Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
14 octobre 2010, par

“Matignon II” sera signé aujourd’hui. Tout en tâtonnements et en bricolage, la cérémonie bâclée évoque surtout le coup de “com’” de dernière minute…
De mémoire de directeur de cabinet, on n’avait jamais vu cela. C’est par des coups de téléphone de dernière minute et des emails de quelques lignes que plusieurs élus de La Réunion ont été contactés lundi par la Préfecture, pour le compte des services du Premier ministre. En catastrophe, ceux-ci invitaient certains maires et députés réunionnais rien moins qu’à se rendre à Matignon même, en vue de la signature des accords dits de “Matignon II”.
Des accords sans forme…
Une rencontre officielle avec le Premier ministre n’est pas un évènement banal. Il est d’usage qu’un certain protocole entoure ce type de rendez-vous aux plus hauts sommets de l’État. Didier Robert ayant fait de cette fameuse signature le point central de sa “com’”, on aurait pu s’attendre à ce que la forme soit au rendez-vous du battage médiatique ou, au moins, que les conventions soient respectées. Or, c’est entre deux portes et, vu l’heure, juste avant de passer à table que François Fillon a demandé à Didier Robert de passer faire un tour pour signer les papiers en vitesse. D’autres officiels réunionnais ont été conviés à venir voir, histoire de faire bonne mesure.
… ni fond ?
Aux prises avec un mouvement social qui tourne à la grève reconductible, François Fillon a d’ailleurs d’autres chats à fouetter. Mis sur le siège éjectable par Nicolas Sarkozy, il s’en désintéresse d’autant plus qu’il n’aura pas à assumer les suites — ou les échecs ¬— de la signature.
La preuve : l’emploi du temps du Premier ministre, disponible sur internet, ne mentionne nullement cette rencontre que le président de la Région Réunion voulait décisive. C’est donc par la petite porte que “Matignon II” entre dans l’histoire. Et comme de sérieux doutes planent sur la réalisation des « 2.000 bus au GPL sur voies réservées, dans chaque ville, chaque village, chaque écart », ainsi que sur celle de la nouvelle route du Littoral, le bricolage et la précipitation demeureront peut-être les seuls souvenirs de ces accords mineurs.
G.G.-L
Noël le 14 octobre
Depuis son élection, Didier Robert a plusieurs fois annoncé la signature imminente des « nouveaux » accords de Matignon. Face à la montée du doute, il n’a pas hésité à mentir, annonçant faussement la venue de François Fillon à La Réunion le mois dernier. Si Fillon n’est pas venu à Robert, Robert a fini par aller à Fillon. En pleine débâcle du pouvoir sarkoziste, dans la tourmente d’une mobilisation sociale qui tourne à la crise de régime, un Premier ministre lui-même appelé à être remercié a trouvé cinq minutes pour parapher un document dont le but est — en particulier — de remplacer un tram-train par des bus. Une cérémonie expéditive qui tranche avec celle du Conseil interministériel de l’Outremer, qui, il y a presque un an jour pour jour, avaient rassemblé l’ensemble du gouvernement et le président lui-même. Or, malgré tout l’apparat déployé par le gouvernement, les importantes résolutions n’ont jamais reçu un semblant d’application. Aujourd’hui, alors qu’on n’a jamais autant parlé de coupe, de rabotage et d’économies sur le dos des citoyens, il est peu probable que le gouvernement fasse cadeau de 2 milliards aux Réunionnais. Difficile, donc, de croire aux énièmes clameurs de victoire de Didier Robert autour du document signé aujourd’hui… à moins que l’on ne prenne la “com’” pour la réalité, ou qu’on croie au Père Noël.
G.G.-L
Nos peines
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