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Limites des parlementaires
6 décembre 2025, par

Au Sénat, l’examen du budget des Outre-mer a révélé l’incapacité du parlementarisme à défendre les peuples d’anciennes colonies françaises devenues collectivités de la République française. Malgré des amendements sur le logement, la jeunesse ou la reconstruction après le cyclone Garance, la droite sénatoriale a tout rejeté grâce au scrutin public et aux délégations de vote. Face à ce blocage et au manque d’écoute pour les besoins réunionnais, les élus de gauche ont quitté l’hémicycle du Sénat.
L’examen nocturne du budget consacré aux anciennes colonies françaises devenues collectivités de la République française a révélé, plus que jamais, les failles d’un parlementarisme incapable de défendre efficacement les intérêts des anciennes colonies françaises devenues collectivités de la République. Pour Audrey Bélim, sénatrice de La Réunion et membre de la Plateforme réunionnaise, la séance a illustré « ce que nos institutions produisent lorsqu’elles ne prennent pas en compte la réalité de nos territoires ».
La nuit dernière au Sénat, l’examen du budget consacré aux Outre-mer s’est transformé en véritable épreuve de force. Pour Audrey Bélim, sénatrice de La Réunion et membre de la Plateforme réunionnaise, le verdict est sans appel : « la droite sénatoriale et le Gouvernement ont fait le choix d’affaiblir nos territoires ».
Les groupes de gauche — socialistes, écologistes et communistes — étaient pourtant venus avec une série de propositions destinées à renforcer des politiques publiques jugées essentielles dans les anciennes colonies devenues collectivités de la République. En première ligne : le logement social, secteur où les besoins sont immenses, en particulier à La Réunion. Les élus demandaient le retour de la Ligne Budgétaire Unique à son niveau de 2025, indispensable selon eux pour répondre à la détresse des milliers de ménages en attente d’un toit. Dans un esprit qu’elle qualifie de « constructif », Audrey Bélim affirme avoir retiré l’un de ses amendements pour permettre l’adoption d’une mesure portée par la sénatrice Viviane Malet, prévoyant 26 millions d’euros supplémentaires pour le logement. « Nous savions que le montant restait largement insuffisant, mais nous avons fait preuve de responsabilité », explique-t-elle. La suite des débats n’a pourtant laissé place à aucun compromis. Tous les autres amendements de la gauche ont été rejetés : aides aux jeunes, politiques sociales, continuité territoriale… autant de lignes budgétaires en baisse selon la sénatrice. Elle dénonce surtout la pratique du scrutin public « activé par une droite quasi absente de l’hémicycle », permettant à quelques sénateurs d’utiliser les délégations de vote de dizaines de collègues absents pour balayer les propositions des représentants des peuples autochtones.
Le cyclone Garance, qui a lourdement frappé La Réunion, a aussi été au cœur des échanges. Vingt millions d’euros manqueraient encore pour réparer les infrastructures détruites. « Refusé, car nous avons des contrats aidés », déplore la sénatrice, jugeant l’argument incompréhensible au regard de l’ampleur des dégâts. Même rejet massif pour la création d’observatoires locaux des loyers dans les DROM, pourtant indispensables à l’encadrement prévu par la loi. Une dotation de 40 000 euros pour renforcer l’AGORAH, l’observatoire réunionnais, a elle aussi été refusée, tout comme le financement minimal — 280 000 euros pour l’ensemble des anciennes colonies françaises devenues collectivités de la République française — destiné aux comités référentiels construction. Face à ce qu’elle considère comme un « mépris répété », Audrey Bélim et les élus de gauche ont décidé de quitter la séance. « Nous avons retiré nos amendements et laissé la droite et le Gouvernement saborder les Outre-mer en toute tranquillité », conclut-elle, dénonçant un budget qui, selon elle, tourne le dos aux défis majeurs de nos pays.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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