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7 juin, par10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
Un enseignement des élections régionales
25 mars 2010, par

Avec 13% des suffrages aux Régionales, Michel Vergoz a décidé de se maintenir au second tour et de faire gagner l’UMP. Appliquée aux Législatives dans la nouvelle circonscription qui va de Saint-Pierre à Saint-Joseph, la ’jurisprudence Vergoz’ est la garantie de l’élection du président de l’UMP-Réunion au détriment du député PS sortant.
Le 14 mars, la liste conduite par Michel Vergoz arrive en troisième position, créditée de 13% des voix. Elle est largement distancée par celle de l’Alliance (30%) et celle de l’UMP (26%). Le soir du 14 mars, il apparaît donc clairement que le vainqueur de l’élection sera soit l’Alliance, soit l’UMP, car le PS est beaucoup trop loin pour espérer l’emporter. Cela est d’autant plus vrai qu’avec 13% des suffrages, le PS fait le plein. Car depuis la première élection régionale, à chaque fois que le PS s’est présenté seul, il a toujours fait un score aux alentours de 13%.
Dans de telles conditions, le PS n’a aucune chance d’être dans la future majorité de la Région, sauf s’il arrive à s’entendre avec une des deux autres listes arrivées en tête. Puisqu’ils se disent de "gauche", les responsables socialistes ont logiquement comme priorité d’empêcher la liste de "droite", à savoir l’UMP, de gagner. Pour cela, ils ont le choix entre deux décisions : soit la fusion avec la liste de l’Alliance, soit le désistement républicain, c’est-à-dire le retrait. Tout autre choix ne ferait que favoriser la victoire de l’UMP, ce qui irait à l’opposé des intentions proclamées par le Parti socialiste et sa Direction française.
La Région offerte à l’UMP
Or, le 16 mars à 14h30, quelques heures après avoir donné l’ordre à ses militants de retourner sur le terrain, les responsables locaux de la fédération départementale du Parti socialiste annoncent leur intention de se maintenir, avec 13% des suffrages !
Puisque le PS n’avait aucune chance de l’emporter, cette décision n’avait qu’un but : faire gagner l’UMP. C’est la "jurisprudence Vergoz".
Michel Vergoz n’ignore pas que le gouvernement vient de procéder à un redécoupage des circonscriptions. Il sait également que le PS a deux députés à La Réunion. Le député PS du Sud est fragilisé par ce redécoupage, puisque sa circonscription comprend désormais Saint-Pierre, Petite-Île et Saint-Joseph. Autrement dit, le député sortant ne pourra pas bénéficier du renfort de Saint-Philippe et de Sainte-Rose qui sont des réserves de voix importantes pour le PS.
Cela veut dire que le député PS sortant ne peut plus compter que sur Saint-Joseph pour faire le plein de voix, et un peu sur Petite Île. De son côté, le président de l’UMP-Réunion, maire de Saint-Pierre, voit son poids électoral s’accroître de manière importante dans la circonscription. Il ne fait guère de doute qu’il pourra se maintenir au soir du premier tour. Tout dépendra donc de l’attitude du troisième candidat en lice, face au député PS sortant et au président de l’UMP.
Préparer la victoire du maire de Saint-Pierre ?
Lors du deuxième tour des Régionales, l’attitude des dirigeants locaux du PS a créé une situation nouvelle. Elle a remplacé le désistement républicain par la "jurisprudence Vergoz". La "jurisprudence Vergoz", c’est se maintenir au second tour sans aucun espoir de l’emporter, uniquement pour mettre en difficulté le seul candidat susceptible de battre l’UMP.
Dans la circonscription qui va de Saint-Pierre à Saint-Joseph, la "jurisprudence Vergoz" offre un boulevard au second tour au président de l’UMP-Réunion, car le maire de Saint-Pierre est sûr de battre le député PS sortant en cas de triangulaire.
C’est à se demander si l’objectif de ceux qui ont inspiré la stratégie suicidaire de la "jurisprudence Vergoz" n’est pas la défaite d’un des deux députés PS de La Réunion.
Manuel Marchal
Scrutin très serré en perspective dès le premier tour
Au premier tour des Législatives de 2007, le scrutin était extrêmement serré en faisant la somme des trois communes de la nouvelle circonscription. Avec 25,9%, le candidat du PS était sur la même ligne que celui de l’UMP (25,8%) et distançant de peu l’Alliance (23,6%).
Deux points d’écart séparaient donc le PS de l’Alliance, soit un écart huit fois moins important qu’au soir du premier tour des Régionales.
Si un tel résultat se reproduisait en 2012, et que la "jurisprudence Vergoz" se substitue au désistement républicain, alors la victoire serait encore plus facile pour l’UMP qu’aux Régionales.
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