Placer le peuple au-dessus de tout
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Plan d’austérité en France et dans l’Union européenne
17 octobre 2025, par

La sénatrice de la Plateforme réunionnaise Audrey Bélim alerte la Commission européenne sur le risque d’une baisse des fonds européens pour La Réunion dans le futur budget 2028-2034. Elle dénonce la fin des lignes spécifiques aux régions ultrapériphériques, qui menacerait le POSEI, la pêche et les fonds FEDER. Selon elle, cette réforme « uniformise » les politiques, marginalise les territoires comme La Réunion et met en péril leur développement durable et leur justice sociale.
La sénatrice réunionnaise Audrey Bélim a adressé ce 16 octobre une lettre à la présidente de la Commission européenne pour exprimer sa « profonde inquiétude » face aux propositions budgétaires présentées par Bruxelles pour le cadre financier pluriannuel 2028-2034. Selon elle, ces orientations menacent directement les fonds européens alloués à La Réunion et aux autres régions ultrapériphériques (RUP) de l’Union.
La Commission envisage de regrouper dans un instrument unique l’ensemble des grandes politiques européennes — cohésion, agriculture, pêche, migration, sécurité —, rompant ainsi avec l’approche différenciée consacrée depuis vingt-cinq ans par l’article 349 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). Pour la sénatrice de La Réunion, la disparition de lignes budgétaires spécifiques pour les RUP mettrait en péril les dispositifs essentiels à leur développement, tels que le POSEI, les compensations pour la pêche, ou encore les enveloppes FEDER-RUP et les taux de financement majorés.
Audrey Bélim redoute une « régression démocratique et institutionnelle ». En centralisant la gestion des fonds, Bruxelles priverait les autorités locales de leur capacité d’action et de dialogue direct avec les institutions européennes. « Les régions seraient marginalisées, alors qu’elles sont les mieux placées pour identifier leurs besoins », insiste-t-elle.
Les conséquences financières seraient lourdes. D’après les projections évoquées par la sénatrice, la France recevrait 3,7 milliards d’euros pour l’ensemble de ses régions les moins développées, à partager entre trois régions en France et les RUP, soit environ 2 millions d’habitants d’anciennes colonies devenues départements. Une telle répartition réduirait considérablement les moyens disponibles pour lesanciennes colonies devenues départements, qui bénéficiaient jusqu’ici de 3,45 milliards d’euros sur la période 2021-2027.
Audrey Bélim met en garde contre une « mise en concurrence mortifère » entre priorités sociales, agricoles et environnementales, et appelle la Commission à préserver le modèle différencié qui reconnaît les handicaps structurels permanents des RUP.
Pour La Réunion, souligne-t-elle, « il ne s’agit pas seulement d’un enjeu budgétaire, mais d’un enjeu de justice et de cohésion européenne ».
M.M.
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