Bilan d’Activités et Compte administratif 2006 : L’avis du CESR

20 juin 2007

Dans son texte réalisé le 15 juin 2007, le Conseil Economique et Social de la Réunion souligne encore une fois son indépendance et la pertinence de bon nombre de ses remarques. Pour commencer, le document rappelle que le Conseil Régional disposait de 785 millions d’euros de recettes et avait réalisé 716 millions d’euros de dépenses en 2006. Il a mis en évidence que la Région n’avait pas eu recours à l’emprunt pour financer ses différents travaux. Il ne trouve rien à redire sur les grands travaux, dont celui de la Route des Tamarins représente, seulement pour 2006, 238 millions d’euros de dépenses ! En revanche, il appelle la collectivité à ne pas négliger d’autres secteurs, notamment celui de la formation professionnelle. Cette remarque est étonnante quand l’année 2006 a justement vu les crédits affectés à ce secteur fortement augmenter. Plus loin, le CESR souhaite une évaluation de ce domaine, regrette la non-reconduction de la formation des formateurs en 2006 et déplore la disparition de l’Association de Promotion Rurale (APR).
L’avis donne aussi un complément de réponse aux interrogations de Michel Tamaya évoquées plus haut. En effet, « la commission note que les actions conduites dans le secteur de la coopération régionale au cours de l’exercice 2006, sont en conformité avec les orientations stratégiques de la collectivité ». Le CESR invite d’ailleurs le Conseil Régional à en faire plus. Pour ce faire, il propose à la Région d’investir dans un bureau à Bruxelles afin de défendre les intérêts de l’île, ou encore de développer des compétences en qui concerne la coopération décentralisée.
En termes d’aménagement du territoire, le CESR critique le peu de projets réalisés au niveau de l’endiguement des ravines sans s’interroger sur la faiblesse des dossiers constitués par les mairies et adressés au Conseil Régional. En revanche, la remarque est plus justifiée sur la relative faiblesse de l’argent apporté à l’Etablissement Public Foncier de La Réunion (EPFR) ou au Fonds Régional d’Aménagement Foncier Urbain (FRAFU).
Lorsque le CESR aborde l’environnement, il note que « les interventions sans le domaine de l’environnement ont été conformes aux orientations de la mandature 2004-2010, notamment en matière de gestion et de protection du patrimoine naturel, d’amélioration du cadre de vie et de la lutte contre les nuisances, de la promotion du développement durable à travers l’élaboration et la mise en oeuvre de l’Agenda 21 ». Il poursuit en reconnaissant que « le soutien apporté par le Conseil Régional aux organismes de recherche est primordial dans la démarche de connaissance des milieux et de leur valorisation et permet une émulation des acteurs de terrain ». Elle encourage le Conseil Régional à soutenir encore plus le développement du solaire photovoltaïque pour ce qui est des particuliers.
Dans le domaine des routes et des transports, la commission constate que « ce secteur a connu, comme l’année précédente, un taux d’engagement remarquable avec 87% et un taux de mandatement de 91% » (...). Elle appelle le Conseil Régional à se préoccuper dès maintenant de la mise en sécurité des tronçons problématiques des routes nationales avant le transfert effectif de la compétence de ces voies de transport vers le Conseil Régional qui interviendra le 1er janvier 2008. Elle invite aussi la collectivité territoriale à reconsidérer l’option “digue” choisie pour la Route du littoral au vu des derniers événements climatiques qui « risquent de s’amplifier au cours des prochaines décennies ».
Concernant le développement économique, le CESR propose au Conseil Régional d’effectuer une évaluation du dispositif de continuité territoriale. Corroborant les propos de Raymond Lauret, l’instance consultative « regrette que les communes, bénéficiaires de 80% des recettes du FRDE depuis la loi du 2 juillet 2004 relative à l’octroi de mer, n’aient pas l’obligation de réaliser un bilan annuel spécifique sur l’utilisation de cette dotation importante ».
Enfin, concernant « l’épanouissement humain », le CESR déplore que la Région finance moins qu’auparavant les équipements sportifs. Or, comme l’a indiqué Raymond Lauret en session plénière, il semble plus pertinent, avant de financer de nouveaux équipements, de se demander s’ils sont utilisés à plein. Or, il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine. Le CESR se réjouit de la création de l’office de la langue réunionnaise, mais aussi en direction des jeunes. Cependant, il appelle aussi le Conseil Régional à développer des actions « pour favoriser la pratique d’activités sportives et culturelles par notre ’troisième jeunesse’ ».

Matthieu Damian


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Témoignages - 82e année


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