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Projet réunionnais de développement pour une loi-programme

Contexte de la première visite à La Réunion de Marie Guévenoux, ministre déléguée aux Outre-mer

mardi 14 mai 2024, par Manuel Marchal


Marie Guévenoux, ministre déléguée aux Outre-mer, effectue ses 14 et 15 mai sa première visite officielle à La Réunion. Ce séjour a lieu dans le contexte réunionnais : une crise profonde causée par l’intégration à la France puis à l’Europe produisant chômage, pauvreté, mal-logement, vie chère, aliénation culturelle et illettrisme. Pour y remédier, le PCR propose l’élaboration à La Réunion par les Réunionnais d’un projet de développement le plus consensuel possible. Ce projet sera la base de construction d’une loi-programme avec des objectifs chiffrés actés dans le temps.


Ce 14 mai arrive à La Réunion Marie Guévenoux, ministre déléguée aux Outre-mer. C’est sa première visite officielle dans notre pays.
La ministre arrive dans un environnement connu. La Réunion est touchée depuis des décennies par une crise profonde. L’intégration à la France puis à l’Europe ont mis en concurrence l’économie d’une ancienne colonie avec le regroupement des puissances industrielles européennes. Il en a résulté la création d’un chômage de masse depuis le début des années 1970. Déjà en 1975, une étude du Conseil général révélait que 25 % des travailleurs étaient exclus d’un emploi. Cette proportion n’a guère évolué depuis. Le système en place à La Réunion relègue en effet une grande partie de la population dans la précarité.
Depuis les années 1960, Paris a fait voter des lois spécifiques aux pays comme La Réunion. Mais cela n’a pas inversé la tendance.

Sortir du sous-développement dans de nombreux domaines dont l’emploi

La visite ministérielle intervient peu après celle d’une mission sur l’évolution institutionnelle de La Réunion. Cette initiative a suscité confusion et polémique. Elle s’inscrit dans une démarche : Paris décide pour les Réunionnais dont des représentants sont seulement consultés. Toutes les initiatives de ce genre ont échoué, sinon La Réunion ne serait pas dans une situation de sous-développement dans de nombreux domaines, notamment en termes d’emploi, de logement et d’infrastructures.
Pour remédier à la crise, le PCR propose une démarche partant des Réunionnais. C’est un projet de développement conçu à La Réunion par les Réunionnais et appliqué par les Réunionnais.
Ainsi les Réunionnais seront les concepteurs et les responsables des solutions mises en œuvre.
Depuis 2017, le PCR propose que la conférence territoriale élargie soit le lieu d’élaboration de ce projet. Cette instance rassemblerait les syndicats, les partis politiques, les associations et les membres de la Conférence territoriale de l’action publique qui sont les représentants des collectivités réunionnaises, les parlementaires ainsi que l’État. Le format proposé doit permettre l’élaboration la plus consensuelle du projet réunionnais.

Vent d’émancipation dans les anciennes colonies intégrées à la République

Ce projet sera la base de négociation de nouvelles relations entre La Réunion et Paris. Le but est d’arriver à une loi-programme spécifique à La Réunion reprenant le projet, et qui fixera des objectifs chiffrés et datés afin de placer enfin notre pays sur les rails du développement.
S’il s’avère que l’application des mesures contenues dans le projet nécessite de changer la Constitution, alors l’accompagnement de l’État sera nécessaire pour faire voter une réforme du texte fondamental de la République.
Paris doit tenir compte du vent d’émancipation qui se lève dans les anciennes colonies intégrées à la République.
Ce 17 mai, la Polynésie fêtera l’anniversaire de sa réinscription sur la liste des territoires à décoloniser par l’ONU. Un membre du Front de libération est président du gouvernement.
En Kanaky Nouvelle-Calédonie, Paris soutient les anti-indépendantistes alors que le gouvernement et l’assemblée sont dirigés par le FLNKS et ses alliés. Une anti-indépendantiste a même été nommée au gouvernement. Elle fut battue aux sénatoriales par le candidat du FLNKS. Les violences de la nuit dernière dans la capitale de la Kanaky Nouvelle-Calédonie interrogent. Le projet de créer un nouveau corps électoral minimisant la proportion des Kanaks est source d’importantes tensions.
En Guyane et à Mayotte, les élus présentent des projets. Une loi Mayotte reprenant les revendications d’élus mahorais est dans les tuyaux.
D’où l’importance pour Paris de tenir compte de cette volonté d’émancipation également à La Réunion afin de libérer les Réunionnais du chômage, de la pauvreté, du mal-logement, de la vie chère, de l’aliénation culturelle et de l’illettrisme.

M.M.


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Messages

  • Osons croire qu’avec cette rapide visite ici, de notre Ministre des OM, l’avenir sera plus radieux, positif. Trop de retard dans les réformes, les projets utiles, comme encourager les jeunes, futurs citoyens à poursuivre le plus loin possible leurs études, quitte à quitter le département pour mieux revenir plus tard, formés, diplômés, appréciés et compétents, fiers de poursuivre ici. développer la Réunion. Certains disent que c’est utopique, pas moi. enfin, on verra bien, combien de temps encore il faudra....
    Penser aux futurs emplois bienvenus qui montrera que la Réunion est bien capable, c’est penser à rendre l’île plus autonome en alimentation, réduire les importations, je pense au bon exemple du sel et du sucre, cela peut paraitre incroyable mais c’est la vérité, puis aux fruits, légumes, épices... C’est aussi penser a réformer les transports, les rendre plus rapides, propres, disponibles, avec enfin, le retour du train, cette fois-ci électrique, capable du 160 Km/h, pour le fret aussi. Et pour terminer, aux énergies renouvelables donc à la fois locales, gratuites et inépuisables à notre échelle humaine. La géothermie serait ainsi présente avec le volcan "disponible" depuis toujours, comme le soleil, le vent. Trop de personnes sont sans emploi, depuis parfois plusieurs générations, cela donne peu de volonté, de perspective pour se lancer, il n’y a qu’à voir les difficultés pour trouver des coupeurs de canne, dans l’agriculture en général. Osons changer, c’est urgent. Arthur.


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