90 % de l’énergie de La Réunion est importée : les pauvres doivent payer et rester pauvres
1er juillet, parLe sabotage de l’autonomie énergétique prévue en 2025 : une politique de classe
Le sabotage de l’autonomie énergétique prévue en 2025 : une politique de classe
1er juillet, par

La baisse des carburants au 1er juillet ne doit pas faire oublier la hausse d’environ 60 centimes subie il y a deux mois. À La Réunion, où 90 % de l’énergie est importée, chaque augmentation se répercute sur les prix des produits de première nécessité. Les familles pauvres, classe majoritaire majoritaires dans un pays sous-développé, en sont les premières victimes. Cette dépendance énergétique nourrit le débat sur l’autonomie énergétique de l’île.
À La Réunion, où près de 90 % de l’énergie primaire est importée, chaque hausse des prix de l’énergie se répercute rapidement sur l’ensemble de l’économie. Le transport des marchandises, la production, la distribution et les services coûtent plus cher. Les entreprises et les intermédiaires répercutent ces surcoûts sur les prix afin de préserver leurs marges. Au final, ce sont les consommateurs qui paient davantage leur alimentation, leurs déplacements et les produits de première nécessité.
Cette dépendance n’est pas sans conséquences sociales. Chaque hausse des carburants ou de l’électricité se répercute sur le transport, la production, la distribution et les services. Les entreprises et les intermédiaires répercutent ces surcoûts afin de préserver leurs marges. Au bout de la chaîne, ce sont les consommateurs qui paient plus cher leur alimentation, leurs déplacements et les produits de première nécessité.
Les premiers touchés sont les pauvres. Dans un pays où la pauvreté touche la part la plus importante de la population, l’énergie absorbe une fraction croissante des revenus. Pour des milliers de familles, chaque augmentation signifie moins de pouvoir d’achat, moins de consommation et parfois des renoncements à des dépenses essentielles. À l’inverse, les membres de la classe privilégiée disposent de revenus qui leur permettent d’absorber plus facilement ces hausses. L’abandon de l’objectif d’autonomie énergétique fixé pour 2025 constitue un choix de classe. En maintenant La Réunion dans une dépendance aux énergies importées, cette décision préserve un modèle économique découlant du maintien de la structure de classes de la société coloniale. Les catégories les plus favorisées, notamment celles bénéficiant de revenus élevés ou de rémunérations majorées financées par l’État, continuent de consommer selon des standards que la majorité de la population ne peut plus suivre. Ce niveau de consommation devient pourtant la référence des prix pratiqués à La Réunion, imposé aux pauvres, classe la plus nombreuse.
L’autonomie énergétique fondée sur les ressources renouvelables locales n’est pas seulement un objectif environnemental. Elle représente aussi un instrument de justice sociale, remettant en cause la vieille structure coloniale. Produire davantage d’énergie sur place permet de créer des emplois productifs durables, de réduire la dépendance aux importations, de mieux maîtriser les coûts et de protéger en priorité la majorité de la population contre les hausses répétées des prix décidées par les sociétés étrangères qui contrôlent notre énergie. Le renoncement à cette ambition apparaît ainsi comme le maintien d’un système économique dont les principaux bénéficiaires ne sont pas les plus pauvres, alors même que ce sont eux qui en supportent le coût le plus lourd.
M.M.
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