Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Au Conseil municipal : Le Port i mérit mié !
17 avril, par

Le vote du budget du Port, mardi soir, a donné un triste aperçu de management municipal. Apparemment dopé par ce qu’il estime être un résultat électoral « historique » — bien qu’il ait été élu par une minorité (40 %) du corps électoral portois — le maire entend imposer sa façon de voir et de faire à l’ensemble de la majorité municipale. A l’opposé de cette attitude hégémonique, Patric Boitard s’est attaché à faire entendre la voix des Portois oubliés.
Avant même la tenue du Conseil, tous les rapports soumis aux élus commencent par une même formule : « Le présent rapport a pour objet de recueillir l’avis du CM sur… ». Non ! Le Conseil municipal n’a pas été élu pour donner un avis mais pour décider ! Le maire quant à lui a pour rôle de mettre en œuvre les décisions collectives. Il s’agit très clairement d’une dérive autocrate… qui s’est confirmée durant la séance.
Ainsi, lors des affaires de désignations des représentants de la collectivité au sein de différentes instances, le maire a donné sa vision des rapports entre majorité et opposition : Si quelqu’un.e, même membre de sa liste, a une divergence avec lui sur un sujet, il/elle se retrouve « dans l’opposition ». Barbara Saminadin, parce qu’elle protestait contre le fait de ne pas avoir été associée à la préparation du conseil, a vu sa candidature libre à différentes représentations être rejetée par tous ses collègues, soudés dans un unanimisme de bénis-oui oui. Il ne peut y avoir d’avis différent au sein de cette majorité, selon Olivier Hoarau.
Cette façon de procéder rappelle les vieilles pratiques des maires mis en place autrefois par Michel Debré. De 1971 à 2014, les élus portois ont cultivé, sous les majorats de Paul Vergès et Jean Yves Langenier notamment, des pratiques participatives qui visaient à responsabiliser chaque élu.e. Et les conseils municipaux étaient des moments de « pédagogie politique » au cours desquels les différentes affaires étaient présentées chacune par un élu différent.
Partant d’un point de vue complètement opposé, le maire du Port stérilise à l’avance tout échange véritable. Le budget préparé (109 millions d’euros) a ainsi été adopté sans débat, à une quasi unanimité, moins les 2 voix (contre) des élus minoritaires : Emma Thomas, présente par procuration et Patric Boitard. Ce dernier a expliqué le vote de son groupe (3 élus, dont un était absent mardi) par « le manque d’ambition, l’absence de vision caractérisant ce budget », alors même que le maire se flattait « d’avoir les moyens de déployer son programme » et d’avoir consolidé la capacité d’emprunt de la commune.
Ainsi, la ville du Port aurait des moyens, mais le maire et son équipe en ont une gestion si frileusement comptable, à si court terme, qu’ils limitent le montant de l’emprunt (5 millions d’euros) tandis que les dépenses de fonctionnement sont asphyxiées (à 60 %) par une masse salariale déséquilibrée : vingt agents communaux titulaires ne seront pas remplacés tandis que le maire — tout en fustigeant « le recul de l’État sur les contrats PEC » — va saupoudrer 45 contrats précaires de très courte durée. Le contraire du respect en matière d’emploi… mais, il en a la preuve : le clientélisme, ça paie !
Patric Boitard a montré par ailleurs, par plusieurs de ses votes, une conception inclusive de son rôle au sein du conseil municipal, mais a dû s’abstenir sur deux dossiers : en raison de l’insuffisance des informations transmises sur le chantier des écoles ; et en ce qui concerne la fiscalité municipale, à cause d’un manque de cohérence politique et manque de transparence sur les bases fiscales.
P. David
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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