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24 juillet, par

Le cadrage budgétaire 2027 confirme que la hausse de la charge de la dette devient la priorité de l’État. Pour la financer, le gouvernement limite les dépenses à un niveau inférieur à l’inflation et réduit certains budgets, notamment l’emploi et la santé, tandis que le budget de l’armée bénéficie d’une forte augmentation. Cette austérité est la conséquence de politiques fiscales favorables aux plus riches, qui ont réduit les recettes publiques. Les conséquences seront terribles à La Réunion. Car les pauvres sont la classe la plus nombreuse.
Le cadrage du budget 2027 dévoile la stratégie du gouvernement : l’explosion de la charge de la dette servira de justification à une nouvelle cure d’austérité. Derrière le discours sur le redressement des finances publiques se profile un choix politique : préserver les dépenses militaires et le remboursement des créanciers, tandis que les services publics utiles à la population seront affaiblis.
La dette publique atteindra 115,9 % du PIB en 2025 et la charge des intérêts grimpera à 74,2 milliards d’euros en 2027. À elle seule, cette dépense augmentera de 12,3 milliards en un an, davantage que la plupart des budgets ministériels. Le gouvernement présente cette situation comme une fatalité imposant une stricte maîtrise des dépenses publiques.
Pourtant, ce document ne dit rien des choix fiscaux qui ont progressivement privé l’État d’une partie de ses recettes. Depuis plusieurs années, la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes, la mise en place de la flat tax, les allégements d’impôts sur le capital et les entreprises ont largement bénéficié aux plus riches. Pour de nombreux économistes et organisations syndicales, ces décisions ont contribué à creuser les déficits avant de servir d’argument pour justifier l’austérité.
Le cadrage budgétaire montre clairement quelles seront les priorités. Les crédits de l’aemée augmentent de 6,4 milliards d’euros, pendant que les dépenses de l’État, hors dette et dépenses pour les militaires, reculent en volume. Les crédits de l’emploi sont amputés de 2,8 milliards d’euros, ceux de la Santé diminuent légèrement, tandis que l’ensemble des ministères devra fonctionner avec une progression de crédits très inférieure à l’inflation.
Le gouvernement affirme préserver l’hôpital, l’éducation ou le modèle social. Mais lorsque les budgets progressent moins vite que les prix, cela signifie des économies réelles : moins de moyens, moins d’investissements, davantage de pression sur les personnels et une dégradation progressive des services rendus à la population.
Pour La Réunion, où le chômage, la pauvreté et les inégalités atteignent des niveaux parmi les plus élevés de la République française, cette orientation est lourde de conséquences. Les services publics constituent souvent le dernier rempart contre l’exclusion. Les fragiliser revient à faire payer aux plus modestes une dette dont ils ne sont pas les principaux bénéficiaires.
Le débat budgétaire ne portera donc pas seulement sur des chiffres. Il posera une question de fond : qui doit financer les besoins collectifs ? Les travailleurs, les retraités et les usagers des services publics, ou ceux qui ont le plus profité des politiques fiscales des dernières années ?
M.M.
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