La honte pour les élus réunionnais
22 septembre, parDes fonctionnaires parisiens viennent dans notre pays pour discuter de l’avenir de la canne à La Réunion
Une catastrophe se prépare dans l’indifférence
8 août, par

Avec plus de demandeurs d’emploi que de salariés du privé, La Réunion aborde l’entrée en vigueur de l’APE UE-pays voisins dans une situation fragile. En ouvrant les services, l’accord expose des secteurs comme l’informatique, la comptabilité, les télécommunications ou le conseil à une concurrence régionale accrue. Alors que des emplois productifs pourraient être délocalisés, l’absence de débat public et le silence des décideurs font craindre une aggravation durable du chômage.
La Réunion détient déjà un triste record : notre pays compte désormais plus de personnes inscrites à France Travail que de salariés du secteur privé. Environ 209 000 demandeurs d’emploi pour 200 000 salariés. Ce déséquilibre traduit le résultat d’un système, le néocolonialisme qui vise à maintenir les Réunionnais dans le sous-développement et la dépendance à l’argent de la France.
Pourtant, au moment où cette situation exigerait une mobilisation générale, un nouveau bouleversement se prépare dans une indifférence presque totale : l’application de l’Accord de partenariat économique (APE) renforcé entre l’Union européenne, les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles.
L’accord ne concerne plus seulement les marchandises. Il ouvre également les services, les investissements et les marchés publics. La Commission européenne est explicite : il s’agit de faciliter la fourniture de services transfrontaliers, de garantir un traitement équitable aux investisseurs et de favoriser les investissements dans de nombreux secteurs.
Les domaines concernés sont immenses : télécommunications, informatique, ingénierie, comptabilité, services financiers, conseil aux entreprises, transport maritime, activités numériques ou encore livraison. L’accord facilite aussi la mobilité temporaire de professionnels entre les pays signataires.
Des entreprises de Maurice, de Madagascar, des Comores ou des Seychelles disposeront demain d’un cadre juridique renforcé pour proposer leurs prestations sur le marché réunionnais. Les obstacles réglementaires seront réduits, les échanges numériques facilités et les investissements encouragés.
Pour les grandes entreprises européennes, cette évolution est une opportunité. Pour La Réunion, elle peut devenir un choc.
Car notre île ne se situe pas à Bruxelles. Elle est au cœur de l’océan Indien, à quelques centaines de kilomètres de pays où une jeunesse nombreuse et qualifiée travaille pour des rémunérations inféreures au RSA. Les activités de comptabilité, de développement informatique, d’assistance administrative, d’ingénierie ou de relation clientèle peuvent être réalisées à distance. Avec la généralisation du numérique, la proximité géographique et les faibles coûts de production renforcent encore cet avantage concurrentiel.
Ce sont précisément ces emplois productifs qui créent de la richesse à La Réunion. Contrairement aux emplois financés par les transferts publics, ils génèrent une activité économique durable. Leur affaiblissement entraînerait une diminution des recettes fiscales, de l’investissement privé et de l’emploi.
Nos voisins se préparent depuis longtemps à cette nouvelle étape de l’intégration régionale. Ils forment des ingénieurs, des comptables, des informaticiens et développent des filières exportatrices de services. Que fait La Réunion ? Où est la stratégie ? Où est la mobilisation des collectivités, des organisations patronales, des syndicats, des chambres consulaires et des parlementaires ?
Le plus inquiétant est ce silence. Alors que l’APE pourrait transformer profondément l’économie réunionnaise, aucun véritable débat public n’est organisé. Comme si l’avenir de milliers d’emplois ne méritait ni information ni discussion.
Pourtant, il est encore temps d’agir. L’accord n’est pas encore définitivement appliqué. Il reste possible de défendre la reconnaissance des spécificités de La Réunion et d’obtenir des protections comparables à celles dont bénéficient les pays voisins pour leurs secteurs stratégiques.
Faute d’une mobilisation rapide, La Réunion risque de franchir un nouveau seuil dans le sous-développement : devenir un pays où le nombre de chômeurs dépasse durablement celui des salariés créateurs de richesses. Cette perspective devrait être au cœur du débat politique. Aujourd’hui, elle est presque passée sous silence sauf par « Témoignages ».
M.M.
Des fonctionnaires parisiens viennent dans notre pays pour discuter de l’avenir de la canne à La Réunion
In kozman pou la rout
Conséquence du sabotage du plan d’autonomie énergétique depuis 2010
Manque d’anticipation et mauvaise gestion
Point 57 de l’ordre du jour de l’ Assemblée générale des Nations unies
Crise du capitalisme occidental
Impact de la crise climatique mondiale dans notre pays
Projet de désindexation des pensions sur l’inflation
Forte houle : l’océan rappelle les limites du béton
2016-2026 : 10e anniversaire de la disparition de Paul Vergès.
Le monde a changé, et La Réunion ?
Le monde a changé, et La Réunion ?
Messages
9 août, 12:02, par Arthur
Bonne synthèse sur la situation, mais que font les patrons, les élus dont ils sont proches assez souvent ? En attendant, l’Education Nationale,les CFA et autres organismes de formations forment des jeunes plus ou moins ambitieux, futurs capables d’assurer avec leurs compétences acquises des responsabilités qui participeront à une meilleure situation sociale et économique avec en principe le respect de la nature qui se fait de plus en plus sentir face à ce qui se passe sur notre chère planète trop exploitée, saccagée ; les futurs citoyens vont voir du pain sur planche, peut-on compter sur eux, ou se cantonneront-ils qu’à être des adultes seulement intéressés par la mode,le paraitre, consommer sans souci de leur avenir ou bien encore, pire ; résignés, attirés par l’alcool les produits hallucinogènes, des paradis artificiels qui flinguent leur santé ? lLe manque criant de partage, chacun pour soi, comme l’encourage le système actuel ? On verra bien, en attendant le retour du train, pour les humains, les animaux, les marchandises aussi de Ste Rose à St Joseph, électrique enfin, patience....... Arthur. Bon dimanche et courage, espoir.