La baisse des emplois précaires dans les Mairies subventionnés par la France anéantit des promesses électorales

Après l’euphorie, le retour a la réalité !

13 mai, par Paul Dennemont

Souvenons-nous des récentes élections municipales et du nombre de candidats qui se bousculaient pour prendre la tête des communes de la Réunion. 124 listes au total !

Souvenons-nous de cette campagne des candidats pour se faire élire, de cette foire aux promesses de création d’emplois et d’embauches, de ces annonces lancées dont beaucoup d’entre elles irréalistes, excédent les prérogatives des maires.

Charite bien ordonnée commence par soi-même

Souvenons-nous aussi qu’à peine installés — et malgré un contexte de crise gravissime et d’incertitude — les maires (à l’exception de ceux des petites communes), certains présidents et vice-présidents des intercommunalités — tous encore dans l’euphorie de la victoire — s’accordaient des indemnités revalorisées au maximum, sans aucune gêne, jusqu’à 5960 Euros mensuels. Larzan néna, la lwa i otoriz !
Dans certains cas, le cumul des indemnités de l’élu dépassant le plafond de 8 900 euros autorisés par la loi, faisant de certains d’entre eux, des « élus caviars ». « Il faut penser à soi avant de s’occuper des autres », dit un proverbe. Et puis surgit la réalité. Le mardi 5 mai, le Préfet annonce une baisse drastique du nombre des contrats PEC (Parcours Emploi Compétences), suite au déficit budgétaire de l’État. Incompréhension et colère des élus qui crient à la catastrophe, au scandale et appellent à une manifestation le 20 mai.

L’hypocrisie d’élus dans toute sa splendeur

Si cette décision est réellement lourde de conséquences pour la population en recherche d’un contrat, pour le bon fonctionnement des écoles, pour l’environnement, l’entretien des espaces publics.. Etc. On ne peut s’empêcher de s’interroger sur l’étonnement manifesté par nos politiques qui savent que ce modèle reposant sur le provisoire reste un dispositif qui génère la précarité, un enfermement d’où il est extrêmement difficile de s’extirper et bien entendu condamné à disparaître.
C’est une évidence, dans le contexte actuel, personne ne voudrait se réjouir de sa disparition brutale, mais qu’on le veuille ou non, force est de reconnaître que ce bouleversement signe, peut-être, la fin d’un vieux système rodé, utilisé par nos politiques comme fonds de commerce électoral. Par ailleurs, on ne peut pas d’un côté — en tant qu’élus — prétendre être acteurs engagés dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale et de l’autre cautionner le recours aux contrats précaires et à sa généralisation
De ce point de vue, son extinction, et sa transformation souhaitée en emplois durables apparaissent comme, l’écrivait Témoignages « .. Une occasion pour permettre aux individus vivant dans des situations difficiles de faire une transition avec le passé et retrouver une certaine dignité ... » .

Paul Dennemont

A la Une de l’actuImpasse du modèleLuttes pour l’emploiMunicipales 2026

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus