pour répondre à leurs demandes urgentes. La baisse de la dotation de l’État va donc amener les communes à prendre des décisions. Les choix sont limités. Entre la diminution du nombre d’employés communaux et la hausse des impôts, c’est sans doute la seconde possibilité qui sera retenue. Or le contribuable est justement la personne qui peut bénéficier d’une hausse de salaire net. Mais cette augmentation risque bien de financer l’augmentation des impôts dans les communes.
Nul doute qu’au lendemain des municipales, pareille situation serait loin d’amener l’apaisement. En 2012, les Réunionnais ont voté à 72% pour François Hollande. Moins de deux ans plus tard, la tendance s’est inversée. Les espoirs mis dans le changement de président en France ont été reportés sur les maires. Si les jeunes, les chômeurs et les familles ne trouvent pas leur compte, alors l’explosion sociale ne tardera pas.
C’est bien la crise qui va s’aggraver, à cause d’un cadre inadapté à la situation actuelle.
Sur ce point, le Premier ministre a clairement plaidé contre le statu quo. Il souhaite lancer le débat sur la suppression des conseils départementaux en 2021. Pour La Réunion, cela impliquerait que la Région serait la seule assemblée à cet horizon.
Réagissant au discours de Manuel Valls, Nassimah Dindar constate que la réforme de la carte des cantons et le conseil départemental n’existera que pendant un seul mandat. Autrement dit, beaucoup d’énergie pour pas grand chose. Elle rappelle qu’un travail est en cours, pour présenter des propositions sur la réorganisation administrative au mois de juin.
Pourquoi en effet ne pas lancer dès maintenant ce débat pour que la réforme puisse être sur les rails plus tôt qu’annoncée.
M.M.
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Messages
11 avril 2014, 04:49, par Bayoune
Les 30 milliards d’exonération de charges pour les patron, il faudrait souligner qu’il s’agit du salaire différé des travailleurs, salaire versé à l’URSAFF pour la maladie, les prestations sociales et familiales, ce qui voudrait dire creusement davantage d’un déficit qui n’existe pas - mais qui permet au gouvernement d’engraisser les patrons qui ne donneront rien en échange, Gattaz l’a déjà dit. D’autre part le 500 euros pour les travailleurs ce sera en raison d’une baisse des prélèvements, c’à d la part que paient les travailleurs, toujours à la S.S, une assurance pour ses besoins de la vie courante, maladie, soins hospitaliers, maternité etc... en diminuant ces cotisations sociales, cs sont les travailleurs qui paieront son augmentation en diminuant ces soins, et demain sa retraite. Il faut qu’ils sachent, qu’il cour le risque de ne plus avoir de retraites, sans ou diminution des cotisations sociales