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Allocation de rentrée scolaire : un soutien bienvenu obtenu grâce à la lutte
5 août 2024, par

Résultat de la lutte du PCR et des syndicats pour l’égalité sociale, l’allocation de rentrée scolaire identique à celle de la France sera versée à partir de demain. C’est une bouffée d’oxygène pour la plupart des familles qui ont des enfants scolarisés à La Réunion. Elle permettra d’acheter ce que l’État doit fournir gratuitement selon le principe de l’école obligatoire et gratuite. Versé par Paris, cet argent public servira en grande partie à alimenter les profits de sociétés françaises implantées dans notre pays. C’est une illustration du néocolonialisme français : les transferts publics venus de France sont transformés en profits pour des entreprises françaises qui font revenir cet argent en France. Ainsi, Paris peut subventionner des entreprises sans être accusé de remettre en cause « la concurrence libre et non faussée ».
La rentrée scolaire approche à La Réunion. Demain doit commencer à être versée l’allocation de rentrée scolaire. Comprise entre 416 et 454 euros par enfant, elle concernera de nombreuses familles. Pour ne pas y avoir droit, il faut avoir des revenus supérieurs à 27141 euros pour un enfant scolarisé, 33404 pour deux, 39667 pour trois, 45930 pour 4, puis 6263 euros par enfant supplémentaire.
Le versement de l’allocation de rentrée scolaire ne va pas de soi à La Réunion. C’est un des résultats de la lutte menée par le Parti communiste réunionnais pour obtenir l’application de l’égalité sociale avec la France promise par la loi française depuis 1946. Plusieurs décennies de luttes permirent d’arriver à ce résultat.
La conquête de l’égalité sociale a eu pour conséquence l’augmentation du pouvoir d’achat de la plupart des Réunionnais. Ceci eut pour effet l’accélération de l’importation à La Réunion de la grande distribution. Une forte proportion de l’allocation de rentrée scolaire sera dépensée dans des commerces qui appartiennent à des sociétés extérieures à La Réunion. L’argent issu de la lutte que Paris a dû céder aux Réunionnais va donc en grande partie être rapatrié en France.
C’est cela le néocolonialisme français à La Réunion : les transferts publics sous forme de prestations sociales obtenus grâce à la mobilisation du PCR et du mouvement social sont transformés en profits pour des entreprises françaises. L’argent ne fait que passer par La Réunion et retourne donc en France. Par cette méthode, Paris a trouvé un moyen de subventionner ses entreprises sans encourir le risque d’être sanctionné par l’Union européenne ou l’Organisation mondiale du Commerce pour aide directe de l’État allant à l’encontre de « la concurrence libre et non faussée ».
La Réunion ne manque pourtant pas de ressources. Un seul exemple : à Cuba, le papier des cahiers est fabriqué avec de la canne à sucre. Le blocus imposé par le gouvernement des États-Unis a obligé les Cubains à valoriser au maximum leur or vert. La bagasse sert donc aussi pour faire du papier.
A La Réunion, la bagasse est simplement brûlée dans des usines appartenant à des fonds de pension américains. L’électricité produite est ensuite vendue par une entreprise française aux Réunionnais.
Dommage que cette valorisation de la canne à sucre ne soit pas à l’ordre du jour de la stratégie de Tereos, entreprise française, qui a le monopole de la transformation de la canne à sucre à La Réunion.
Mais comme les Réunionnais ont été dépossédés du contrôle de leur économie par la faillite du capitalisme local, le néocolonialisme français dominant ne permet pas le développement d’industries capables de fixer à La Réunion l’argent de l’égalité sociale obtenu par la lutte du PCR et des syndicats. Paris a en effet besoin que cet argent finance ses entreprises et ses emplois en France, pas à La Réunion.
M.M.
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Messages
5 août 2024, 21:03, par Arthur
Ce phénomène n’est pas nouveau, il date de longtemps, trop sans doute. Ne pas oublier que l’on encourage à cette occasion les citoyens à de nouveau consommer, donc gaspiller les euros offerts pour en principe la réussite scolaire, qu’en est-il des uniformes au collège après l’essai que la Réunion fut la 1° à essayer qui plus est, en pleine année scolaire. Le marketing marche à fond, la mode, en fait partie. Puis on verra encore plus tard du gaspillage de matériel, de la pollution, avec le sourire, la fierté d’être dans le coup (et dans le coût aussi finalement). J’avais comparé les pris des agendas dont raffolent les élèves du secondaire. Entre celui à 1,5 E et l’autre à 10 E, seule la couverture diffère, l’un sans marque, l’autre avec une belle photo de la nature, que l’on pollue allégrement, ou encore le logo d’un club de foot. Un sac à dos, ex cartable peut sans problème faire plusieurs années. Comme la trousse, le matériel de géométrie, la calculette, etc. Le plus intelligent, se serait à mon sens de mettre tout l’argent qui a été dépensé inutilement sur un compte d’épargne et montrer aux enfants que ce n’est pas parce que l’on est pingre, mais soucieux de l’avenir, que l’argent, même offert, a par définition une valeur. Sur " www.franceinter.fr" de ce lundi, il y avait une bonne émission parmi d’autres aussi, qui avait pour sujet la fast fashion qui à la fois exploite les populations dans les usines, sans souci de la protection de la nature locale, des normes de sécurité, avec des salaires ridicules, tout ça pour nous proposer des vêtements, pas chers, c’est vrai, mais qui dès leur conception, ne sont pas destinés à durer longtemps, encore moins d’être raccommoder, comme on faisait jadis. Sans vouloir être réactionnaire, je trouve que l’on marche sur la tête avec ce système capitaliste du "toujours plus", sans souci, qui tend à nous rendre égoistes, narcissiques. Où est alors la fraternité ? Arthur.