Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Dérive du néocolonialisme français à La Réunion révélée par « Mediapart »
6 décembre 2025, par

Une enquête révèle que plusieurs communes réunionnaises dépensent des frais de représentation très élevés, parfois supérieurs à ceux de la ville de Paris(plus de 2 millions d’habitants). Dans un contexte de pauvreté et de chômage massif, ces pratiques opaques illustrent une dérive où l’argent public sert une classe sociale.
Photo Mairie du Tampon
Alors que des dizaines de milliers de Réunionnais vivent dans la pauvreté, frappés de plein fouet par la pénurie d’emplois, une enquête de « Mediapart » révèle une réalité insupportable : en 2024, plusieurs communes et intercommunalités péi ont dépensé des sommes considérables en frais de représentation, sans contrôle réel, ni justification obligatoire. Le maire du Tampon, quelques dizaines de milliers d’habitants a fait dépenser plus que son homologue de Paris, 2 millions d’habitants. Il existe donc bien une classe privilégiée par le système néocolonial dans un pays maintenu dans le sous-développement par ce système, c’est la classe crée de toute pièce par Paris grâce à la surrémunération et qui a pris le pouvoir dans les Mairies.
Le chiffre qui choque : parmi les dix collectivités de la République française qui dépensent le plus, on retrouve… Le Tampon, un des bastions du vote pour l’extrême droite française raciste à La Réunion. La commune des hauts arrive devant la Mairie de Paris. 22500 euros de frais de représentation pour le maire du Tampon en 2024, quand son homologue de la capitale en dépense moins. Dans la République française où le montant médian est de 624 euros, voir une commune réunionnaise figurer en tête de ce palmarès interroge profondément.
Et Le Tampon n’est pas un cas isolé. La CASUD et le Territoire de l’Ouest affichent chacun 15 000 euros de frais. Bras-Panon, La Plaine-des-Palmistes, Sainte-Rose dépassent les 12 000 euros. À Sainte-Marie, l’addition grimpe à 9 600 euros. Même l’Étang-Salé, avec près de 3 000 euros, entre dans le radar de « Mediapart ».
Ces sommes s’ajoutent aux indemnités déjà versées aux élus. Elles sont votées librement par les conseils municipaux et peuvent servir à des déjeuners officiels, des cadeaux protocolaires, des hébergements, des transports. Le tout… sans justificatif. Une opacité qui permet tous les excès. « Mediapart » le souligne : « contrôles rares, remboursements exceptionnels, sanctions inexistantes ». Une mécanique néocoloniale, où des membres de la classe dominante, déjà issus de la classe des surrémunérés par la France, adossées à un système néocolonial, disposent des deniers publics sans rendre de comptes.
Pendant ce temps, à La Réunion, la misère ne cesse de s’étendre : chômage de masse, explosion des demandes sociales, familles précarisées par la vie chère causée par la surrémunération. Comment accepter que l’argent public, si rare pour l’emploi, le logement ou la jeunesse, puisse être mobilisé sans transparence pour des dépenses protocolaires ?
Ce scandale n’est pas seulement financier : il est politique et moral. Il révèle un fossé indécent entre la réalité du peuple réunionnais et les pratiques d’une partie de ses dirigeants. Dans un territoire marqué par l’histoire coloniale, voir perdurer des logiques de privilèges, d’impunité et de mépris social sonne comme une alerte.
La Réunion mérite un autre modèle : un contrôle citoyen renforcé, des comptes publics transparents, et des élus qui placent chaque euro dans le développement, l’emploi et la dignité du peuple réunionnais. Pas dans la reproduction d’un système qui gèle la société dans des rapports de classe de type colonial.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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