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2 avril 2009, par

Mardi, le COSPAR a présenté au préfet et au MEDEF un protocole d’accord global destiné à apporter une réponse durable à la légitime revendication d’augmenter les revenus sociaux et salariaux. Si le MEDEF est d’accord pour le principe de la modulation en fonction de chaque entreprise prévu par le COSPAR, le préfet a affiché son isolement en refusant de signer l’accord global. Les Réunionnais réussiront à trouver ensemble une porte de sortie.
Mardi, à la préfecture, le représentant de l’État a clarifié sa position. Alors que le COSPAR et le MEDEF sont d’accord sur le principe d’une modulation de la contribution des entreprises à une augmentation des revenus salariaux, le préfet est resté bloqué sur le cadre dans lequel il a tenté d’enfermer les négociateurs depuis le 6 mars : une application de l’accord Bino à La Réunion. Le MEDEF a compris mardi que le préfet n’est pas un interlocuteur crédible. Les négociations se poursuivront donc désormais sans le représentant de l’État à La Réunion.
Ce constat souligne que le gouvernement doit absolument reprendre les choses en main s’il ne veut pas apparaître comme incapable de traiter un problème global. D’autant plus que de tels faits se produisent à la veille des États généraux. Lancées par le gouvernement, ces rencontres doivent se tenir à La Réunion en présence de François Fillon.
Décision préjudiciable à la veille des États généraux
Lors de l’annonce de cette manifestation, le président de la République avait dit que les États généraux seront l’occasion pour les forces vives des DOM de proposer des solutions s’inscrivant dans un cadre d’« autonomie économique ». Cela veut donc dire qu’il est demandé aux Réunionnais de proposer des solutions. Mais lorsque des Réunionnais proposent un plan de sortie de crise, alors le préfet leur dit que ce n’est pas bon, et que c’est un plan mis au point à Paris et en Guadeloupe qui doit s’appliquer. Cette décision est préjudiciable à la veille des États généraux. Et elle soulève de nombreuses questions.
D’autant plus que tous les Réunionnais ont encore en mémoire la scène du préfet qui sort son stylo à la télévision, pourquoi vouloir infantiliser de la sorte la population ? Et pourquoi dire que l’on ne peut pas adapter l’aide sociale à la situation réunionnaise alors que c’est ce qui a été fait pour la Guadeloupe ? Pourquoi vouloir imposer des solutions imaginées ailleurs ?
En un mot, comment participer aux États généraux dans de telles conditions ?
Un plan réunionnais
Car sur la base de l’argumentation employée pour refuser de signer l’accord proposé par le COSPAR, il est plus logique de tout préparer à Paris ou dans les bureaux de la préfecture, et ensuite de dire aux Réunionnais d’avaler la pâtée qui est préparée sans qu’ils aient un mot à dire. Agacée par de telles méthodes, la population a déjà réagi comme le montre, cet article extrait de "Visu" que nous reproduisons ci-contre.
Samedi, le COSPAR a présenté un plan pour sortir de la crise. Il permet de garantir durablement l’augmentation des revenus, en s’appuyant sur la solidarité des entreprises en en modulant la solidarité nationale en fonction des situations spécifiques. Deux jours plus tard, le MEDEF s’est dit d’accord sur le principe de la modulation, et prêt à discuter des modalités. C’est donc de l’accord des Réunionnais sur un document commun que sortira une solution qui aura pour avantage de renforcer la cohésion sociale.
Manuel Marchal
Le RSTA pas versé avant au moins deux mois
Dans son argumentation, le représentant de l’État met en avant le principe de l’égalité républicaine pour refuser la modulation de l’application du RSTA. Cet argument est pour le moins curieux. Tout d’abord sur le fond, ce dispositif a été mis au point pour créer les conditions d’une sortie de crise en Guadeloupe. C’est une mesure dérogatoire. Elle est, en elle-même, une rupture de l’égalité républicaine, puisqu’elle empêche l’application du RSA dans les Départements d’Outre-mer en même temps qu’en France. De plus, nombreux sont les exemples où l’égalité républicaine n’est pas respectée entre les habitants des DOM et de la France.
Sur la forme enfin, le décret d’application créant le RSTA n’est pas encore publié, et pour cause : il devait être débattu le lendemain de la rencontre à la préfecture. Quant à sa mise en œuvre, Paris annonce dans l’exposé des motifs de l’amendement « un premier paiement en milieu d’année », c’est-à-dire pas avant deux mois. D’ici là…
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