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14 février 2022, par

L’annonce a été faite hier au premier jour de la visite du ministre des Outre-mer à La Réunion. Les communes de Bras-Panon, Saint-André, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne ne bénéficient pas du classement en « catastrophe naturelle » suite au passage dévastateur de Batsiraï au large de La Réunion. De nombreux particuliers et les agriculteurs que les assureurs refusent de couvrir devront donc attendre encore plusieurs semaines avant d’espérer bénéficier un jour de la solidarité nationale pour réparer les dégâts.
Lors de la première journée de sa visite officielle à La Réunion, le ministre des Outre-mer a finalement annoncé hier que 20 communes de La Réunion sur 24 sont éligibles au dispositif « catastrophe naturelle » suite au passage dévastateur de Batsiraï au large de La Réunion. Il a fallu que cela soit le préfet qui donne les noms des communes qui ne bénéficieront pas pour le moment de la solidarité nationale : Bras-Panon, Saint-André, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne.
Cette décision signifie que dans ces 4 communes, seuls les sinistrés assurés peuvent pour le moment espérer une indemnisation.
Rappelons qu’à La Réunion, les assureurs refusent de couvrir les récoltes des agriculteurs, ainsi que 40 % des logements. A la différence de la France où 99 % des logements ont une assurance-habitat, cette protection est un luxe à La Réunion en raison de l’attitude des assureurs.
Ces derniers refusent en effet d’assurer de nombreuses maisons auto-construites ainsi que le fruit du travail des agriculteurs. Or, d’une part, l’auto-construction est une réponse à la pénurie de logements à La Réunion que Paris est incapable de régler depuis des décennies ; et d’autre part, les dégâts subis par les agriculteurs en raison de Batsiraï sont estimés à 47 millions d’euros.
Le passage de Batsiraï a touché toute La Réunion, toutes les communes ont donc sur leur territoire des sinistrés du vent et des fortes pluies.
Mais Paris a décidé de faire le tri parmi les sinistrés. Pour les habitants des communes exclues de la solidarité nationale, les nombreuses familles non-assurées et les agriculteurs devront donc patienter en attendant la décision d’une commission qui doit se tenir au mois de mars.
Le ministre a néanmoins déclaré à Réunion Première que « pour les agriculteurs qui ne sont pas dans les communes placées en catastrophe naturelle, nous allons prendre, début mars, les dispositifs de calamités agricoles. La procédure est longue, mais nous allons la comprimer, avec le préfet, pour commencer les indemnisations jusqu’en juin, juillet et septembre pour les agriculteurs qui mettraient plus de temps à remplir leur dossier ». Les chefs d’entreprise concernés disposent-ils de suffisamment de trésorerie pour réparer les dégâts et attendre plusieurs mois une indemnisation de l’État se substituant à la défaillance des assureurs ? Combien seront-ils à abandonner l’agriculture en raison du tri des sinistrés par Paris ?
M.M.
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