Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Présentation des 25 propositions du PCR
23 février 2015, par

Le Parti Communiste Réunionnais a présenté “officiellement” ses 25 propositions pour « une nouvelle politique à La Réunion », devant une foule de militants et d’invités, tels que Audrey Belim, Gérard Françoise et Laurence Lougnon du Parti Socialiste et Rémy Massain du Parti Radical de Gauche.
L’objectif de cette réunion publique était de « faire connaitre à l’opinion publique réunionnais nos propositions pour répondre à l’urgence sociale et pour l’avenir de La Réunion », a expliqué Yvan Dejean, co-secrétaire du PCR.
Au cours de son allocution, Ary Yée Chong Tchi Kan, co-secrétaire général du PCR, a fait le bilan de 70 années de luttes menées par son parti et désormais confirmées par l’actualité. Dans un contexte international instable, « cela demande du temps et de la réflexion » d’analyser les évènements, a expliqué ce dernier, qui a rappelé que le PCR s’est inscrit dans « un mouvement de progrès », lors de la création des partis communistes dans le monde.
Ce dernier a évoqué l’héritage de La Réunion, dont le peuple naquit il y a 350 ans. Une histoire, dans laquelle « le PCR a son rôle, on est obligé de regarder l’avenir et de penser à la cohésion et l’unité des réunionnais, en phase avec la nature ». Cette mise en perspective a entrainé plusieurs victoires pour le PCR, comme le Maloya, qui est « sorti de l’oppression culturelle », le 20 décembre « fêté clandestinement » et désormais « célébré et chômé ». « Les combats ont abouti » également en ce qui concerne la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’Humanité.
Pour le PCR, « chaque décision occasionne des conséquences », raison pour laquelle « en tant que communiste, on fait appel à l’histoire et place nos décisions dans le cadre de certaines idées pour l’avenir et le développement » de La Réunion. Un fait est certain pour Ary Yen Chong Tchi Kan, « l’Histoire sera intraitable vis-à-vis des décideurs actuels qui ont supprimé le tram train ».
Assurant qu’un débat aurait pu être engagé pour améliorer le projet, si celui-ci ne convenait pas, le co-secrétaire général du PCR a assuré qu’alors il n’y aurait pas eu une crise sans précédent dans le secteur du BTP, où plus de 10.000 empois sont menacés. « Les élus irresponsables sont ceux qui ont cru régler un compte aux dirigeants du PCR ou de l’Alliance, mais ce sont les travailleurs qui ont tout perdu ».
Evoquant les générations passées depuis 1946, Ary Yen Chong Tchi Kan a tenu à rappeler à la génération actuelle et celles à venir du rôle qu’elles auront à jouer dans l’Histoire de La Réunion et la défense du peuple réunionnais. Une défense qui prend corps en 1945, lors de la création du CRADS (Comité républicain d’action démocratique et sociale), destiné à imposer au gouvernement français l’égalité entre les continentaux et les Réunionnais.
Alors que certains représentants politiques réunionnais de droite comme de gauche constataient les avancées sociales en France, « ils ont décidé de se rassembler » autour d’un « projet de transformation de La Réunion en département pour avoir les mêmes avantages qu’en France ».
Deux députés, Raymond Vergès et Léon de Lépervanche, élus en octobre 1945, décident travaillent à la réalisation d’une loi visant à changer le statut de La Réunion. Cette loi votée le 19 mars 1946 stipule la fin du statut colonial des colonies, désormais érigées en départements français.
Mais l’article qui aura créé l’inégalité dénoncée par le PCR depuis sa création en 1959 est l’article 2 : « Les lois et décrets actuellement en vigueur dans la France métropolitaine et qui ne sont pas encore appliqués à ces colonies feront, avant le 1er janvier 1947, l’objet de décrets d’application à ces nouveaux départements ».
En dépit de l’enthousiasme affichée par les dirigeants et membres du CRADS, « la loi a été violée » en raison du refus du gouvernement d’appliquer l’égalité à La Réunion. « Raymond Vergès a dénoncé en 1948 le socialiste Marius Moutet, ministre de l’Outre-mer, qui était un « adversaire de l’application de l’égalité », a indiqué Ary Yen Chong Tchi Kan, ajoutant qu’en 1987, les députés Elie Hoarau et Paul Vergès ont démissionné pour « protester contre les discriminations ».
Ces attitudes mettent en évidence qu’un « mandat est un outil au service du peuple et non pour se faire mousser à la télévision », a poursuivi ce dernier, ajoutant : « on a sept députés aujourd’hui à quoi ça sert ». D’autant qu’au cours de ces sept décennies sous un régime d’intégration et d’assimilation, quand l’INSEE dit que La Réunion est socialement hors norme, ce sont celles de 1946 ». Alors, « si les normes ne sont plus valables quelles normes nous faut-il » aujourd’hui ?
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