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25 juin, parUsine de traitement d’eau potable de Bellepierre à Saint-Denis : pose de la première pierre
Deux députés de La Réunion écrivent au ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères,
24 juin, par ,

Dans un courrier adressé ce 23 juin 2026 à Jean-Noël Barrot, deux députés réunionnais — Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon — alertent le gouvernement sur l’APE UE–Comores–Madagascar–Maurice–Seychelles, qui ouvre le marché réunionnais des services, investissements et marchés publics. Ils craignent une concurrence accrue pour les entreprises et emplois réunionnais et demandent une consultation préalable de La Réunion avant toute ratification.
Le 10 juin dernier, l’Union européenne, les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles ont conclu les négociations d’un Accord de partenariat économique (APE) renforcé.
Ce nouvel APE ne se limite plus aux marchandises. Son cœur est désormais l’ouverture des services, des investissements, du numérique et des marchés publics.
Les secteurs concernés couvrent un champ très large : télécommunications, services financiers, livraison, transport maritime, activités numériques, ingénierie, comptabilité, conseil et prestations aux entreprises.
L’accord prévoit également de faciliter la mobilité temporaire de certains professionnels pour exercer leurs activités dans les pays signataires.
Autrement dit, les entreprises de Maurice, de Madagascar, des Comores ou des Seychelles disposeront demain d’un cadre juridique renforcé pour proposer leurs services sur le marché réunionnais.
Cette réalité concerne directement les emplois productifs réunionnais, ceux qui vivent de la création de richesse et non des transferts publics. Les entreprises exerçant dans les métiers de l’informatique, de la gestion, de la comptabilité, des télécommunications ou du numérique pourraient être confrontées à une concurrence régionale accrue dans un environnement où les écarts de coûts salariaux sont considérables.
Dès lors, alors même que les élus réunionnais n’ont pas du tout été consultés, cet accord de libre-échange crée beaucoup d’inquiétude à La Réunion. Pour qu’il soit appliqué il doit encore être approuvé par le Parlement européen et ratifié par les États signataires dont la France.
Ainsi, comme le demande le vice-président du Parlement européen, Younous Omarjee, à l’échelle européenne, nous vous demandons, avant toute signature de cet accord par la France, de « consulter les autorités de La Réunion et de Mayotte, pour tenir compte des impacts, positifs et négatifs, de cet accord sur les filières économiques locales, l’agriculture, les marchés publics, les services, les investissements, les normes sociales et environnementales, ainsi que les équilibres régionaux dans l’océan Indien. »
Nous sommes disponibles pour vous rencontrer dans cette optique et nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, l’expression de notre haute considération.
Perceval Gaillard
Député de La Réunion
Membre de la commission des Affaires étrangères
Jean-Hugues Ratenon
Député de La Réunion
Membre de la commission des Affaires sociales
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