L’attaque du Venezuela : une stratégie du chaos aux lourdes conséquences pour La Réunion

Accélérer l’élaboration d’un projet de développement réunionnais

7 janvier, par Manuel Marchal

L’attaque des États-Unis contre le Venezuela illustre une stratégie du chaos destinée à nourrir la spéculation et les profits des milliardaires, au détriment des peuples. La Réunion, dépendante des importations, est vulnérable à une éventuelle hausse des prix causée par les spéculateurs, aggravée par un coût de la vie artificiel entretenu par la surrémunération. L’urgence est de bâtir un développement fondé sur les énergies renouvelables et l’intégration régionale pour réduire la dépendance et les inégalités.

L’acharnement du gouvernement des États-Unis contre le Venezuela ne relève ni du hasard ni d’un discours hypocrite sur la démocratie. Il s’inscrit dans une stratégie globale du chaos, menée de façon de plus en plus ouverte par la classe des milliardaires qui concentre le pouvoir à Washington. Confrontée au déclin de l’Occident et à l’affirmation du Sud global, cette oligarchie choisit la déstabilisation plutôt que la coopération.

La stratégie du chaos entretient l’instabilité et les profits des spéculateurs

Sanctions illégales, pressions diplomatiques, menaces militaires : le Venezuela est attaqué parce qu’il refuse de livrer ses richesses et défend sa souveraineté. À travers lui, ce sont tous les peuples du Sud qui sont visés. La guerre économique devient un instrument central pour maintenir un ordre mondial injuste.
Cette stratégie du chaos entretient l’instabilité planétaire. Les conflits provoqués ou aggravés servent de levier à la spéculation sur les matières premières, notamment l’énergie. L’état de guerre permanent permet aux groupes pétroliers, aux fonds financiers et au complexe militaro-industriel proches du pouvoir à Washington d’accumuler des profits colossaux, pendant que les peuples subissent l’inflation.

La Réunion peut en payer le prix fort

La Réunion peut en payer le prix fort. Dépendante à près de 80 % des importations pour son énergie, l’île subit de plein fouet chaque flambée des cours mondiaux. Cette hausse généralisée est aggravée par un coût de la vie artificiellement élevé. La surrémunération versée par Paris a créé une classe de consommateurs capables de supporter ces prix, qui deviennent la norme du marché, au détriment de la majorité de la population.

Énergies renouvelables et co-développement

Face à cette impasse, l’urgence est claire : accélérer l’élaboration d’un projet de développement réunionnais fondé sur les richesses de notre pays. La Réunion dispose d’un potentiel considérable en énergies renouvelables — solaire, éolien, marin, biomasse — qui constitue un véritable gisement d’emplois et une réponse durable à la dépendance énergétique.
Il est tout aussi essentiel de réintégrer pleinement La Réunion dans l’économie de sa région. Tourner le dos à son environnement géographique est une aberration économique et écologique. La construction d’une autosuffisance alimentaire régionale, fondée sur les échanges avec les pays voisins de l’océan Indien, permettrait de réduire drastiquement les coûts de transport et de limiter l’impact de la spéculation sur les produits de première nécessité.
Rompre avec la logique du chaos et de la dépendance, c’est choisir la coopération régionale, la production locale et la justice sociale. Défendre le Venezuela, c’est aussi défendre le droit du peuple réunionnais à vivre dignement et à construire son avenir sur la solidarité entre les peuples du Sud.

M.M.

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